Le marché croit à une accalmie sur la montée des taux

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Après les chiffres de l'inflation américaine pour le mois de juin (+0,2% par rapport à mai) publié aujourd'hui, le discours de Ben Bernanke, président de la Fed semble plaider pour un assouplissement de la politique de resserrement monétaire. Même si le président de la Fed met toujours en garde sur les risques d'inflation.

C'est dans un contexte économique et géopolitique tendu que le président de la Banque centrale américaine a dû prononcer son discours bi annuel, aujourd'hui, devant le Sénat. Alors qu'il devra réitérer l'exercice demain, devant la Chambre des représentants, Ben Bernanke a ainsi estimé que les risques d'inflation persistaient aux Etats-Unis. "L'inflation a été plus importante que ce que nous prévoyions lors de notre dernier rapport", a déclaré Bern Bernanke dans son discours. Le président de la Fed a expliqué que l'inflation a été largement soutenue par l'augmentation du prix de l'énergie et des matières premières, avec en particulier les prix du pétrole.

En plus des prix de l'énergie, Ben Bernanke a pointé du doigt le risque inflationniste lié à l'augmentation des salaires. Mais, d'après le patron de la Fed, les salaires sont restés contenus, en raison de gains de productivité. On peut toutefois s'attendre à une augmentation dans les deux années à venir, en raison de la "vigueur du marché de l'emploi".

Focalisé sur les risques inflationnistes, le président de la Fed a précisé qu'une "inflation durablement élevée éroderait les performances de l'économie, et inverser le mouvement coûterait cher. La Fed doit prendre ces risques en comptes lorsqu'elle prend des décisions", a ajouté le président.

Toutefois, le patron de la Fed s'est voulu quelque peu rassurant quant au risque d'inflation immédiat. Estimant que l'économie américaine est dans une phase de transition, le président de la banque centrale a ajouté que "la croissance de l'activité économique devrait se modérer à un rythme proche de la croissance potentielle cette année et l'an prochain", ce qui devrait ainsi "aider à limiter les pressions inflationnistes sur la durée".

Cette intervention a en tout cas rassuré les marchés sur le rythme de resserrement des taux, puisque le CAC 40 s'est pour sa part repris à 16 heures (heure de l'allocution de Ben Bernanke), repassant allégrement la barre des 4.800 points.

Les investisseurs ont également réagi aux chiffres rassurants de l'inflation américaine, publiée un peu avant. "Après les prix à la production (avec une hausse de 0,5% de l'indice global et une progression de 0,2% hors énergie et produits alimentaires), la publication des prix à la consommation s'est traduite par une augmentation plus modérée de l'inflation. Ainsi, l'indice global (CPI) a crû de 0,2% de sorte que son glissement annuel s'est hissé à 4,3%, contre 4,1% le mois précédent", commente l'économiste de Natexis, Nathalie Dezeure, dans une note.

"Face à ces évolutions, la Fed pourrait être tentée de poursuivre le resserrement monétaire, arguant de risques inflationnistes élevés. La publication du Rapport semestriel de Politique Monétaire, permet de penser que ce n'est pas l'option que devrait choisir la Réserve Fédérale mais qu'elle devrait, au contraire, se prononcer pour un statu quo (à un taux de 5,25%), alors que les effets de la politique menée jusqu'à présent sont désormais dans le "pipeline". Ben Bernanke a d'ailleurs précisé devant le Sénat, que les prochaines décisions de la Fed dépendront des perspectives à long terme d'inflation et de croissance", ajoute Nathalie Dezeure.

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