Une semaine marquée par le plan de relance français de 26 milliards d'euros

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A la une de l'actualité cette semaine, la présentation du plan de relance de l'économie française d'un montant de 26 milliards d'euros sur deux ans. La baisse historique de 0,75 point des taux européens, la progression du chômage en France et aux États-Unis, les difficultés du secteur automobile américain et la nouvelle offre d'EDF sur Constellation ont également fait les gros titres.

UN PLAN DE 26 MILLIARDS D?EUROS POUR RELANCER L?ECONOMIE FRANCAISE

Nicolas Sarkozy a dévoilé ce jeudi un plan de relance de l'économie de 26 milliards d?euros sur deux ans. Un arsenal qu?il a décrit comme "audacieux" et "ambitieux", avec lequel il espère "surmonter la crise au lieu de la subir", voire en "sortir plus fort". Parmi les mesures annoncées, l?investissement de l?Etat, des entreprises publiques et des collectivités locales va se renforcer de 11,5 milliards d'euros, au profit de grands travaux d'infrastructures, comme les lignes TGV, ou des universités et la défense. Pour soutenir le secteur automobile, qui multiplie les mesures de chômage partiel et les plans sociaux, Nicolas Sarkozy a confirmé le versement d'une "prime à la casse" de 1.000 euros en échange de l'achat d'un véhicule neuf peu polluant. Et pour le bâtiment, un plan de construction de 100.000 logements sociaux et le doublement du prêt à taux zéro pour les acquisitions de logements neufs en 2009.

L'Etat va par ailleurs rembourser par anticipation 11,5 milliards d'euros de dettes (crédit impôt-recherche, TVA, impôt sur les sociétés) aux entreprises afin d'améliorer leur situation de trésorerie. Pour soutenir l'emploi, le chef de l?Etat a annoncé une exonération totale des cotisations sociales pour les entreprises de moins de 10 salariés qui embaucheront l?an prochain. Enfin, une prime de 200 euros sera versée aux 3,8 millions de bénéficiaires potentiels du futur revenu de solidarité active (RSA). Toutes ses mesures creuseront le déficit public français de 0,8 point du PIB en 2009, ce qui devrait porter le déficit du pays à près de 4 points de PIB l'an prochain, loin des 3 points autorisés par le pacte de stabilité européen. Mais Bruxelles a déjà annoncé que ces critères seraient appliqués avec souplesse.

BAISSE HISTORIQUE DE 75 POINTS DE BASE DES TAUX DE LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE

Les marchés attendaient un geste fort de la Banque centrale (BCE) européenne pour soutenir l?économie, certains économistes tablant sur une baisse d?un point des taux. Le conseil des gouverneurs de l?organisme francfortois a finalement opté pour une baisse de 0,75 point, ramenant le taux directeur européen de 3,25% à 2,5%. C?est la plus forte baisse des taux jamais décidée par la BCE depuis sa création. "En l'espace de deux mois nous avons abaissé les taux de 175 points de base, ce qui est une première, y compris pour bon nombre de banques centrales depuis la Seconde Guerre mondiale, avant que l'euro ne soit lancé", a ajouté Jean-Claude Trichet, le président de la BCE.

Mais celui n'a en revanche livré aucun indice sur la politique monétaire à venir. "Nous ferons une fois de plus ce qui s'impose pour assurer la stabilité des prix et être crédible. Pour l'heure, au moment même où je parle, je considère que cette baisse de 175 points de base en moins de deux mois prend exactement en compte toute l'information dont nous disposons", s?est-il contenté de répondre. Malgré cette baisse historique, les marchés ont été déçus. Notamment parce que plus tôt dans la journée, la Banque d?Angleterre avait opté pour une baisse de 100 points de base de ses taux, ramenant son taux directeur à 2%, le plus bas niveau depuis plus de cinquante ans.


