Grippe porcine : faut-il fermer les frontières ?

 |   |  682  mots
La France prône auprès de l'Union européenne la suspension des vols vers le Mexique. Nombre de voyagistes ont déjà supprimé leurs circuits et vols impliquant ce pays. L'Organisation mondiale de la santé et les autorités américaines insistent sur l'inutilité de fermer les frontières étant donné le stade très avancé de la propagation du virus.

Face au risque de pandémie de grippe porcine, chacun doit-il rester chez soi ? C'est par la négative qu'a répondu jeudi Richard Besser, le directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). "Je pense que voyager en avion est sûr. Emprunter le métro est sûr. Les gens doivent continuer à sortir et à vivre normalement", a-t-il assuré après que le vice-président américain Joe Biden ait tenu des propos alarmistes à ce sujet.

La France prône de son côté la suspension des vols vers le Mexique et uniquement vers ce pays pour l'instant, a indiqué jeudi le secrétaire d'Etat français au Transport, Dominique Bussereau. "On n'a pas pris de décision définitive, j'ai eu un long contact téléphonique hier soir avec mon homologue mexicain. La France reformulera sa demande par la voix de Roselyne Bachelot, ministre de la santé" auprès de ses homologues européens, a-t-il dit. La proposition française doit en effet être discutée jeudi lors de la réunion extraordinaire à Luxembourg des ministres européens de la Santé.

Jusqu'à présent, la cacophonie a régné au sein de l'Union européenne sur ce sujet. Lundi, la commissaire à la Santé Androulla Vassiliou jugeait à titre "personnel" qu'il valait mieux éviter les déplacements non indispensables vers les zones affectées par le virus, notamment le Mexique et le sud des Etats-Unis. Mardi, la Commission européenne, par la voix de cette même Androulla Vassiliou, a annoncé qu'il était "prématuré" de limiter ces déplacements.

Pourtant, depuis le début de la semaine, nombre de pays ont "déconseillé" les déplacements au Mexique : Japon, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Espagne, Autriche, Australie, Hong Kong, Canada, Italie, Pays-Bas, Israël...

De son côté, l'OMS a averti du peu d'effet qu'aura ce type de mesures en raison des progrès déjà réalisés par le virus. Dès lundi, l'Organisation mondiale de la santé avertissait que plus aucune région du monde n'était à l'abri, puisque "le virus s'était déjà propagé" sur la planète.

C'est également la position défendue par la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, qui s'est prononcée mercredi contre la fermeture de la frontière avec le Mexique comme le demandent certains parlementaires inquiets. "Fermer la frontière ne serait que d'un intérêt très marginal", a déclaré Janet Napolitano qui s'exprimait au Congrès devant la commission de la sécurité intérieure du Sénat. "A l'inverse, cela entraînerait des coûts très élevés". "La souche du virus qui a été découverte en premier au Mexique est déjà présente aux Etats-Unis et il n'y aucun moyen réaliste d'endiguer le virus en fermant les frontières", a-t-elle observé.

Les voyagistes préfèrent annuler les vols vers le Mexique

Dès mardi, les voyagistes français ont décidé mardi de "suspendre tous les départs pour le Mexique", selon un communiqué commun de l'association des tours-opérateurs (Ceto) et du Syndicat national des agents de voyage (Snav).

Le canadien Air Transat, l'un des premiers voyagistes du monde, a lui aussi annoncé mardi la suspension de ses vols au départ du Canada et de la France vers le Mexique jusqu'à la fin mai, tout en maintenant ses vols de retour jusqu'au 3 mai.

Pour sa part, le premier voyagiste allemand, TUI, a indiqué lundi que les voyages à destination directe de la capitale mexicaine étaient annulés. Il aussi précisé que Mexico ne serait plus incluse dans les circuits des voyages itinérants. Il a décidé d'offrir jusqu'au 4 mai inclus à tous les voyageurs en partance pour le Mexique des changements de destination.

Les voyagistes britanniques Thomas Cook et Thomson ont également annoncé l'annulation de leurs vols vers le Mexique au départ de la Grande-Bretagne, après le conseil donné lundi par le Foreign Office de limiter strictement les déplacements vers ce pays.

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Et si c'était nous qui avions emmené notre virus en allant passer nos vacances au Mexique? est ce vraiment impossible?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
oui il faut fermer les frontiéres et vite!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Dernière nouvelle, un avion s'est écrasé sur la Défense (non pas la mienne), le pilote Zorro a oublié de mettre son masque . ATCHOUM ! et BOUM ...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Rappelons-nous: en 1938, Orson Welles avait semé la panique aux Etats-Unis en faisant croire aux auditeurs de la radio que les Martiens avaient débarqué sur la terre. La psychose est-elle le fait de ceux que l'on informe ou de ceux qui les informent ? Il en va de la propagation des peurs comme de celle des épidémies, mais les premières sont parfois plus pernicieuses que les secondes. Les gros titres de la presse quotidienne de la semaine dernière étaient éloquents : on n'éternuait pas encore dans les chaumières, mais il fallait déjà prendre des dispositions testamentaires !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :