Il y a du travail dans le bâtiment, mais il faut changer de compétences

Jean-Pierre Gonguet

Jean-Pierre Gonguet
54.019 emplois nouveaux dans le secteur du bâtiment d'ici à 2020 en Ile-de-France: 50% sont liés aux constructions du Grand Paris, 50 autres pourcents à la transition énergétique. Et, à cela, il faut ajouter 60.000 emplois, uniquement pour remplacer les départs à la retraite du secteur.
135.000 nouveaux entrants, selon l'estimation de la Direction régionale entreprises, concurrence, consommation, travail et emploi (Direccte) de l'Ile-de-France, qui a étudié l'impact du Nouveau Grand Paris et des travaux liés à la transition énergétique sur l'emploi et l'évolution des compétences d'ici à 2020.
Elle a travaillé sur une hypothèse basse (0,5 de croissance par an), évalué le nombre de logements nouveaux liés au Grand Paris (14.600 en moyenne par an) et de logements rénovés dans la cadre de la loi Grenelle et de la transition énergétique (84.600 en moyenne) pour quantifier les emplois nouveaux.
L'hypothèse est réaliste puisque la Direccte s'est calée sur le fait que le chiffre de 70.000 logements construits par an ne serait vraisemblablement atteint qu'en 2020 et a misé sur un impact très progressif de la loi sur la transition énergétique. Les créations d'emploi supplémentaires vont donc être progressives, de 9.000 en 2015 à près de 17.000 en 2020
La Direccte fait surtout émerger un nouveau modèle économique auquel l'industrie du bâtiment n'est pas forcément préparé car la performance énergétique et environnementale induit des évolutions professionnelles que l'on commence juste à mesurer.
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C'est d'ailleurs pour cela que - c'est là aussi une initiative nouvelle - la Direccte va proposer à Pôle Emploi de former le plus tôt possible les chômeurs aux nouvelles compétences du végétal, de manière à ce qu'ils soient prêts lorsque le marché va partir et de créer des « viviers de candidats potentiels ». Sur les 10 professions qui vont exploser d'ici à 2020, il y en au moins 3 qui touchent au végétal.
Tout change : former un ouvrier du bâtiment à l'autocontrôle, parce que l'efficience énergétique ne permet pas la plus petite approximation, risque même d'être moins difficile que de faire comprendre aux artisans, PME ou architectes qu'ils vont devoir travailler en pool. Et chasser le client en meute - une révolution culturelle.
Ils vont devoir présenter une offre diagnostic, audit et conseil, et il va leur falloir des technico-commerciaux d'une autre nature, et puis des responsables de chantier capables d'intégrer et coordonner une liste impressionnante de corps d'état aux compétences en pleine évolution.
Reste une question à résoudre : le système ne fonctionnera que si les prescripteurs (l'Etat, les établissements publics en charge et les collectivités) jouent le jeu et présentent, aux demandeurs d'emploi comme aux artisans, les opportunités dans les métiers de la rénovation énergétique.
Jean-Pierre Gonguet
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