L'économie américaine s'est contractée de 1% au deuxième trimestre

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Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a reculé moins que prévu au deuxième trimestre, avec une baisse de 1%. C'est beaucoup moins que la contraction enregistrée au premier trimestre, révisée à -6,4%, et moins que ce que craignaient les économistes.

Bonne surprise pour la croissance américaine au deuxième trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a baissé de 1% en rythme annuel d'avril à juin, soit moins que ce que craignaient les économistes. Le consensus Reuters tablait en effet sur une baisse de 1,5% du PIB.

Ce chiffre marque aussi un net ralentissement de la dégradation de la conjoncture par rapport au premier trimestre. D'autant plus que le département du Commerce a révisé en forte baisse le chiffre du PIB pour les trois premiers mois de l'année, finalement de -6,4% contre une première estimation de -5,5%. Il s'agit du plus fort recul de l'activité enregistré depuis 1982.

D'après les chiffres du département du Commerce, la contraction moins forte que prévu du deuxième trimestre s'explique pour partie par l'atténuation de la baisse des investissements dans les entreprises et l'immobilier. Reste que l'économie américaine s'est contractée pour le quatrième trimestre consécutif. C'est la première fois que les Etats-Unis connaissent une telle série de quatre trimestres de contraction depuis que sont établis ces chiffres, soit depuis 1947.

Faiblesse de la consommation et PIB 2008 révisé en forte baisse

Dans le détail des chiffres du PIB, le signal est plutôt mauvais pour la consommation des ménages. Les dépenses de consommation, premier moteur de l'activité économique, ont reculé de 1,2% au deuxième trimestre, alors qu'elles progressaient au premier trimestre (+0,6%). Les Américains ont nettement freiné leurs dépenses face à la montée du chômage et privilégient désormais leur désendettement. Leur taux d'épargne, à 5,2%, est ainsi au plus haut depuis le troisième trimestre 1998.

Il faut noter par ailleurs que le département du Commerce a procédé à une ample révision des chiffres du PIB depuis 1929, en incluant plus de données dans sa méthode de calcul. Résultat : le chiffre de croissance pour l'année 2008 a été ainsi abaissé à 0,4%, contre 1,1% précédemment estimé.

Tous ces derniers élements viennent ainsi assombrir auprès des marchés le relatif bon chiffre de -1% du PIB du deuxième trimestre.

Pour l'avenir, la majorité des économistes, et les autorités américaines, estiment qu'au second semestre les Etats-Unis reviendront à la croissance, même si elle doit être modeste dans un premier temps. Jeudi soir, le président Barack Obama anticipait déjà une amélioration de la conjoncture pour le deuxième trimestre. "Si vous prenez le consensus qui se dégage chez les économistes actuellement, il confirme que nous avons vu un ralentissement significatif de la contraction au cours des derniers mois", a-t-il déclaré lors d'une apparition devant la presse à l'occasion d'entretiens avec son homologue des Philippines, Gloria Arroyo.

"Nous nous trouvions dans une position où nous pouvions aller à une grande dépression. Je crois que ces craintes se sont atténuées". Barack Obama a souligné que le système bancaire, le crédit, les marchés financiers en général, s'étaient stabilisés. "On ne voit plus l'énorme volatilité ou la panique que l'on voyait", estimant que "tout cela est le signe que nous nous sommes éloignés du précipice".

"Mais je soupçonne que les chiffres du PIB vont montrer que l'économie s'est contractée au deuxième trimestre, que les pertes d'emplois continuent à être un énorme problème", a-t-il néanmoins indiqué. "Nous ne nous reposerons pas tant que nous n'aurons pas vu, non pas simplement une amélioration technique du PIB, mais tant que les perspectives d'emploi, les revenus du peuple américain n'auront pas rebondi. Et cela prendra un certain temps", a estimé le président.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Une contraction de 1% du PIB avec 1000 miliards de dollars de renflouement, c'est minable et inquiétant car en fait, il s'agit d'un monocoup, il n'y a pas de deuxième en réserve.

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