Grèce : les violences se poursuivent, appels à la grève générale pour mercredi
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Pour la troisième journée consécutive, des affrontements ont opposé ce lundi à Salonique forces de l'ordre et manifestants protestant contre la mort d'un adolescent tué samedi par la police grecque. Les policiers ont pourchassé quelque 300 protestataires et procédé à deux arrestations. D'autres troubles sont attendus à Athènes, après les incidents de samedi et dimanche qui ont fait 34 blessés, selon la police.
Le Parti communiste a appelé à un grand rassemblement lundi soir dans le centre d'Athènes, et le Pasok (socialiste) a souhaité une dénonciation massive et pacifique de la politique du Premier ministre de centre droit Costas Karamanlis, déjà ébranlé par les scandales.
"Athènes et Salonique en état de siège", écrivait ce lundi à la Une le quotidien Eleftheros Typos, tandis qu'Apogevmatini titrait "48 heures d'horreur". "Aujourd'hui (lundi) c'est calme mais je n'avais vu rien de tel de toute ma vie. Les gens ont surréagi. J'espère qu'ils ne vont pas continuer sinon, que Dieu nous aide !", a déclaré Yiorgos Ganatsikos, un kiosquier de la capitale, cité par l'agence Reuters.
Les émeutes, les plus dures depuis des années, surviennent dans un contexte difficile pour le gouvernement, en proie à une vague de mouvements sociaux. Les professeurs d'université, qui comptent s'associer à une grève générale de 24 heures mercredi pour protester contre les privatisations, la réforme des retraites et la baisse du pouvoir d'achat, ont annoncé qu'ils cesseraient de travailler pendant trois jours à partir de lundi.
La Grèce sera coupée du reste du monde mercredi au niveau des liaisons aériennes en raison de la décision des contrôleurs aériens de participer au mouvement de grève générale. "Tous les vols à destination et en provenance des aéroports grecs seront immobilisés et seuls les vols à caractère d'urgence seront assurés", a dit le secrétaire général du syndicat des aiguilleurs du ciel.
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Dans la capitale, des milliers de jeunes manifestants ont affronté les forces de l'ordre aux cris d'"Assassins en uniforme" pendant tout le week-end, incendiant des voitures, des boutiques, ignorant les appels au calme lancés par le pouvoir. Une trentaine de magasins et une dizaine de banques ont été détruites dans les quartiers commerçants et le maire d'Athènes a repoussé le lancement des festivités de Noël. Des heurts se sont aussi produits à Salonique, Patras, Chania sur l'île de Crète, ainsi que sur l'île touristique de Corfou.
"Aucune rage, même justifiée, ne doit conduire à des manifestations comme celles auxquelles on a assisté samedi", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Prokopis Pavlopoulos, au sortir d'une réunion de crise dimanche, après avoir vu rejeter sa demande de démission. Les violences ont été déclenchées par la mort d'un adolescent de 15 ans, pendant une fusillade samedi soir dans le quartier d'Exarchia, bastion traditionnel de la gauche autonome à Athènes. Les heurts sont déjà fréquents lors des rassemblements étudiants, tout comme les attaques au cocktail Molotov de la part de groupes anarchistes.
Deux policiers ont été mis en examen, l'un pour meurtre prémédité et l'autre pour complicité. Dans un communiqué, la police a déclaré qu'un policier avait tiré à trois reprises quand son véhicule de patrouille a été attaqué par un groupe d'une trentaine de jeunes. Ce policier aurait évoqué des tirs de sommation, ce que contredisent des témoins qui assurent que l'homme a visé en direction de la victime.
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