Bernanke vole au secours du dollar

Le président de la Fed s'exprimait ce mercredi devant le Congrès. Il a évoqué l'éventualité d'une hausse des taux d'intérêt et défendu la solidité de la monnaie américaine et son rôle prééminent de monnaie mondiale de réserve.

Si le dollar a un repris du poil de la bête ce mercredi, repassant de 1,43 dollar, son plus haut de l'année, pour un euro à 1,42, c'est certes en raison de mauvais chiffres de la zone euro en matière d'activité mais celle-ci a aussi connu une amélioration dans le secteur des services. Alors que côté américain, les chiffres dans les services, les commandes à l'industrie ou l'emploi dans le secteur privé se sont révélé inférieurs aux attentes.

Une des raisons de ce rebond du billet vert peut être trouvé dans les propos de Ben Bernanke , le président de la Réserve fédérale américaine, la Fed, lors de sa traditionnelle audition devant la Commission du Budget de la Chambre des représentants. Il a indiqué que la fin de la récession se rapprochait et répété sa prévision d'un retour de la croissance aux Etats-Unis dès cette année, soulignant l'amélioration de la situation dans l'immobilier et misant sur l'effet positif des plans de relance sur la consommation.

Il a également surpris en évoquant un éventuel relèvement de ses taux d'intérêt. Il a aussi évoqué la Fed pourrait vendre des actifs inscrits à son bilan tout en soulignant que cette éventualité ne figurait parmi les pistes privilégiées en vue de la définition d'une stratégie de sortie de crise, répondant à des critiques assez rares de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Il a également écarté le risque de déflation tout en minorant celui d'un fort rebond de l'inflation. "Ce que nous pouvons dire de mieux, avec toutes les incertitudes attachées à la prévision, c'est que nous ne voyons pas de risque d'inflation à court terme".

Surtout, il a montré qu'il prenait très au sérieux le problème de l'augmentation de la dette américaine qui se traduit par une hausse des taux d'intérêt à long terme. Il a incité les responsables politiques à  trouver les moyens de réduire les déficits. Pour lui, l'Etat ne pourra "pas emprunter indéfiniment" au rythme actuel pour financer le déficit public. Mais en attendant, il estime qu'il n'y a aucun risque pour que le dollar perde son statut de monnaie mondiale de référence.

Le secrétaire (ministre) au Trésor américain Timothy Geithner vient de se rendre en Chine où il a défendu la solidité de l'économie américaine et de sa monnaie afin de rassurer les Chinois, premiers investisseurs étrangers en obligations d'Etat américaines avec quelque 750 milliards de dollars dans leur escarcelle. Des Chinois qui ne veulent pas que Washington tente d'éponger ses déficits abyssaux avec de l'inflation qui ferait ainsi perdre de la valeur aux avoirs en dollars. D'où la tentation de Pékin de dépenser ses billets verts en achetant d'autres actifs comme les matières premières.

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Commentaire 1
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Ben voyons, la solidité de l"économie américaine...On croirait entendre Bush "l'économie est solide" ou encore Friedman (on ne l'entend plus d'ailleurs). Les US sont en faillite et impriment de la monnaie de Monopoly. Sauf que les Chinois veulent plu...

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