Jean-Claude Trichet inquiet désormais d'une possible déflation

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Pour Jean-Claude Trichet, les baisses de taux de la BCE n'ont pas encore produit tous leurs effets. Alors que l'inflation recule nettement en Europe, il rappelle que, pour la BCE, l'objectif de stabilité des prix est juste en-dessous de 2%.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, reste prudent face à de nouvelles baisses de taux mais s'inquiète désormais d'une inflation trop basse. "Nous nous concentrons sur l'impact de nos décisions précédentes", a-t-il déclaré au quotidien allemand Börsen Zeitung, à paraître ce mercredi. "Nous avons déjà abaissé nos taux de 175 points de base dans un très bref délai. Cette impulsion est, à l'heure actuelle, loin d'être complètement transmise à l'économie", a ajouté l'ancien gouverneur de la Banque de France.

La BCE a abaissé à trois reprises depuis début octobre son principal taux directeur, aujourd'hui à 2,50%, pour lutter contre la dégradation rapide de la situation économique dans la zone euro. La dernière baisse était d'une ampleur inégalée pour l'institution européenne, de 75 points de base. Mais, depuis, plusieurs responsables de la BCE, dont son président, ont laissé suggérer une pause lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de janvier, contrecarrant les attentes des analystes.

Dans l'entretien au Börsen Zeitung, Jean-Claude Trichet a semblé tempérer quelque peu ses propos: "cela dit, comme je le souligne toujours, nous n'avons pas de préjugés et nous faisons toujours tout ce qui est nécessaire pour ancrer solidement les projections d'inflation à moyen terme". Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que la BCE doit, "en toutes circonstances, délivrer la stabilité des prix". "Ne l'oubliez pas, notre définition de la stabilité des prix à moyen terme est de "moins de 2%, mais proche"", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, Jean-Claude Trichet avait déjà expliqué lors d'une conférence à Paris que l'inflation devait rester proche de 2%. Une manière pour lui de souligner que la BCE ne veut pas d'un taux trop bas, et surtout pas d'une déflation qui risquerait d'handicaper durablement l'activité économique. En novembre, l'inflation est tombée à 2,1% en zone euro. Et en Allemagne, première économie de la zone euro, elle a très nettement ralenti en décembre, à 1,1% selon des chiffres encore provisoires.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pour Mr Trichet,

Je retourne ma veste toujours du coté des lobbies,

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le pompier incendiaire ? A force d'avoir voulu juguler une inflation imaginaire pendant des années son président actuel recueille les fruits de cette "lutte" ; il est trop tard pour s'inquiéter des conséquences ; la déflation (qui genère l'attentisme des consommateurs qui reportent leurs actes d'achat dans l'espoir de les payer moins cher)s'avère déjà dévastatrice dans le domaine immobilier et le secteur automobile
Le plus ahurissant est de voir que JCT continue de s'exprimer devant un parterre de journalistes attentifs et respectueux ; mais qui a finalement provoqué cette déflation ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
une taux 0% pour logement
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il serait nécéssaire d'expliquer pourquoi combattre l'inflation tout en étant chagrin lorsqu'elle fait mine de disparaître. Pendant ce temps, la croissance plonge et on l'ignore sans autre forme de procès. On ne parle pas du chômage bien sûr, cela fait désordre. Puisqu'il n'y a plus d'argent dans les caisses, la meilleure façon d'en avoir est d'augmenter les impôts, cela améliorera le pouvoir d'achat de qui....devinez?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Une déflation n'aura pas que des inconvénients, si les ménages consomment plus en raison de celle-ci la croissance pourra peut être se reprendre et les prix augmenteront a nouveau
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je pense que la BCE a en réalité toujours peur de l'inflation , mais qu'au fond elle n' a qu'un pouvoir très limité . Elle n' a rien pu faire contre l'envolée du pétrole pdt 1 an qui a pris je ne sais combien de pts de croissance , rien contre les 100 % d'inflation immobilière depuis 10 ans . La baisse des taux variables n'est pas efficace pour réduire de bcp les frais des ménages les plus endettés , car leurs prets sont tjrs au taux plafond . Les menages épargnants , touchent un peu moins , et les entreprises sont à peu près dans le même cas : les plus endettées ne voient pas la différence et
les créditrices gagnent moins , mais ça ne change rien pour elles en réalité .

La BCE a un pouvoir de "nuisance " cad que ses brutales remontées de taux en 2 ans ont déstabilisé le marché , mais c'est tout .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Mais Mr TRICHET il va falloir le baisser encore le taux REFI ! Si vous voulez que l'économie Européenne survive, aprés que vous l'ayez enfoncée avec vos taux prohibitifs pendant plus d'un an.

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