Il y a du travail dans le bâtiment, mais il faut changer de compétences

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135.000 créations d'emplois nouveaux, ou liés au remplacement générationnel, dans le bâtiment francilien.
135.000 créations d'emplois nouveaux, ou liés au remplacement générationnel, dans le bâtiment francilien. (Crédits : reuters.com)
55.000 emplois nouveaux en Ile de France d’ici 2020 dans le bâtiment à cause du Grand Paris et de la transition énergétique. 60 000 autres à renouveler. Mais avec une révolution des compétences dans la plupart des métiers comme pour les artisans, PME et architectes qui vont devoir présenter des offres globales regroupant tous les corps de métiers

54.019 emplois nouveaux dans le secteur du bâtiment d'ici à 2020 en Ile-de-France: 50% sont liés aux constructions du Grand Paris, 50 autres pourcents à la transition énergétique. Et, à cela, il faut ajouter 60.000 emplois, uniquement pour remplacer les départs à la retraite du secteur.

135.000 nouveaux entrants, selon l'estimation de la Direction régionale entreprises, concurrence, consommation, travail et emploi (Direccte) de l'Ile-de-France, qui a étudié l'impact du Nouveau Grand Paris et des travaux liés à la transition énergétique sur l'emploi et l'évolution des compétences d'ici à 2020.

Elle a travaillé sur une hypothèse basse (0,5 de croissance par an), évalué le nombre de logements nouveaux liés au Grand Paris (14.600 en moyenne par an) et de logements rénovés dans la cadre de la loi Grenelle et de la transition énergétique (84.600 en moyenne) pour quantifier les emplois nouveaux.

L'hypothèse est réaliste puisque la Direccte s'est calée sur le fait que le chiffre de 70.000 logements construits par an ne serait vraisemblablement atteint qu'en 2020 et a misé sur un impact très progressif de la loi sur la transition énergétique. Les créations d'emploi supplémentaires vont donc être progressives, de 9.000 en 2015 à près de 17.000 en 2020

La surprise du végétal

La Direccte fait surtout émerger un nouveau modèle économique auquel l'industrie du bâtiment n'est pas forcément préparé car la performance énergétique et environnementale induit des évolutions professionnelles que l'on commence juste à mesurer.

« C'est vrai que nous avons eu des surprises, explique Laurence Degenne-Shorten de la Direccte. Le végétal est un bon exemple. On s'est rendu compte qu'il sortait de l'ornemental et acquérait d'autres fonctionnalités, comme l'isolation ou la purification de l'eau. Du coup, les métiers de Veolia, des collectivités ou des artisans et petits paysagistes, sont bouleversés. Nous ne sommes pas capables de dire aujourd'hui qui va s'emparer du dossier, mais nous savons déjà que toutes les compétences changent. Honnêtement, on ne s'y attendait pas. Ce sera pareil sur l'énergie quand nous l'étudierons - lorsque les textes seront prêts. »

C'est d'ailleurs pour cela que - c'est là aussi une initiative nouvelle - la Direccte va proposer à Pôle Emploi de former le plus tôt possible les chômeurs aux nouvelles compétences du végétal, de manière à ce qu'ils soient prêts lorsque le marché va partir et de créer des « viviers de candidats potentiels ». Sur les 10 professions qui vont exploser d'ici à 2020, il y en au moins 3 qui touchent au végétal.

Les petits vont aussi devoir "chasser en meute"

Tout change : former un ouvrier du bâtiment à l'autocontrôle, parce que l'efficience énergétique ne permet pas la plus petite approximation, risque même d'être moins difficile que de faire comprendre aux artisans, PME ou architectes qu'ils vont devoir travailler en pool. Et chasser le client en meute - une révolution culturelle.

«La transition énergétique oblige en effet à présenter une offre globale au client, même au particulier. Les fenêtres en 2015, les portes en 2018, et le toit après, c'est fini, continue Laurence Degenne-Shorten. La réflexion sur le bâtiment doit être complète, les petites entreprises vont donc devoir se regrouper, faire une offre commune et maitriser totalement le système des aides publiques. Il leur faudra même choisir un ensemblier parmi elles. »

Ils vont devoir présenter une offre diagnostic, audit et conseil, et il va leur falloir des technico-commerciaux d'une autre nature, et puis des responsables de chantier capables d'intégrer et coordonner une liste impressionnante de corps d'état aux compétences en pleine évolution.

