Obama rêve d'un monde sans armes nucléaires, mais souhaite une "réponse forte" à la "provocation" nord-coréenne

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De Prague, le président américain dénonce le lancement d'une fusée à longue portée nord-coréenne et souhaite que la communauté internationale sanctionne cette "provocation". Il appelle de ses vœux, en outre, un "monde sans armes nucléaires", mais il maintient pour l'heure le projet de bouclier anti-missile en Europe de son prédécesseur.

Les Nord-Coréens ont le sens du calendrier ! Alors que Barack Obama poursuit sa tournée européenne pendant laquelle il enchaîne les rencontres diplomatiques de haut niveau (G20 à Londres, Otan à Strasbourg, puis Prague et Ankara), la Corée du Nord n'a rien trouvé de mieux que de lancer ce dimanche une fusée de longue portée, sous prétexte de mise en orbite d'un satellite, démonstration de force irritant fort l'Occident qui l'a condamnée très vivement. Selon l'armée américaine, cette mise en orbite aurait d'ailleurs échoué.

Pour autant, le président américain n'a pas tardé à plaider en faveur d'une "réponse internationale forte" après le geste nord-coréen, qui selon lui souligne "l'importance" de lutter contre la prolifération nucléaire. "Le temps d'une réponse internationale forte est maintenant venu. La Corée du Nord doit savoir que le chemin vers la sécurité et le respect ne passera jamais par les menaces et les armes illégales", a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé à Prague.

"Cette provocation souligne le besoin d'agir, pas seulement cet après-midi au Conseil de sécurité de l'ONU (qui a été saisi, ndlr), mais à travers notre détermination pour empêcher la propagation de ces armes (...) Les règles doivent être contraignantes, les violations doivent être punies, les mots doivent vouloir dire quelque chose", a ajouté le président américain.

Auparavant, Barack Obama avait promis d'oeuvrer pour un "monde sans armes nucléaires", via la réduction des stocks, l'arrêt des essais ou la lutte contre la prolifération, tout en confirmant sa volonté de maintenir le projet de bouclier anti-missile en Europe. "Les Etats-Unis, en tant que seule puissance nucléaire à avoir jamais utilisé une arme nucléaire, ont la responsabilité morale d'agir", a-t-il encore déclaré à Prague.

"En conséquence, aujourd'hui je souligne clairement avec conviction l'engagement des Etats-Unis et son désir d'oeuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d'un monde sans armes nucléaires (...) Je ne suis pas naïf, cet objectif ne sera pas atteint rapidement, peut-être pas durant mon existence", a-t-il ajouté.

Mais il a souligné que l'"héritage le plus dangereux" de la guerre froide était constitué des milliers d'armes atomiques aujourd'hui stockées, dénonçant le "fatalisme" de ceux qui prétendent qu'on ne peut rien faire.

Concrètement, le président américain a indiqué que son administration allait militer "avec détermination" en faveur de la ratification par le Sénat américain du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT). "Le temps est venu pour que les essais d'armes nucléaires soient définitivement bannis", a-t-il insisté.

Le traité a été déjà ratifié par 148 pays et n'entrera en vigueur que lorsqu'il l'aura été par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël, l'Iran, l'Egypte, l'Indonésie et la Corée du Nord. Par ailleurs, le président Obama entend négocier un nouveau traité international capable "de mettre fin de manière vérifiable à la production de matériaux fissiles" à fins militaires. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Russie ont déjà déclaré un tel moratoire. Le nouveau traité viserait à inclure aussi la Chine, l'Inde et le Pakistan.

Barack Obama a également appelé de ses voeux la tenue d'un sommet mondial sur la sécurité nucléaire pour empêcher la prolifération des armes ou matériaux dans ce domaine. Un sommet que les Etats-Unis accueilleraient "dans le courant de l'année à venir", a-t-il précisé. Il a également confirmé son intention de négocier avec la Russie d'ici la fin de l'année un nouvel accord sur la réduction des arsenaux nucléaires des deux pays.

Il a par ailleurs tenté de rassuré la République tchèque et la Pologne, qui s'inquiètaient de voir son administration renoncer au projet de bouclier anti-missile. Elaboré par son prédécesseur George W. Bush, ce bouclier est censé protéger l'Europe contre des tirs venant de pays comme l'Iran, mais la Russie le perçoit comme une menace directe. "Tant que la menace de l'Iran persistera, nous avons l'intention d'aller de l'avant", à condition toutefois que les coûts du projet soient maîtrisés et son l'intérêt soit "prouvé", a ajouté Barack Obama.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Goeur également gonflé M. OBAMA les US mette le monde à genoux par ses "combines" financières, il se permet de critiquer la Corée du Nord pas un enfant de coeur non plus mais qui par sa "bombinette" NON CONFIRMEE ne fera pas plus de mal au plus démunis que la crise financière lancée par les US. Notre avocat de Président qui a été ridicule au G20 car il a été "banané" suit comme un mouton.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki(1945)auraient déjà du soulever ce problème de prise de conscience plus qu'humanitaire . Mais, la menace nucléaire a servi la cause de la fameuse guerre froide . D'où les essais nucléaires à répétition dans les années 1960-70-80 ...Plus de 50 ans de retard, au risque qu'un tyran paranoïaque aura la folle lubie d'appuyer sur le champignon (bien que déjà radioactif !) .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Serait-ce utopique d'arrêter ou au moins de freiner tout programme nucléaire quel qu'il soit, civil ou militaire, ne serait-ce que pour protéger les générations futures des dangers de la nocivité de la radioactivité et des risques potentiels . Quant aux sites d'uranium , qui dit que demain , ils seront encore répertoriés sur les cartes du cadastre en tant que zones à risque .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
a samarinda : ce qui est excessif ne compte pas. Il faut arrêter d'écrire n'importe quoi.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
?uvrer pour un monde sans armes nucléaires ! Bravo.

Obama s?est engagé à le faire, alors que parmi les « gens importants » (ceux qui par le monde ont accès aux manettes), personne ne le lui demandait, donc bravo.

La tâche est dure il va trouver beaucoup d?intérêts et beaucoup de monde en travers son chemin.

Souhaitons-lui bonne chance et aidons-le, ou plutôt aidons-nous, car c?est bien de nous (et de la survie de nos enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants) dont il s?agit.

Les USA ont une très grande responsabilité.

Mais nous avons, nous aussi, nous français, une responsabilité !
Nous aussi nous devons contribuer à ?uvrer, à notre niveau, pour un monde sans armes nucléaires !

Actuellement bien loin d??uvrer à ce désarmement, la France pousse à la dissémination nucléaire.
Notre doctrine est celle de la sanctuarisation du territoire national : au moyen de notre arme atomique nous sommes en mesure d?infliger à tout attaquant des pertes supérieures aux gains qu?il peut escompter de son attaque.
Cela pousse, bien évidemment à la dissémination, car si la France se donne le droit de « sanctuariser » son territoire par l?arme nucléaire, elle pousse les autres à en faire autant, car au nom de quoi les coréens ou les iraniens (qui valent bien les français), par exemple, n?auraient-ils pas droit à la même « sécurité » ?

Nous sommes la 4eme ou 5eme puissance nucléaire.
Nous disposons d?une puissance de plus de 3000 bombes Hiroshima !
Hiroshima c?est plus de 200 000 morts !
Si on visait à faire le maximum de morts, on pourrait tuer presque un milliard d?êtres humains !

Certes (heureusement) ce n?est pas là le but de "notre" stratégie. Celle-ci qui vise seulement à détruire des sites stratégiques militaires ou économiques.
Cependant, cela causera malgré tout forcément des millions et des millions de morts,
car ces sites stratégiques ne sont généralement pas situés en plein désert,
mais très souvent à proximité de villes et de lieux peuplés.
Ces tirs feront donc d'abord des morts "immédiates" sur les sites mêmes atteints.
Ils feront ensuite des morts "différées", en beaucoup plus grand nombre, du fait de la radioactivité, sur des étendues considérables.
Et ces morts "différées" surviendront après de longues souffrances !
Et de nombreux enfants naîtrons anormaux....
Même en supposant que le nombre de morts soit 13 fois moindre que si on visait à tuer le maximum de personnes, une population équivalente à celle de la France serait anéantie !

Parmi tous ces morts : hommes, femmes, vieillards, enfants combien de gens innocents ?

_________
Notre pays par sa dissuasion nucléaire pousse à la catastrophe finale.
Voyons pourquoi.

Certains pensent : " la guerre nucléaire n'arrivera jamais... les conséquences sont trop terribles, même pour celui qui commence...."

