Une semaine conclue par la rechute des Bourses mondiales

A la Une de l'actualité de la semaine, la rechute des places boursières, toujours plombées par les inquiétudes d'une récession mondiale. L'injection de 10,5 milliards d'euros par l'Etat dans les six plus grandes banques françaises, la mis en place d'un fonds d'intervention publique pour venir en aide aux entreprises "stratégiques", la mise à l'écart des principaux dirigeants de la Caisse d'Epargne et le plan numérique ont également fait les gros titres.
Les places boursières ont rechuté ce vendredi, inquiètes de l'état de santé de l'économie mondiale.
Les places boursières ont rechuté ce vendredi, inquiètes de l'état de santé de l'économie mondiale.

LES BOURSES RECHUTENT, LES PLACES EUROPEENNES LIMITENT LES DEGATS

Soixante-neuf ans jour pour jour après le "jeudi noir" du 24 octobre 1929, les Bourses mondiales sont passées tout près d?un nouveau krach ce vendredi. Les craintes d?une récession mondiale s?intensifient entre résultats décevants, prévisions alarmistes et statistiques moroses. Le plongeon s?est amorcé en Asie, dans le sillage du Nikkei. L?indice japonais a chuté de 9,60%. La forte révision à la baisse des prévisions de résultats du géant Sony et le niveau très élevé du yen face au dollar, le plus haut depuis 1995, ont plombé le moral des marchés. A la veille d?une semaine cruciale, marquée par la publication des résultats de très grands groupes nippons, le Nikkei a touché son plus bas niveau en cinq ans. Toujours en Asie, l'indice Hang Seng de Hong Kong a cédé 8,30% et le Kospi a chuté de 10,6% à Séoul.

En Europe, les places boursières ont pris le même chemin à l?ouverture et à la mi-séance les principaux indices européens perdaient près de 10% sous l?effet notamment de la chute record de l?activité au sein de la zone euro. L'indice PMI des directeurs d'achats a ainsi touché son plus bas niveau depuis la création de l?indice, en juillet 1998, après avoir chuté de 2,3 points en octobre. Autre nouvelle inquiétante: le Produit intérieur brut (PIB) britannique a reculé de 0,5% au troisième trimestre. C'est la première fois depuis 1992 que l'activité décroît outre-Manche. Mais les places européennes ont limité les dégâts après l?ouverture de Wall Street. Le CAC 40 a perdu 3,54%, le Footsie a cédé 5%, le Dax a reculé de 3,85% et l?EuroStoxx 50 s?est replié de 5%.

Outre-atlantique, les marchés pouvaient craindre le pire. Avant Bourse, les transactions sur les contrats à terme portant sur le Dow Jones et sur le S&P 500 ont dû être gelées, les deux contrats ayant atteint la baisse maximale autorisée par le Chicago Board of Trade (CBoT) et par le Chicago Mercantile Exchange (CME). A l'ouverture, les indices new-yorkais ainsi cédé plus de 5% avant de se reprendre légèrement. Alors que la première estimation du PIB américain au troisième sera publiée jeudi prochain, les investisseurs n?ont toutefois pas été rassurés par la vague de publications de résultats de la semaine. Globalement décevants, ils se sont surtout accompagnés de prévisions pessimistes sur les prochains mois.

L?ETAT APPORTE 10,5 MILLIARDS D?EUROS AUX SIX GRANDES BANQUES FRANCAISES

L'Etat va injecter d'ici la fin de l'année 10,5 milliards d'euros dans les six plus grandes banques privées françaises pour qu'elles puissent financer suffisamment l'économie, une décision qui vise aussi à leur permettre de se placer au niveau de leurs concurrents européens. La première banque française Crédit Agricole va recevoir 3 milliards d'euros, BNP Paribas 2,55 milliards d'euros, Société Générale 1,7 milliard tandis que Credit Mutuel va obtenir 1,2 milliard, Caisse d'Epargne 1,1 milliard et Banque Populaire 950 millions, a annoncé lundi soir la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Cette injection de fonds se fera via l'émission de titres de dette subordonnée, ce qui signifie que l'Etat ne rentre pas dans l'actionnariat de ces banques. L'Etat a l'assurance de toucher des intérêts sur ces titres. Pour la ministre, "l'Etat ne fait pas de cadeau aux banques", et ces fonds injectés "généreront des revenus substantiels pour l'Etat".

Cet apport de fonds est rendu indispensable pour que ces banques soient "en mesure de financer correctement l'économie", a-t-elle précisé lors d'un point presse à l'issue d'une réunion avec les dirigeants de ces banques. Il s'inscrit dans le cadre du plan de soutien aux banques annoncé la semaine dernière qui prévoit notamment une enveloppe de 40 milliards d'euros pour recapitaliser les banques qui en feraient la demande. Cet apport de plus de dix milliards pourrait être reconduit l'an prochain, pour un montant équivalent, "si les tensions de marché venaient à persister". En contrepartie de ce dispositif, la ministre a demandé aux banques "des engagements de nature économique et de nature éthique". Ils portent notamment sur la rémunération des dirigeants et le volume des crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Ces engagements feront l'objet d'une convention signée avec l'Etat.

CREATION D?UN FONDS PUBLIC POUR VENIR EN AIDE AUX ENTREPRISES STRATEGIQUES

Nicolas Sarkozy a annoncé ce jeudi la création d'un fonds d'intervention publique pour venir en aide aux entreprises "stratégiques" ayant besoin de fonds propres. Ce fonds "interviendra massivement chaque fois qu'une entreprise stratégique aura besoin de fonds propres", a précisé le président. Le but est ainsi d?éviter que ces sociétés, dont la capitalisation boursière a fondu avec le très fort repli des Bourses, ne passe sous contrôle étranger. Les secteurs de l'automobile, de l'aéronautique et des technologies sont plus particulièrement visés. Il ne s?agit cependant pas d?un fonds souverain. Car bien qu?apparenté à l?Etat, il n?est pas destiné à gérer un excédent d'épargne lié à d'importantes ressources pétrolières, à des réserves de change ou à un excédent budgétaire. De plus, les fonds souverains investissent l'essentiel de leurs ressources hors de leur pays d'origine et se situent uniquement dans une logique d'investissement et de rentabilité, alors que Nicolas Sarkozy envisage ce fonds comme un véritable instrument de politique industrielle, qui n'investira qu'en France.

Concrètement, le fonds pourra investir sous plusieurs formes, directement au capital des entreprises, devenant donc actionnaire, mais aussi sous forme de prêts participatifs ou d'avances remboursables. Ce fonds sera géré et initialement financé par la Caisse des dépôts (CDC). Fin 2007, la CDC disposait d'un portefeuille de placements d'environ 38 milliards d'euros, dont 21 milliards en actions. La CDC est déjà premier ou deuxième actionnaire d'une douzaine de sociétés du CAC 40. Pour renforcer les moyens du fonds, l'Etat pourrait lui adjoindre de nouvelles ressources publiques, qui ne sont pas aujourd'hui à la disposition de la CDC. Il est également question, selon l'Elysée, de solliciter des grands investisseurs privés.


LES PRINCIPAUX DIRIGEANTS DE LA CAISSE D?EPARGNE ECARTES

Révélée par la Tribune, l'annonce vendredi d'une perte de trading de 600 millions d'euros (qui s'est révélé en fait atteindre 695 millions) en pleine tourmente financière a coûté cher à la direction des Caisses d'Epargne. Un conseil de surveillance s'est réuni dimanche pendant plus de six heures pour discuter des conséquences à tirer de cette perte. Après quarante-quatre années au sein du groupe, le patron de la banque mutualiste, Charles Milhaud (65 ans) a été contraint dimanche soir de présenter sa démission. Il n'est pas le seul à être sanctionné puisque le numéro deux du groupe, Nicolas Mérindol est lui aussi écarté. Le directeur général, présenté jusqu'alors comme le l'héritier de Charles Milhaud, reste "au service du groupe et "va prendre la tête du Crédit Foncier. Il laisse un groupe élargi mais fragilisé par des acquisitions coûteuses. En moins d'un an, Nicolas Mérindol a bouclé trois opérations majeures: la création de Natixis, fruit du partenariat avec les Banques Populaires dans la banque de financement et d'investissement, l'accord avec le promoteur Nexity en vue de créer, autour du Crédit Foncier, un pôle immobilier coté, et la prise de contrôle du courtier MeilleurTaux. Mais ces opérations, réalisées alors que les marchés financiers et immobiliers étaient au plus haut, et qui devaient constituer des "relais de croissance" pour le groupe, se sont révélées sources de fragilité quand la bulle a éclaté au printemps 2007. Autre partant de la direction: Julien Carmona, également membre du directoire, en charge des finances et des risques.

LE PLAN "NUMERIQUE 2012" DEVOILE

Eric Besson, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, a présenté lundi le plan "France Numérique 2012". Ce plan "peut et doit être un accélérateur de croissance", a-t-il expliqué. "L'économie numérique est le principal facteur de gains de compétitivité des économies développées", or "en France, cet investissement est deux fois plus faible qu'aux Etats-Unis". Le plan vise notamment à permettre à tous les Français d'accéder à l'Internet haut débit, alors qu'aujourd'hui 1 à 2 millions demeurent exclus de ces réseaux. A compter de 2010, chaque Français disposera ainsi d'"un droit opposable" pour bénéficier "d'un accès à internet haut débit à un tarif abordable, inférieur à 35 euros par mois". Pour les établissements scolaires, où le taux d'équipement est jugé "insuffisant" (huit ordinateurs pour 100 élèves en primaire), le secrétaire d'Etat a annoncé l'installation de "400 cyberbases sur cinq ans" et le "développement progressif de classes équipées". Concernant la télévision, le passage définitif à la TNT (télévision numérique terrestre) débutera en 2009 en Alsace, avant de s'étendre progressivement aux autres régions. L'extinction de l'analogique sera effective le 30 novembre 2011. Les fréquences hertziennes libérées, appelées "dividende numérique", seront partagées en 2009 entre la radio, l'audiovisuel et les services d'accès à internet. Quant à la quatrième licence de téléphonie mobile, convoitée notamment par le fournisseur d'accès à Internet Free (Iliad), candidat malheureux en 2007, un appel à candidatures sera lancé au premier trimestre 2009. L'Autorité de régulation des télécoms, l'Arcep, recommande de donner la priorité à un nouvel entrant. Ce plan "ne coûte pas d'argent à l'Etat mais va plutôt lui en rapporter avec le dividende", a conclu Eric Besson.

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