Affaire Fortis - BNP Paribas : la Belgique sans gouvernement

Le Premier ministre belge Yves Leterme a proposé vendredi la démission de son gouvernement, suite aux accusations de pressions sur des magistrats dont il fait l'objet dans l'affaire du sauvetage de la banque Fortis. Le roi l'a accepté.

le roi des Belges a consulté, hier samedi 20 décembre les principaux leaders politiques pour trouver un successeur au Premier ministre, Yves Leterme, qui a a présenté, vendredi 19 décembre, la démission de son gouvernement, suite aux accusations de pressions sur des magistrats dont il fait l'objet dans l'affaire du sauvetage de la banque Fortis, a indiqué son porte-parole à l'AFP. "Le Premier ministre propose la démission de son gouvernement", a expliqué Peter Poulussen, ajoutant qu'il avait convoqué immédiatement une réunion à ce sujet de l'ensemble de son cabinet.

Un départ du gouvernement replongerait la Belgique dans une grave crise politique. Yves Leterme n'a été nommé qu'en mars, après neuf mois environ pendant lesquels le royaume a vécu sans véritable gouvernement stable, en raison du conflit autour des revendications autonomistes des Flamands néerlandophones.

Peu avant l'annonce du porte-parole d'Yves Leterme, le ministre de la Justice belge, Jo Vandeurzen, avait déjà annoncé de son propre chef sa démission après que le président de la cour de Cassation eut réaffirmé avoir des "indications importantes" que le gouvernement avait tenté d'interférer avec le travail de la justice dans l'affaire Fortis.

Des conseillers d'Yves Leterme sont accusés d'avoir fait directement pression sur des magistrats pour qu'ils valident le démantèlement du groupe financier, décidé par le gouvernement début octobre afin de lui éviter la faillite alors qu'il était ébranlé par la crise financière mondiale. Dans le cadre de ce montage, les activités bancaires belges du groupe, considéré jusque là comme un joyau national, doivent être vendues au géant français BNP Paribas. Et l'Etat néerlandais a nationalisé l'essentiel des activités aux Pays-Bas.

Mais les petits actionnaires de Fortis ont multiplié les recours judiciaires et, vendredi dernier, ils ont fini par remporter une victoire inattendue: la Cour d'appel de Bruxelles, malgré les pressions que le gouvernement est accusé d'avoir exercées, a exigé qu'ils soient consultés sur le démantèlement. Un revers cinglant pour Yves Leterme qui a dû geler le transfert des actifs belges à BNP Paribas.

Le ministre de la Justice a justifié son départ vendredi en estimant qu'il ne pouvait dans le contexte actuel avoir "l'autorité et la crédibilité" suffisantes. "Le soupçon d'une implication dans des pratiques inacceptables (si elles existent), l'empêcherait" d'accomplir sa mission, souligne son courrier adressé à Yves Leterme.

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Commentaires 2
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Cette crise politique démontre une nouvelle fois l'instabilité chronique de la Belgique et son incapacité à se fédérer autour d'un projet industriel d'envergure. BNPP reste la meilleure alternative pour Fortis, ses salariés et le Benelux. Fortis est ...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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vu l'instabilité du gvt belge ( et l'amertume des petits porteurs Fortis qui n'ont plus rien à perdre ) à entraver le cours des choses Il semble qu' à ce stade la BNPP devrait plutôt se retirer de l'affaire en exigeant maintenant des dommages et i...

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