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ÉconomieInternational

Une semaine marquée par les réponses de l'Europe pour stopper la crise

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Publié le 17 octobre 2008 à 12:06 - Mis à jour le 17 octobre 2008 à 12:17

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A la Une de l'actualité cette semaine, les plans d'urgence européen et américain pour tenter d'enrayer la crise financière. Des annonces très bien accueillies par les marchés qui ont grimpé en début de semaine. Mais les Bourses mondiales ont joué au yoyo, replongeant très fortement alors que les inquiétudes sur la conjoncture sont revenues sur le devant de la scène. De quoi faire très nettement reculer les cours du pétrole.

L'Europe se mobilise pour faire face à la crise

Plus de 1.700 milliards d'euros. C'est le montant total que pourrait atteindre la facture des plans européens de sauvetage du secteur bancaire. Au lendemain de l'accord trouvé entre les pays membres de la zone euro lors d'un sommet de crise, les gouvernements ont détaillé et chiffré lundi les mesures qu'ils vont mettre en place. Ces dernières prévoient notamment de recapitaliser les banques en difficultés et de garantir les prêts interbancaires, pour relancer le marché interbancaire alors que les banques rechignent à se prêter des liquidités. Les plans nationaux reprennent ces deux grands axes. Le coût du plan français pourrait s'élever à 360 milliards d'euros. En Allemagne, 480 milliards pourront être débloqués pour d'éventuelles recapitalisations. Les Pays-Bas ont annoncé une garantie d'un montant de 200 milliards d'euros. L'Espagne et l'Autriche pourront débloquer jusqu'à 100 milliards chacun, le Portugal jusqu'à 20. L'Italie a annoncé de son côté qu'elle dépenserait "autant que nécessaire" pour ses banques et estime que le montant initialement avancé de 40 milliards d'euros pourrait être dépassé. Cette réponse européenne à la crise financière s'inspire des mesures mises en place par Gordon Brown, le Premier ministre britannique. Trois grandes banques du Royaume-Uni (RBS, HBOS et Lloyds TSB) vont ainsi recevoir au total 47 milliards d'euros pour accroître leur capital et faire face à leurs difficultés. Cette mesure constitue le premier volet d'un vaste plan qui comprend également l'injection de 256 milliards d'euros de liquidités dans le système financier ainsi qu'une garantie des prêts interbancaires dans la limite de 320 milliards d'euros.

Le Trésor américain emboîte le pas des plans européens

Les Etats-Unis ont présenté mardi un plan Paulson "revu et corrigé". George Bush et son secrétaire (ministre) au Trésor Henry Paulson ont annoncé à Washington une "série de mesures complètes destinées à renforcer la confiance" dans le système financier américain et à permettre un fonctionnement normal du crédit. Ce plan va permettre à l'Etat d'entrer au capital d'une "large palette" de banques. L'Etat fédéral va prendre des participations dans le capital de plusieurs milliers de banques pour un total de 250 milliards de dollars. Le gouvernement va ainsi acquérir des blocs d'actions préférentielles dans neuf institutions financières de premier plan, pour un montant qui ne dépassera pas 25 milliards de dollars par entreprise ou 3% des actifs. Au total, ces neuf grandes banques vont absorber 125 milliards de dollars, soit la moitié du montant total prévu. Ces neuf grandes banques concernées sont Citigroup, JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley, Merrill Lynch, Bank Of New York Mellon et State Street. L'argent proviendra de l'enveloppe de 700 milliards de dollars débloquée récemment par le Congrès pour le plan de sauvetage des banques. Parallèlement, la Federal Deposit Insurance Corporation va étendre temporairement la garantie qu'il offre aux dépôts bancaires en l'appliquant aux nouveaux emprunts obligataires des banques pendant trois ans. Le plan doit aussi apporter une garantie temporaire des autorités aux prêts interbancaires. D'abord résolument opposé à une entrée de l'Etat dans le capital des banques, Henry Paulson s'y est finalement résolu à l'occasion de la rencontre des ministres des Finances du G7 à Washington. Son plan initial prévoyait simplement que l'Etat rachète les actifs invendables accumulés par les banques au cours de la récente bulle immobilière.

Les inquiétudes sur la croissance se renforcent


Les inquiétudes sur la conjoncture ont fait leur retour au premier plan cette semaine. En France, François Fillon a estimé que la croissance n'atteindra peut-être pas les 1% prévus par le projet de loi de finances 2009. Le Premier ministre craint ainsi une panne de croissance l'année prochaine. "Pour le moment, on nous fait des prévisions pour l'année 2009 qui sont de l'ordre de 0,2%, ce qui est extrêmement faible. C'est une panne de croissance avec des conséquences sur l'emploi, des conséquences sur l'activité économique, sur le pouvoir d'achat", a-t-il expliqué. Même inquiétude en Allemagne où le gouvernement a fortement abaissé sa prévision de croissance pour l'année prochaine, passant de 1,2% à 0,2%. Outre-Atlantique, Ben Bernanke, le président de la Fed, a estimé que "la reprise de l'activité économique au sens large n'arrivera pas tout de suite", tout en restant optimiste dans la capacité de son pays de sortir renforcé de cette crise. Henry Paulson, le secrétaire au Trésor (ministre des Finances) a confirmé que les prochains mois allaient être difficiles. Et pour la présidente de la Fed de San Francisco, l'économie américaine est déjà en récession. Les statistiques américaines de la semaine ont renforcé ces craintes. Les ventes de détail, la production industrielle, les mises en chantier de logements et l'indice de confiance du Michigan ont en effet été plus mauvais que prévu.

Les Bourses mondiales jouent au yoyo

Dans ce contexte, les Bourses mondiales ont joué au yoyo toute la semaine, alternant fortes hausses et rechutes brutales. Lundi, les marchés ont cédé à l'euphorie après le plan d'urgence européen et en attendant le plan américain. A Paris, le CAC 40 a ainsi clôturé en hausse de 11,18%, signant sa meilleure séance depuis sa création en 1988. Madrid, Vienne et Lisbonne ont également connu des journées historiques. A Wall Street, le Dow Jones a bondi de 11,08%, sa plus forte hausse depuis 1933. L'indice Nikkei a lui aussi enregistré la plus importante progression de son histoire, gagnant 14,15%. Mais cette euphorie aura été de courte de durée. Dès mardi, les places new-yorkaises sont reparties à la baisse, entraînant dans leur sillage l'ensemble des places asiatiques et européennes. Les inquiétudes sur l'état de santé de l'économie mondiale refaisant surface. Après deux séances de hausse, le CAC a perdu aux alentours de 6% mercredi et jeudi, à l'instar des autres Bourses européennes. Wall Street a vécu mercredi sa pire séance en plus de vingt ans, le Dow Jones perdant 7,87%. A Tokyo, le Nikkei a plongé de 11,41%, sa deuxième pire chute de l'histoire.

Le pétrole passe sous les 70 dollars, l'Opep devrait abaisser sa production

Les cours du brut ont poursuivi leur repli cette semaine et ont fortement reculé ce jeudi après la publication des stocks hebdomadaires américains en produits pétroliers. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre est tombé sous la barre des 70 dollars, pour la première fois depuis août 2007. A Londres, le Brent de la mer du nord a touché son plus bas niveau depuis mai 2007, sous la barre des 67 dollars le baril. Depuis leur pic atteint mi juillet à plus de 147 dollars, les cours du pétrole ont été divisés par deux en raison de la crise financière et des inquiétudes sur les répercutions du ralentissement économique sur la demande mondiale. Face à cette situation, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé d'avancer sa réunion extraordinaire au 24 octobre, au lieu du 18 novembre comme initialement prévu. Lors de cette réunion, qui se tiendra à Vienne, le cartel se penchera sur la situation du marché pétrolier. Selon le ministre qatari de l'Energie, l'Opep devrait réduire sa production d'au moins un million de barils par jour.

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