L'Eurogroupe échoue à trouver une position commune sur les déficits publics

 |   |  648  mots
Faute d'un accord entre eux à ce stade, les pays de l'Eurogroupe ont décidé ce jeudi de remettre au mois de novembre l'exercice consistant à fixer une date pour commencer à réduire les déficits publics.

Réunis à Göteborg ce jeudi en prélude à un conseil Ecofin informel, les ministres des Finances des seize pays de la zone euro n'ont pu que constater leurs divisions et ont jugé plus sage d'attendre que soient publiées, le 3 novembre, les prévisions économiques d'automne de la Commission européenne pour réouvrir le dossier délicat de la réduction des déficits publics.

"Nous devons nous préparer et surveiller la position dans laquelle se trouvent nos économies mais la Commission publiera des prévisions pour l'année 2011 le 3 novembre et ce sera le moment d'en décider", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia. "Mettre en oeuvre les stratégies de sortie n'est pas la même chose que d'en discuter et elles ne devront pas se matérialiser jusqu'à ce que la reprise soit plus ferme", selon lui.

Ses services avaient pourtant préparé pour l'occasion un document appelant les Vingt-Sept à s'engager sur la date de 2011, mais comme le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, il a dû battre en retraite. Le Premier ministre luxembourgeois a cependant prévenu jeudi que si l'Europe voulait retrouver son potentiel de croissance de 2% par an d'avant la crise, elle n'aurait d'autre choix que de s'engager fortement sur la voie de la réduction des déficits et des réformes structurelles à l'horizon 2011. "Si la situation devait s'améliorer de façon telle qu'en 2011 la reprise soit d'avantage raffermie, les stratégies qui ont été préparées aujourd'hui pourront alors être mises en oeuvre", selon lui.

"Nous pensons que ces stratégies de sortie doivent se conjuguer avec des programmes structurels ayant pour finalité de renforcer le potentiel de croissance de la zone euro (...) Nous estimons tous que les corrections budgétaires qui doivent être opérées doivent dépasser, en terme d'asainissement structurel, 0,5% du PIB", a-t-il encore précisé.

Si les membres de la zone euro, et plus largement les Vingt-Sept, s'entendent sur ce programme indicatif, ils sont en revanche divisés sur la nécessité de le mettre en oeuvre à une date simultanée et d'annoncer celle-ci dès maintenant. Le ministre belge des Finances Didier Reynders, se faisant l'écho d'une position partagée par une majorité de pays d'Europe de l'Est et du Nord, a ainsi insisté sur le fait qu'il "sera temps au début de 2011 de revenir vers des budgets équilibrés".

Face à lui, Portugais et Autrichiens ont souligné que la diversité des situations dans lesquelles se trouvaient les pays de l'UE impliquait des réponses individuelles à cette question.

La réunion de Göteborg a également été l'occasion pour les Etats partageant la monnaie unique d'un large échange de vue avec le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, sur les conclusions du G20, les stratégies de sortie des plans de relance et la politique monétaire. Ce dernier a d'ailleurs rappelé qu'il était important que les mesures de soutien à l'activité soient retirées dès que la reprise sera solidement ancrée. "Il est important d'effectuer ce retrait dès que possible. C'est un point essentiel pour la reprise elle-même (...) De mon point de vue, cela doit intervenir au plus tard en 2011", a-t-il déclaré à la presse.

Interrogé sur une éventuelle coordination des politiques budgétaire et monétaire pour favoriser une sortie de crise, il a indiqué que les règles strictes de cloisonnement entre la BCE d'une part et les gouvernement nationaux et l'Eurogroupe d'autre part n'étaient pas modifiées par les circonstances. "Les choses sont claires, la communication entre nous est permanente. Lorsque nous prenons nos décisions (de politique monétaire), nous prenons toutes les informations disponibles mais il n'y a pas de coordination ex-ante. Ce n'est pas en ligne avec le traité de Maastricht", selon lui.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Vive l'europe ^^

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :