Une semaine marquée par les polémiques sur la rémunération des dirigeants et des traders

A la Une de l'actualité cette semaine, la série de polémiques sur la rémunération des dirigeants et sur l'attribution de bonus au sein des banques. La nouvelle forte hausse du nombre de demandeurs d'emplois en février, la présentation des détails du plan de rachat des actifs toxiques des banques américaines et l'avertissement sur résultats d'Air France-KLM ont également fait les gros titres.

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POLEMIQUES EN SERIE SUR LA REMUNERATION DES PATRONS, LES STOCKS OPTIONS ET LES BONUS

Natixis, Société Générale, Chevreux, GDF Suez, Valeo... Autant de noms associés cette semaine à de vives polémiques sur la rémunération des dirigeants ou sur les bonus. Dernier exemple en date, Natixis a versé 90 millions d'euros (70 millions hors taxes) de bonus à ses traders au titre de 2008. La filiale de la Caisse d'Epargne et des Banques populaires a perdu de 2,8 milliards d'euros l'an passé et va procéder à plus de 600 suppressions de postes, auxquelles s'ajoute un plan de départs volontaires concernant 800 personnes. Bonus et suppressions de postes également chez Chevreux, la filiale courtage de Calyon, la banque de financement et d'investissement du Crédit Agricole : 51 millions d'euros et 75 emplois détruits. A la Société Générale, ce sont les stocks-options accordés aux dirigeants qui ont fait débat. A la demande de Christine Lagarde, ces derniers ont renoncé à convertir ces stocks-options en actions tant que la banque bénéficiera de l'appui de l'Etat. Chez GDF Suez, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli ont renoncé à leurs stocks-options pour 2008. Enfin, l'ancien PDG de Valeo Thierry Morin devait recevoir des indemnités de départ de 3,2 millions d'euros alors que le groupe licencie 5.000 personnes. Devant ces polémiques à répétition, le gouvernement a haussé le ton, demandant au Medef de faire des propositions dans les prochains jours, faute de quoi il légifèrera sur le sujet. Mais selon sa présidente Laurence Parisot, l'organisation patronale n'a "ni le pouvoir ni le désir d'imposer" des règles en matière de rémunération des dirigeants à toutes les entreprises de France. Du coup, le gouvernement compte publier un décret - pour aller plus vite mais si cette voie n'est pas possible, il n'exclut pas une loi -  la semaine prochaine pour interdire l'attribution de bonus et stocks-options aux dirigeants des entreprises aidées par l'Etat. 

LE CHÔMAGE TOUJOURS PLUS HAUT

Après un mois de janvier record, le marché de l'emploi s'est encore fortement dégradé en février. Le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) a ainsi crû le mois dernier de 79.900 en métropole à 2,38 millions. Le chiffre d'inscrits atteint 3,4 millions (80.800 en plus) en comptant ceux exerçant une activité réduite (catégorie B et C). La hausse des inscriptions a été plus marquée en février pour les hommes (3,2% sur un mois en catégories A, B, C) que pour les femmes (1,7%) en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Pour les jeunes, l'augmentation a été nettement plus forte que pour les autres tranches d'âge (3,9% sur un mois en catégories A, B, C). Environ un tiers des nouvelles inscriptions à pôle emploi en février proviennent des fins de missions d'intérim (9,7% du total) et de CDD (25,3%). Les licenciements économiques augmentent (+31,4% sur un an) mais ne représentent que 4% du total. En janvier, le nombre de chômeurs a augmenté de 90.200, un chiffre record, en hausse de 4,3%, pour le nombre de chômeurs de catégorie 1, c'est-à-dire des personnes à la recherche d'un emploi à temps plein et à durée indéterminée ayant travaillé au plus 78 heures dans le mois. Les données sur les demandeurs d'emploi sont désormais présentées en cinq nouvelles catégories statistiques (A, B, C, D, E), qui remplacent les huit anciennes catégories (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) sans recouvrir les mêmes réalités.

WASHINGTON PRESENTE SON PLAN DE RACHAT DES ACTIFS TOXIQUES DES BANQUES

Le Trésor américain a dévoilé ce lundi les modalités de son plan de rachat des actifs "toxiques" des banques, qui prévoit la création de deux mécanismes associant des investisseurs privés, l'un pour les prêts, l'autre pour des titres adossés à des actifs immobiliers. Comme il l'avait déjà annoncé en février, le Trésor entend consacrer dans un premier temps 75 à 100 milliards de dollars de fonds publics pour mobiliser avec le secteur privé jusqu'à 500 milliards de dollars "de puissance d'achat pour acheter les actifs hérités" de la dernière bulle immobilière. La Commission fédérale d'assurance des dépôts bancaires (FDIC), régulateur du système bancaire, conseillera les banques souhaitant se défaire de leurs créances à risque et apportera une garantie ainsi qu'une aide au financement aux investisseurs souhaitant les racheter. Les prêts en question seront ensuite vendus par un système d'enchères au plus offrant. Pour les titres adossés à des actifs immobiliers, les investisseurs intéressés pourront bénéficier de la facilité d'aide au crédit à la consommation (TALF) récemment lancée par la Réserve fédérale américaine pour obtenir une bonne part du financement nécessaire à ces achats. Pour le rachat et la gestion à long terme de ces titres, le Trésor va s'associer à des gestionnaires de fonds privés (jusqu'à cinq au total) et fournir à l'occasion de ce partenariat un financement supplémentaire. Le Trésor est ainsi resté fidèle à son idée de base selon laquelle les titres immobiliers invendables accumulés par les banques au cours de la dernière bulle immobilière ont encore une valeur intrinsèque forte. Seul le manque de financement découlant de la crise du crédit empêche le fonctionnement d'un marché normal d'achat et de vente de ces titres.

AIR FRANCE-KLM ATTEND UNE PERTE D'EXPLOITATION CETTE ANNEE

La crise touche de plein fouet le secteur aérien et n'épargne pas Air France-KLM. La compagnie aérienne franco-néerlandaise a ainsi annoncé ce jeudi s'attendre à un résultat d'exploitation négatif en 2008-09 de 200 millions d'euros contre un bénéfice de 1,4 milliard d'euros l'exercice précédent. Lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre le 13 février dernier, le groupe espérait encore dégager un bénéfice d'exploitation pour son exercice annuel clos fin mars. Et l'année 2009-10 s'annonce encore difficile. Air France-KLM anticipe désormais une baisse de son chiffre d'affaires l'an prochain de l'ordre de 6%, ainsi qu'une nouvelle perte d'exploitation. Le montant de cette dernière dépendra notamment de la facture pétrolière. Le groupe va inciter son personnel à prendre des congés sabbatiques ou sans solde et le pousser à solder ses RTT. La compagnie franco-néerlandaise souffre fortement de la baisse du trafic, en particulier le trafic en classe affaires et le fret. Selon l' Association internationale du transport aérien (Iata), le trafic passager a ainsi reculé de 10,1% en février et le transport de marchandises a baissé de 22,1%.

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