Tensions en Iran : Washington compte sur Twitter

Un responsable du département d'État a révélé mardi que la Maison Blanche a demandé au site de micro-blogs twitter le report d'une opération de maintenance qui aurait entraîné un dysfonctionnement du système, empêchant les opposants iraniens de continuer à l'utiliser.

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Comment se tenir informé des tensions actuelles en Iran alors que Téhéran a bloqué les grands sites Internet et empêchent les journalistes occidentaux de faire leur travail ? La réponse de Washington tient en un mot : Twitter". C'est pour appeler à la résistance et diffuser des informations sur les affrontements avec la police que les manifestants iraniens, contestant le résultat du scrutin présidentiel, ont eu recours à ce site de micro-blogging, qui permet d'envoyer de très courts messages (140 signes maximum).

Problème : Twitter envisageait ces jours-ci une opération de maintenance qui aurait pu perturber ponctuellement son fonctionnement. Inacceptable pour la Maison Blanche qui veut pouvoir continuer à suivre la situation à Téhéran et permettre à la population de s'exprimer. Du coup, un responsable du département d'État a révélé mardi que la Maison Blanche a demandé à Twitter le report de cette opération de maintenance. Preuve s'il en est de l'importance grandissante de ce site.

C'est ce week-end que le ministère américain des Affaires étrangères est entré en contact avec les responsables du site de socialisation pour "leur faire remarquer qu'il (Twitter) s'agissait d'un important moyen de communication, pas pour nous, mais en Iran même", a déclaré anonymement ce responsable. Le cofondateur de twitter, Biz Stone, a confirmé que la fermeture du site avait été reportée, mais sans mentionner une éventuelle intervention du département d'État.

Alors qu'il s'exprimait à New-York lors d'une conférence consacrée au service de micro-blogs, Jack Dorsey, un autre cofondateur du site a expliqué que l'utilisation de twitter ces derniers jours en Iran était "ahurissante". Sans non plus faire référence aux autorités américaines, il a ajouté que le report avait été décidé pour ne pas interrompre les échanges d'informations sur "ce qui se passe en Iran".

Une question technique se pose : comment Twitter a t-il pu continuer à fonctionner en Iran alors que les mollahs ont réussi à bloquer tous les autres grands sites d'échanges d'information (Facebook, Myspace...). Pour Jonathan Zittrain, spécialiste du droit sur Internet et professeur à Harvard : "twitter n'est pas un site lambda. Plus que les autres, il bénéficie de plusieurs points d'entrée et de sortie". En effet, les internautes peuvent se connecter à Twitter en passant par le site internet ou directement par l'interface de programmation (5API) ou des outils connexes sur ordinateur (twitterfall, Ping...) ou téléphone portable ( twibble, tweetie...).

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Commentaire 1
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Pendant que tout le monde se félicite que les opposants iraniens (et chinois, ?) échappent à la censure de leurs gouvernements grâce à Internet, Ane banale continue à essayer de limiter les libertés en France, sous prétexte de quelques sous pour les ...

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