Première réponse :

Oui, à condition que tous les chefs d'États soient des hommes sensés.
Peut-on jurer qu'ils le sont tous ?
Imaginons qu'en 1944 à la fois les USA et Hitler disposent de l'arme nucléaire. Voyant ses forces conventionnelles quasiment anéanties par l'offensive Russe et le débarquement allié, qui oserait parier qu'Hitler n'aurait pas utilisé l'arme atomique ?

Qui peut affirmer que des dictateurs plus ou moins équivalents à Hitler n'existent pas aujourd'hui ?
Qui peut affirmer qu'il n'en existera aucun dans les 20 ans ou les 100 ans qui viennent ?

Et il n'y a pas que les dictateurs qui peuvent être ou devenir insensés : en cas de périodes de grande tension internationale, les chefs d'États démocratiques sont certainement soumis à des stress très intenses.
Qui peut être sûr que dans les 20 ans qui viennent aucun d'entre eux ne "pètera les plombs" ?

Deuxième réponse :

Selon la doctrine officielle, "la dissuasion doit impérativement être crédible pour être efficace" [réponse de Me la ministre de la défense à la question parlementaire n° 116998 du 30 janvier 2007].
Si les mots ont un sens, cela veut dire que le jour où (en haut lieu, et vraisemblablement sans qu'il y ait eu délibération démocratique) "on" le jugera indispensable, on utilisera notre force de dissuasion !

Troisième réponse :

- Ou bien les chances d'utiliser ces armes nucléaires sont nulles et alors il n'y a plus de dissuasion, pourquoi alors les construire ?
- Ou bien la probabilité qu'on les utilise n'est pas nulle et alors un conflit nucléaire a toutes les chances d'éclater un jour, car aussi faible que soit cette probabilité sur une année, elle va devenir considérable si on envisage une période suffisamment grande (sur 100 ans elle sera 100 fois supérieure et si de plus au cours de cette période le nombre des nations possédant l'arme nucléaire est multiplié par 20, la probabilité sur 100 ans sera de l'ordre de 1000 fois supérieure !)

Même si la France n'utilisait effectivement jamais l'arme nucléaire dans les 20 ans qui viennent, qui peut jurer (vu l'imprévisibilité des évolutions et tensions, économiques et politiques, nationales et internationales) qu'elle ne le fera jamais au cours des 100 prochaines années ?
Et même si elle ne le faisait pas au cours des 100 prochaines années, qui peut jurer qu'elle ne le fera pas dans un avenir encore plus éloigné ?

Quatrième réponse :

Même si la France n'utilisait effectivement jamais l'arme nucléaire dans les 1000 ans qui viennent (ce qu'il est absolument fou de croire assuré), il resterait qu'en maintenant son potentiel de mort (ou pire, en le modernisant et en le rendant plus efficace) elle pousse les autres à la dissuasion nucléaire et augmente par là le risque de mort de millions d'innocents !

En effet (nous l?avons déjà écrit), si la France se donne le droit de « sanctuariser » son territoire par l?arme nucléaire, elle pousse les autres à en faire autant, car au nom de quoi les coréens ou les iraniens (qui valent bien les français), par exemple, n?auraient-ils pas droit à la même « sécurité » ?
_________
Le choix est entre la vie et la mort.

Soit la poursuite de notre politique de dissuasion nucléaire -> mort certaine à terme pour nos descendants et des millions ou des milliards d?innocents.
Soit le désarmement (immédiat ou progressif) -> risque raisonnable (après tout la grande majorité des pays n?ont pas l?arme nucléaire et certains d?entre eux qui l?avaient l?ont détruite : la Suède, l'Afrique du Sud). C?est la seule voie possible pour éviter la catastrophe finale.
___fin___
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
"empêcher la prolifération des armes", ça veut dire quoi? Interdire le nucléaire aux nations réputées dangereuses? Bien entendu, les Etats-Unis sont et resteront doux comme des agneaux... Bravo mister Obama, le stage à l'Actor's Studio a porté ses fruits.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il reve d'un monde sans armes nucleaires et bien qu'il montre example,voila le nouveau peacemaker? qu'il quitte l'Iraq et l'afghanistan et ferme les 800 bases US dans le monde.

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