Reste une question à résoudre : le système ne fonctionnera que si les prescripteurs (l'Etat, les établissements publics en charge et les collectivités) jouent le jeu et présentent, aux demandeurs d'emploi comme aux artisans, les opportunités dans les métiers de la rénovation énergétique.

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Commentaires
a écrit le 17/12/2014 à 19:43 :
On a voir arriver beaucoup d'escrocs à la prime gouvernementale comme pour le photovoltaïque et qui ont disparu de la circulation à la fin de ladite prime en laissant le particulier dans la m...e.
a écrit le 09/12/2014 à 23:45 :
Les marches seront pris par des grosses sociétés qui feront intervenir des salariés détaches. C.-à-d. Polonais et autres .. Rêvez pas trop le salarie français coûte trop chère ...
a écrit le 09/12/2014 à 12:59 :
votre méconnaissance du sujet fait pitié ... avant de relayer les annonces ronflantes du gouvernement & de ses sbires, tous adaptes du ça ira mieux demain, renseignez vous !
a écrit le 09/12/2014 à 11:37 :
La dernière chronique relative au sujet signalée aux lecteurs de la Tribune de l'économie est intitulée " FACE A LA CREATION D’UN POLE DE DEVELOPPEMENT D’AVENIR HONFLEUR S’EN EST « ALLAIS ». Elle est datée du 7 octobre 2014
a écrit le 09/12/2014 à 11:23 :
En septembre 2006, le directeur de la rédaction de la webradio webtv indépendante AWI présentait au maire de Honfleur, cité maritime du Calvados bercée par son pittoresque et son indéniable attractivité touristique, un projet novateur lié à la transition énergétique qui ne faisait alors pas encore office de loi.
Sans doute trop en avance sur son temps, ce projet avait plusieurs objectifs clairement définis.
Il s’agissait tout d’abord d’apporter à travers cette initiative originale, la démonstration in situ que patrimoine historique ancien et nouvelles technologies peuvent s’associer pour relever des défis d’avenir.
Le concept visait en effet la création d’une plate-forme dédiée notamment à la formation des jeunes mais aussi des adultes aux énergies renouvelables afin de donner à ces derniers les moyens d’appréhender un nouveau marché promis à un réel développement et donc par définition créateur d’activités et d’emplois.
Le site visé par le projet ne devait d’ailleurs rien au hasard.
Cette initiative trouvait également un effet rebond particulièrement intéressant à l’heure où la fusion entre Haute et Basse Normandie peut insuffler une nouvelle dynamique à ce territoire en panne d’objectifs concrets et réalistes. La chronique relative à cette initiative diffusée en 2013 est consultable sur la webradio awi www.awi1.com
a écrit le 09/12/2014 à 9:58 :
Encore un article à coté du sujet. Les petites entreprises n'ont pas les moyens de s'adapter aux évolutions des normes de construction. Ce sont les grande entreprises cotés qui vont s'accaparer le marché. Toute activité économique devra être coté en bourse et faire l'objet de spéculations. L’artisan, c'est fini et tout est volontairement complexifié pour industrialiser chaque pan de l'économie, et que les actionnaires décident. Il faut bien que les fonds de pension fassent de l'argent...
Réponse de le 09/12/2014 à 12:35 :
@Dingo: C'est mal connaître les artisans. Certes, certains sont incapables d'évoluer, mais pour la plupart, ils sont proches de la retraite... Faites confiance aux jeunes artisans, ils ne s'en laisseront pas compter, sinon ils se condamnent à cesser leur activité.
Réponse de le 09/12/2014 à 15:23 :
@carpatrik : Les jeunes artisans n'ont pas le budget pour s'installer, et rares sont les auto-entrepreneurs qui deviennent artisans. Le travailleur indépendant est en voie de disparition, il est devenu larbin du fisc, véritable pompe à fric. On ne travaille plus pour soi, mais pour l'état d'une manière ou d'une autre...

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