Accord de sortie de crise à Bangkok, les aéroports devraient rouvrir

 |   |  502  mots
Après le verdict de la Cour constitutionnelle invalidant trois partis de la coalition gouvernementale et forçant le Premier ministre à quitter ses fonctions, l'aéroport de Bangkok devrait reprendre ses vols dans les vingt-quatre heures.

La crise thaïlandaise a connu ce mardi deux rebondissements majeurs avec le départ forcé du Premier ministre, Somchai Wongsawat, et l'annonce d'un accord avec les manifestants antigouvernementaux en vue d'une reprise rapide du trafic aérien à Bangkok. Les manifestants, qui occupaient depuis une semaine les deux grands aéroports commerciaux de la capitale, ont lâché du lest après le verdict de la Cour constitutionnelle qui a ordonné la dissolution du parti au pouvoir et l'exclusion de Somchai de la scène politique pendant cinq ans.

L'autorité chargée des aéroports de Thaïlande (AOT) "a trouvé un accord" avec les opposants royalistes de "l'Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD) en vue d'une évacuation par les manifestants des zones de passagers à l'aéroport international Suvarnabhumi, a annoncé le président d'AOT, Vudhihaandhu Vichairatama. Un premier vol pourrait partir "d'ici 24 heures, s'il n'y a pas de problème technique", a-t-il dit.

La fermeture des plateformes aériennes de Bangkok a bloqué en Thaïlande plus de 350.000 passagers, touristes étrangers et Thaïlandais qui avaient réservé des vols internationaux en partance de la capitale, selon le ministère du Tourisme. La crise a porté un coup très rude à la florissante industrie touristique thaïlandaise et le blocus des aéroports de Bangkok a entraîné des pertes qui se chiffrent en milliards de dollars.

La plupart des étrangers en souffrance tentaient encore mardi de quitter la Thaïlande depuis les petits aéroports internationaux de Phuket, Chiang Mai et une base militaire à 190 kilomètres au sud-est de Bangkok. Un avion affrété par le gouvernement français a quitté Paris lundi soir pour la Thaïlande, d'où il devrait ramener quelque 500 ressortissants français et européens mercredi soir, a-t-on appris mardi auprès de la compagnie Corsair, propriétaire de l'appareil.

Le chaos ambiant a coûté la vie à quatre touristes (deux Canadiens, un Néerlandais et un Hongkongais) qui tentaient de prendre des vols dans le sud de la Thaïlande et ont été tués dans des accidents de la route ces derniers jours, a indiqué mardi la police.

Sur le terrain politique, trois des six partis de la coalition au pouvoir, dont celui du Premier ministre, ont donc été dissous ce mardi par la Cour constitutionnelle pour fraude électorale lors du scrutin de décembre 2007. Cette décision était attendue par les intéressés, qui entendent cependant se maintenir au pouvoir en mettant sur pied de nouvelles formations et en désignant un autre Premier ministre.

Les deux autres formations de la coalition sur lesquelles les juges devaient statuer, le parti Chart Thai et le Matchima Thipataya, sont également dissoutes, et leurs dirigeants sont eux aussi écartés de la vie politique pour cinq ans. Les élus non invalidés de la coalition ont aussitôt annoncé leur volonté d'"aller de l'avant", de former une nouvelle alliance et d'organiser le 8 décembre un vote pour désigner un Premier ministre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La Cour constitutionnelle thaïlandaise vient d?ordonner à l'unanimité la dissolution du Parti au pouvoir du peuple (PPP), reconnu coupable de fraude électorale, et a interdit le Premier ministre Somchai de politique pendant cinq ans.

Au moins la cour constitutionnelle thaïlandaise est un authentique garant de la démocratie, ce qui n?est pas le cas en France où, ni la Haute cour de justice, ni le Conseil constitutionnel, n?ont jamais dissolu un parti politique ou rendu inéligible pendant cinq ans un Président de la république reconnu coupable de corruption !...

Chez nous le Conseil constitutionnel a eu pour principale utilité de rendre « intouchable » Jacques Chirac, alors Président de la République.

D?ailleurs, imaginer que la Haute Cour de Justice, ou le Conseil Constitutionnel, puissent se pencher sur le détournement des indemnités de la guerre du Golfe attribuées à la France en 1991 (3 ,5 milliards de dollars), effectué par François Mitterrand et couvert par quasiment l?ensemble de la classe politique, relève de l?utopie.

Nous ferions bien de prendre exemple sur la Thaïlande qui est un pays jeune, et qui le montre?

Jean-Charles Duboc
http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :