Les (grands) moyens de l'Ile-de-France pour soutenir ses PME-PMI innovantes

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Au total, ce sont 25.000 entreprises qui ont bénéficié d'un soutien financier de la région Ile-de-France depuis 2011 et 4.000 qui sont accompagnées chaque année.
Au total, ce sont 25.000 entreprises qui ont bénéficié d'un soutien financier de la région Ile-de-France depuis 2011 et 4.000 qui sont accompagnées chaque année. (Crédits : Décideurs en région)
Il fait bon être une PME ou PMI en forte croissance en Ile-de-France. Pour soutenir ses pépites, la région a mis en place une myriade de dispositifs d'accompagnement et de financement. Un régime favorisé ?

Les start-up souffrent de solitude. Jean-Paul Planchou, vice-président de la région Ile-de-France en charge du développement économique et de l'innovation en est convaincu. Pas question de laisser se débattre seules ces entreprises franciliennes en forte croissance, essentiellement des petites et moyennes entreprises (PME) et industries (PMI), principales créatrices d'emploi de la région. Pour conforter la place de l'Ile-de-France au rang de premier foyer national de start-up, le conseil régional a choisi de les bichonner. À coups de millions d'euros.

Sélection

Première étape : sélectionner des entreprises qui "se sentent [vraiment] seules", selon les mots de Jean-Paul Planchou. Autrement dit, celles qui n'ont pas accès au financement privé. Pour ce faire, les différents dispositifs mis en place pour soutenir les PME et PMI depuis 2011 interviennent "sur des segments où les opportunités de financement privé font défaut", explique le responsable du développement économique et de l'innovation en Ile-de-France.

C'est notamment le cas des zones urbaines économiquement défavorisées, où les entrepreneurs sont également susceptibles de "se sentir seuls". La région a décidé, récemment seulement, de venir en aide aux initiatives "ayant un impact positif dans les quartiers" avec le programme CréaRîf Développement, créé en 2014. "Dans le cadre de concours de projets comme PM'Up, les jurys tentent aussi de prioriser les dossiers intéressants issus des zones urbaines défavorisées", ajoute Christine Balian, directrice du développement économique et de l'innovation au conseil régional.

Toilettage

Une fois les poulains de la région soigneusement sélectionnés, le conseil régional les accompagne dans leur stratégie à long terme. Cette initiative se veut même l'un des principaux piliers de la politique de soutien des PME et PMI franciliennes. C'est donc l'un des pans du dispositif PM'Up, étalé sur trois ans. "Dans ce cadre, l'entreprise réfléchit à son positionnement et ne perçoit les subventions, jusqu'à 250.000 euros pour la durée du programme, que si ses projets sont effectivement mis en place", précise Jean-Christophe Collin, président de Protec Industrie, entreprise lauréate du concours PM'Up 2012.

Renflouement

Mais sans passer par le dispositif PM'Up, les PME et PMI de croissance franciliennes ont bien sûr accès à d'autres programmes d'aides gérés par l'Ile-de-France. Opéré par Cap Décisif Management, le fonds régional de co-investissement (FRCI) renforce, à parité avec des sociétés privées, les fonds propres des entreprises sélectionnées.

C'est ainsi que la plate-forme web de services aux comités d'entreprises Comitéo a reçu 1,2 million d'euros de la part de la région et du fonds d'investissement privé Fa Dièse. Cet argent, Comitéo l'a notamment utilisé "pour embaucher une quarantaine de personnes, dont des apprentis", ajoute Cédric Leblanc, son président. Parce que ne pas laisser une start-up seule, c'est aussi lui permettre de trouver des collaborateurs, estime le conseil régional, sur un territoire où 8,8% de la population active est au chômage.

Aide à l'endettement

Des fonds régionaux aux crédits, la région Ile-de-France déniche même des banques à ses PME et PMI. Ou plutôt, elle co-garantit avec BPI France jusqu'à 70% des crédits bancaires sur les projets risqués portés par ce type d'entreprises. Un coup de pouce "fondamental" pour la suite, estime Tristan Cotté, fondateur d'Helioprod Méthanisation. "Car, dès qu'on a un accord bancaire avec la BPI, il est beaucoup plus facile de s'endetter ailleurs". Cet entrepreneur, ainsi que les 800 bénéficiaires annuels de ce fonds de garantie, l'ont bien compris. Helioprod en a profité trois fois pour financer ses différentes unités de production de biomasse en Seine-et-Marne.