L?EMPLOI FRANÇAIS SE DETERIORE, LE CHOMAGE AMERICAIN S?ENVOLE

Le taux de chômage a progressé de 0,1 point en France au cours du troisième trimestre, pour atteindre 7,3% de la population active en métropole. 2,035 millions de personnes sont désormais à la recherche d?un emploi. Dans le détail, les moins de 25 ans sont les plus touchés, avec un taux de chômage de 18,9% en métropole, en hausse de 0,5 point par rapport au deuxième trimestre. Les 50 ans ou plus résistent mieux avec un taux de chômage stable au troisième trimestre à 5,1% en alors qu'il avait augmenté au deuxième trimestre. Dans cette catégorie, les femmes ont néanmoins connu une aggravation de leur situation. Seuls les 25-49 ans voient leur taux de chômage baisser encore. Il tombe à 6,4% en métropole, soit 1,18 million de personnes.

La situation du marché de l?emploi est encore plus mauvaise outre-atlantique. Les chiffres de l?emploi étaient redoutés tant les premiers indices laissaient craindre le pire. A juste titre. 533.000 emplois ont été supprimés en novembre aux Etats-Unis. Tout simplement le pire mois pour l?emploi américain depuis décembre 1974. Les analystes n?attendaient "que" 325.000 suppressions de postes. Le taux de chômage atteint pour sa part 6,7% de la population active, en hausse de 0,2 point par rapport au mois d?octobre et au plus haut depuis octobre 1993. Le nombre des chômeurs dépasse désormais les 10 millions. Le ministère en dénombrait 10,3 millions en novembre, soit 2,7 millions de plus qu'au début de l'année.


LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES AMERICAINS DEMANDENT 34 MILLIARDS DE DOLLARS D?AIDES AU CONGRES

Les patrons des "Big Three" (General Motors ou GM, Ford et Chrysler) ont tenté de convaincre ce jeudi et ce vendredi les parlementaires américains de leur accorder une aide de 34 milliards de dollars qui devraient leur permettre de faire face à leurs problèmes de liquidités. Les trois constructeurs automobiles américains ont été invités à présenter des plans de restructuration crédibles, faisant notamment preuve de leur volonté de réorienter leur production vers des modèles plus économes en carburant. Géant aux pieds d'argiles, General Motors a réclamé au Congrès des facilités de crédit de 18 milliards de dollars afin de maintenir un niveau de trésorerie suffisant pour pouvoir poursuivre normalement ses activités jusqu'à la fin de l'année prochaine. Ford espère obtenir du Congrès un prêt relais de 9 milliards de dollars, qu'il ne toucherait qu'en cas de besoin. Contrairement à ses deux concurrents, dont les problèmes de liquidités menacent la poursuite normale de leurs activités, le groupe a "espoir de réussir sa restructuration sans toucher au crédit que le Congrès déciderait de débloquer". Quant au plus petit des trois, Chrysler, il a fait savoir qu'il souhaitait bénéficier également d'un prêt relais de 7 milliards de dollars pour assurer sa survie.

EDF FAIT UNE NOUVELLE OFFRE SUR L?AMERICAIN CONSTELLATION

EDF passe à l'attaque pour reprendre la main sur Constellation Energy Group, objet déjà d'une offre d'achat de la part de MidAmerican Energy Holdings, la société du milliardaire Warren Buffett. L?électricien français, qui possède déjà 9,5% du capital de Constellation, a ainsi annoncé ce mercredi qu'il se propose de racheter 50% des opérations d'énergie nucléaire du groupe américain pour 4,5 milliards de dollars. Ce qui valorise les actions Constellation à environ 52 dollars, "soit une prime de 96% par rapport au rachat de MidAmerican", a expliqué EDF. Cette proposition intervient un mois et demi après que l'électricien français a officiellement renoncé à surenchérir sur l'offre de Warren Buffett. Ce dernier a proposé 4,7 milliards de dollars (26,50 dollars par action) pour racheter la totalité du producteur d'électricité américain, tête de pont de l'industrie nucléaire française aux Etats-Unis. EDF espère boucler l'opération d'ici six à neuf mois. Et le groupe précise que cette offre n'est soumise à aucune condition de financement.

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