Espagne : plus de 171.000 chômeurs supplémentaires en novembre

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Après 192.000 chômeurs supplémentaires en octobre, l'Espagne enregistre 171.243 nouveaux demandeurs d'emploi le mois dernier. Les secteurs d'activité qui ont fait la richesse du pays ces dernières années sont les premiers touchés par la crise.

Le chômage espagnol continue d'augmenter à un rythme beaucoup plus rapide que dans le reste de l'Union européenne, avec 171.243 demandeurs d'emploi supplémentaires en novembre, l'équivalent de la disparition d'une usine de 5.700 salariés par jour. Le nombre de chômeurs frôle désormais les trois millions (2.989.269), pour une population d'environ 46 millions de personnes, selon des chiffres publiés ce mardi par le ministère du Travail. En octobre, il avait déjà explosé de près de 192.000 personnes.

Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux des autres pays européens. Le nombre de chômeurs en France a augmenté de 46.900 personnes en octobre et en Grande-Bretagne de 140.00 personnes, mais sur trois mois (juillet-septembre 2008) par rapport au trimestre précédent. En octobre, le taux de chômage dans la zone euro était de 7,6% contre 12,8% en Espagne, selon Eurostat.

L'Espagne réagit violemment à la crise car elle "amplifie les effets des cycles économiques", selon Gustavo Matias Clavero, professeur d'économie à l'Université autonome de Madrid, cité par l'AFP (Agence France Presse). "Quand l'Europe va bien, l'Espagne va mieux, il y a beaucoup de créations d'emplois, mais quand l'Europe va mal, il y a beaucoup de destructions d'emplois".

La raison ? Le "miracle économique" espagnol des quinze dernières années, qui en a fait un des pays les plus dynamiques de la zone euro, s'est construit en grande partie "dans des secteurs très créateurs d'emplois, comme la construction et les services, tels que le tourisme ou la restauration", explique l'universitaire. Or, il s'agit de secteurs très sensibles aux cycles et "volatils".

Des légions d'ouvriers du BTP, dont beaucoup d'immigrés peu qualifiés, venus après la régularisation massive opérée par le gouvernement socialiste, se retrouvent au chômage, et toute l'activité est contaminée, comme l'industrie automobile qui réduit sa voilure, frappée par l'effondrement du marché national et la baisse des ventes en Europe.

Selon les analystes, la situation économique va continuer à se dégrader au moins jusqu'à la moitié de 2009. D'après le gouvernement, le taux de chômage (publié tous les trois mois par l'Institut national de la statistique) pourrait atteindre 12,5% l'année prochaine. A l'été 2007, il avait atteint un plancher à 7,95%.

La semaine dernière, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé un plan de relance de 11 milliards d'euros, pour créer 300.000 emplois en 2009... moins que ceux perdus en octobre et novembre.

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