Soutien aux structures d'aide à l'entrepreneuriat

Pas folle, la guêpe. Le conseil régional ne manquerait pas l'occasion de se faire aider dans sa tâche de soutien aux PME et PMI. Il a donc voté, en 2010, une politique de soutien aux "structures d'aide à la maturation de projets innovants" comme les incubateurs. Les initiatives pour faciliter le parcours des entrepreneurs sont donc largement accompagnées par la région qui a investit 9,1 millions d'euros dans 18 organisations, nommées "structures de maturation", entre 2011 et 2013. Surtout, la région les aide à élaborer leur stratégie de soutien aux entrepreneurs et n'hésite pas à leur suggérer des améliorations.

Ainsi, en 2014, l'association Silicon Sentier, qui multiplie les opérations de coworking dans le but de créer des environnements favorables à l'innovation, quitte son premier local ("La Cantine") pour s'installer dans un bâtiment bien plus spacieux baptisé "Numa", toujours dans le 2e arrondissement de Paris. Et c'est la région qui est intervenue pour couvrir 50% des travaux de construction. L'association a également bénéficié de l'aide de Cap Digital, pôle de compétitivité et de transformation numérique en Ile-de-France. Aujourd'hui, "les apports de la région représentent près de 10% du budget de l'association, contre 20% en 2008 sur un budget de 3 millions d'euros", précise cependant Marie-Vorgan Le Barzic, déléguée générale de Numa.

Remise à flot

Enfin, au cas où une PME ou PMI à fort potentiel de croissance aurait d'importantes difficultés financières, la région n'abandonne toujours pas ses pépites. Le dispositif Rebonds, créé en partenariat avec BPI France, est là pour les remettre à flot avec prêts à long terme, financement partiel des frais de sauvegarde et de redressement ou encore subventions pour la reprise d'emplois.

"La région n'est qu'une institution facilitatrice"

Au total, ce sont 25.000 entreprises qui ont bénéficié d'un soutien financier de la région Ile-de-France depuis 2011 et 4.000 qui sont accompagnées chaque année. Sur la période 2010-2015, le coût de cette politique de soutien représente plus de 1 milliard d'euros, à mettre en relation avec les 4,5 à 5 milliards d'euros de budget annuel de l'Ile-de-France.

Mais, en toute modestie, Jean-Paul Planchou affirme que "la région n'est qu'une institution facilitatrice", limitant son rôle à celui "d'intermédiaire actif".

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a écrit le 04/03/2015 à 21:57 :
Si le Conseil Régional d'Ile-de-France prélevait moins d'impôts et de taxes, il aurait moins d'argent à redistribuer et à gaspiller dans des procédures administratives coûteuses et à l'efficacité sujette à caution. Réduire les entreprises d'Ile-de-France à Pm'up ? Ah ah ah ah ah ah !... Qu'ils commencent déjà par distribuer l'argent des fonds structurels européens pour la programmation 2014/2020 : les Décrets d'éligibilité des dépenses ne sont toujours pas publiés par l'Etat...
a écrit le 04/03/2015 à 19:53 :
Moi je veux bien mais ceux qui bossent et créent les start up ne voient jamais les subventions .Ce sont toujours les associations et les soit disant conseillers qui s'en mettent plein les poches. Du baratin dites moi combien,d'emplois réels et durables vous avez crée avec 1 Milliard. Si vous aviez été des vrais innovateurs vous auriez crée au moins 100 000 emplois soit 100 000 x par 2000€=200millions/an et pendant 5 ans = 1 milliards les 100 000emplois vous les avez pas créé , même pas 10 000. apportez moi la preuve du contraire...
Réponse de le 05/03/2015 à 10:14 :
Des emplois à 2000€ dans des startup?!! Vous voulez innover avec des gens au SMIC et juste le BAC... Tu m'etonnes que vous les voyez pas les emplois.

Ce programme de la région est très interessant surtout pour ceux qui n'ont pas la chance d'etre financer à 100% par des investisseus privés, d'autant que les banques n'accepte de financer que des société qui on des rentrées d'argent prouvées, ce qui est rarement les cas des startup dans les deux premieres années.
Bravo, c'est de ce genre d'initiatives en plus du CIR dont nous avons besoin pour développer nos sociétés.

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