Washington va investir 250 milliards de dollars dans les banques

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Le Trésor américain a dévoilé ce mardi un plan de 250 milliards de dollars (plus de 180 milliards d'euros) visant à acquérir des actions dans des institutions financières et à offrir une garantie de trois ans pour les crédits interbancaires

 C'est un plan Paulson "revu et corrigé" que les marchés financiers américains ont découvert ce mardi. George Bush et son secrétaire (ministre) au Trésor Henry Paulson ont annoncé à Washington une "série de mesures complètes destinées à renforcer la confiance" dans le système financier américain et à permettre un fonctionnement normal du crédit, selon un communiqué officiel.

Ce plan va permettre à l'Etat d'entrer au capital d'une "large palette" de banques. L'Etat fédéral va prendre des participations dans le capital de plusieurs milliers de banques pour un total de 250 milliards de dollars (environ 180 milliards d'euros).  Cette initiative, "formulée par le ministère du Trésor, la Réserve fédérale et le FDIC" (l'organisme fédéral assurant les dépôts bancaire), aurait pour but de "lier le système bancaire américain au gouvernement fédéral pour plusieurs années". (Retrouvez le discours du secrétaire au Trésor, Henry Paulson).

Le gouvernement doit par ce biais acquérir des blocs d'actions préférentielles dans neuf institutions financières de premier plan, pour un montant qui ne dépassera pas 25 milliards de dollars par entreprise ou 3% des actifs. Au total, ces neuf grandes banques vont absorber 125 milliards de dollars de l'Etat actionnaire, soit la moitié du montant total prévu. Ces neuf grandes banques concernées sont Citigroup, JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley, Merrill Lynch, Bank Of New York Mellon et State Street. L'argent proviendra de l'enveloppe de 700 milliards de dollars débloquée récemment par le Congrès pour le plan de sauvetage des banques.

Parallèlement, le FDIC va étendre temporairement la garantie qu'il offre aux dépôts bancaires en l'appliquant aux nouveaux emprunts obligataires des banques pendant trois ans. Le plan doit aussi apporter une garantie temporaire des autorités aux prêts interbancaires, sur le modèle de ce qu'ont décidé dimanche les 15 pays de la zone euro.

D'abord opposé résolument à une entrée de l'Etat dans le capital des banques, Henry  Paulson s'y est finalement  résolu vendredi dernier à l'occasion de la rencontre des ministres des Finances du G7 à Washington. Son plan initial prévoyait simplement que l'Etat rachète les actifs invendables accumulés par les banques au cours de la récente bulle immobilière. L'économiste américain Paul Krugman, distingué lundi par le prix Nobel d'Economie, indiquait vendredi que "nombre d'économistes étaient d'accord pour dire" que l'entrée de l'Etat au capital de banques était ce que Henry Paulson "aurait dû proposer" dès le départ.

George Bush a souligné ce mardi qu'il fallait que l'intervention de l'Etat soit limitée et temporaire. Il a souligné que les plans européens de soutien du secteur bancaire annoncés lundi dans la foulée du G7, la réunion des ministres des finances et banquiers centraux des sept pays les plus riches de la planète, puis de l'Eurogroupe avaient le total soutien de Washington.

 

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le choix Paulson comme celui de l'Europe est un arbitrage entre les impôts de la génération future et le sauvetage d'insitutions financières.
Le personnel politique et les dirigeants bancaires ont réagi trop tard à la crise. Il est normal que nombre d'entre eux restent au tapis. Nous vivons une crise de la démocratie qui ressemble, par maints aspects à Mai 68.

Le véritable pouvoir est maintenant dans la rue : les clients des banques doivent retirer leur dépôts des institutions bancaires. Ce n'est que par la panique des dirigeants, fondée sur l'effet domino, que l'on échappera une fois encore à cette prise d'otage de la génération montante.

C'est le prix à payer pour la remise à plat du système financier : qu'il s'effondre d'abord. On reconstruira sur ses ruines fumantes. Nous sommes à deux doigts du krach. Il faut avoir le courage de franchir le pas et de mettre à terre ceux qui n'ont pas su voir venir la crise, ou pas voulu la voir.

Au milieu de la cacophonie des économistes de tous bords, il faut que le peuple puisse s'exprimer. Il faut qu'il brandisse la menace de retirer ses "billes" pour que le système puisse s'effondrer. Retirer ses billes est encore aujourd'hui l'une des meilleures solutions pour garantir l'avenir immédiat et l'avenir à moyen terme : la politique des lingots dans les piles de drap est encore plus rémunératrice aujourd'hui qu'elle ne le fut naguère; il n'y a quasiment rien à perdre pour l'épargnant, et beaucoup à gagner.
Les plans d'aujourd'hui ne tiennent que par la peur de quelques dirigeants; que la peur faiblisse et les bonnes (?) résolutions s'envoleront en fumée. Il faut maintenir la peur voire l'aggraver. C'est faire oeuvre de bonne politique économique et financière que de pousser le système à bout, c'est à dire à la faillite.

Laurent

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