Joseph Daul : "les agriculteurs vont être affectés par la crise financière"Joseph Daul : "les agriculteurs vont être affectés par la crise financière"

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Alors que les ministres européens de l'Agriculture sont réunis du 21 au 23 septembre à Annecy, le président du Parti populaire européen (PPE-DE), Joseph Daul, revient sur les enjeux de cette réunion et sur les nouveaux défis auxquels doit faire face la politique agricole commune (PAC).

EurActiv : Qu'attendez-vous de la réunion informelle des ministres de l'Agriculture qui s'ouvre à Annecy?

Joseph Daul : Autant le dire tout de suite: aucune grande décision ne sera prise à Annecy. Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, est dans un processus de consultation et va voir comment ses homologues voient la réforme à mi-parcours. Au parlement européen, nous sommes en train d'examiner les 1.100 amendements, qui ont été déposés sur le rapport. Nous aurons déterminé une ligne d'ici quinze jours ou trois semaines.

La crise financière peut-t-elle avoir un impact sur les négociations sur la PAC d'après-2013?

Honnêtement, je ne crois pas que les négociations vont être affectées. En revanche, les agriculteurs vont l'être directement. Je pense que les intérêts vont augmenter, et que cela pèsera sur les agriculteurs qui voudront investir. A terme, il y aura un impact direct sur l'économie.

Comment l'Europe peut-elle les aider?

Depuis la crise alimentaire, la sécurité alimentaire est revenue au coeur des grands problèmes de l'Europe. Je pense que le dossier va être totalement repris et totalement repensé. Mais la vraie réforme se fera après 2009 et les élections européennes. C'est à ce moment là que nous travaillerons concrètement à la préparation de l'après-2013.

Comment la politique agricole commune doit-elle tenir compte du changement climatique?

L'agriculture a déjà beaucoup contribué dans ce domaine. Le terrain agricole a déjà été bien balayé lors de la dernière réforme, en 2003, avec les règles relatives à la conditionnalité (le "cross compliance") qu'on a mis en place partout (NDLR: "un agriculteur percevant des paiements directs est tenu de respecter les exigences réglementaires", dans les domaines de la santé publique, la santé des animaux et des végétaux, l'environnement et le bien-être des animaux, précise un règlement de 2003.) Les agriculteurs sont déjà très contrôlés, notamment sur l'utilisation des nitrates. Aujourd'hui, les discussions se tiennent sur un autre terrain: le dossier industriel.

Quoiqu'il en soit, nous allons tout faire pour que ce dossier soit bouclé au parlement européen d'ici à la fin de l'année.

Pensez-vous que les Etats membres arriveront à un accord sur le bilan de santé de la PAC, en novembre, comme prévu?

Je n'ai aucun doute là dessus. Comme dans toutes les négociations, il y a certains blocages et c'est normal. Mais ces blocages portent sur des points très techniques, et non sur des questions de principe. Même s'il peut y avoir des positions très fortes, comme celle de l'Allemagne sur le mécanisme de modulation, nous arriverons à un accord.

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