Avec le retrait de Nice de la carte des sites d’accueil des JO 2030, se pose la question de l’héritage. Ou plutôt de l’absence d’héritage, en particulier en termes de logements. Deux grands projets structurants étaient en effet sur les rails : le complexe omnisport olympique et le village olympique. Celui-ci, attribué il y a peu par la Solideo au groupement Sogeprom et Demathieu Bard Immobilier avec les agences François Leclercq et Associé, NP2F et Land’act, devait accueillir 1500 athlètes dans un ensemble bâtimentaire de 25 000 m² de surface plancher et déboucher, à terme, sur 400 logements mixtes comprenant, entre autres, 30% de logements sociaux, 20% de logements en bail réel solidaire et une résidence étudiante. Une offre bienvenue dans un département largement déficitaire en logement pour actifs.
Il faut dire que dans les Alpes-Maritimes, le sujet fait partie des problématiques structurelles fortes soulevées par le monde patronal qui multiplie depuis des années les études et autres manifestes pour alerter la puissance publique. Et tenter de trouver des solutions. Selon une enquête de la CCI Nice Côte d’Azur, deux-tiers des entreprises estiment que l’absence de logements pour actifs constitue un frein pour leur développement, notamment en matière de recrutement. Elles sont 91% dans l’hôtellerie et la restauration, un des moteurs économiques du territoire. En avril, l’Observatoire Immobilier d’Habitat de la Côte d’Azur indiquait que seuls 79 permis de construire avaient été délivrés en 2025 pour 3 377 logements autorisés, le niveau le plus bas jamais enregistré en 10 ans, avec des prix médians frôlant les 7000 euros du m². Bien en-deçà de la capacité financière des actifs azuréens. Quant à l’offre locative, elle ne joue plus son rôle de soupape, l’offre ayant été réduite de moitié depuis 2021.