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ÉconomieInternational

L'Islande placée sous surveillance négative par Standard and Poor's

latribune.fr

Publié le 06 janvier 2010 à 11:13

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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L'agence de notation Standard & Poor's vient d'annoncer qu'elle avait placé l'Islande sous surveillance négative. Fitch a déjà dégradé la note de dette à long terme du pays après que le président islandais a déclaré ne pas promulguer la loi sur le remboursement des clients étrangers de la banque Icesave.

Standard & Poor's sanctionne l'Islande. L'agence de notation a placé sous surveillance négative la note souveraine de l'Islande. Elle a maintenu sa note dans la catégorie BBB mais elle a précisé que cette note pourrait être revue à la baisse "d'un ou deux points" d'ici un mois.

En revanche, l'agence de notation Fitch a déjà dégradé la note de dette à long terme de l'Islande, de BBB- à BB+. "La décision du président islandais de soumettre l'accord Icesave à référendum crée une nouvelle vague d'incertitudes politiques, économiques et financières. Elle représente aussi un revers significatif pour les efforts de l'Islande de restaurer des relations financières normales avec le reste du monde", selon Fitch.

La Commission européenne a même laissé entendre que la décision du président islandais pourrait avoir un impact négatif sur les ambitions du pays d'adhérer à l'Union Européenne. "L'opinion que nous devons rendre (aux Etats de l'UE qui auront le dernier mot) tiendra compte de toutes les considérations pertinentes pour l'évaluation de la capacité de l'Islande à remplir tous les critères d'adhésion, y compris les critères économiques", a déclaré un porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj Tardio.

Le parlement islandais se réunira ce vendredi pour décider d'un éventuel référendum le 20 février.

Retour sur les faits

Le président islandais, Olafur Grimsson a décidé mardi qu'il ne promulguerait pas la loi autorisant le remboursement des près de 4 milliards d'euros perdus par des épargnants britanniques et néerlandais lors de la faillite des principales banques d'Islande en 2008. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni avaient avancé cette somme pour indemniser plus de 300.000 de leurs citoyens lésés par la faillite de la banque Icesave.

Après plusieurs semaines de débats, le parlement islandais avait voté la loi Icesave (du nom de la banque en faillite) dans la nuit du 30 au 31 décembre. Mais face à la vive contestation populaire, près du quart des électeurs islandais ont signé une pétition demandant au chef de l'Etat d'opposer son veto à cette loi, le président a choisi de mettre les Islandais devant leurs responsabilités en soumettant la loi à un référendum. Il rappelle qu'un non lors du vote enterrerait le texte. "Maintenant, la nation a le pouvoir et la responsabilité (sur cette question). J'espère que nous parviendrons ainsi à un accord viable", a déclaré Olafur Grimsson.

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Le texte prévoit le paiement échelonné d'ici à 2024 d'environ 3,8 milliards d'euros, soit l'équivalent de près de 40% du produit intérieur brut annuel de l'île, ruinée par l'effondrement de ses banques en octobre 2008. Nombre de contribuables jugent injuste de devoir payer les erreurs des banques.

Des réactions immédiates

Le gouvernement britannique a immédiatement réagi à la décision de l'Islande. "Nous sommes bien entendu très déçus de la décision du président islandais, mais nous pensons que l'Islande respectera ses engagements", a déclaré un porte-parole du Premier ministre Gordon Brown. "Le Trésor va consulter ses homologues en Islande pour comprendre pourquoi cette loi n'a pas été ratifiée, et nous allons travailler avec eux, les Pays-Bas, et au sein de l'Union Européenne pour résoudre ce problème le plus vite possible", a rajouté un porte-parole du Trésor à l'AFP.

Le secrétaire d'Etat britannique aux Finances, Paul Myners, a même menacé l'Islande de se retrouver isolée au niveau international en cas de rejet de la loi au référendum. "Le peuple islandais, s'il devait arriver à cette conclusion (négative), dirait en réalité que l'Islande ne veut pas faire partie du système financier international, que l'Islande ne veut pas avoir accès au financement multinational, national et bilatéral et ne veux pas être considéré comme un pays sûr, avec lequel faire des affaires".

Les Pays-Bas, dont les épargnants ont également été touchés par la faillite des banques islandaises, se sont déclarés "extrêmement déçus" par la non ratification de la loi. Ils maintiennent que l'Islande doit rembourser cet argent. Mais les Pays-Bas ont aussi souligné qu'il était trop tôt pour décider des mesures à prendre. "Nous allons devoir en parler avec le Royaume-Uni".

Des conséquences importantes

Outre le risque d'isoler l'Islande, la décision du président peut avoir d'autres conséquences. En effet, ce choix est de nature à retarder le déblocage d'un prêt de 1,8 milliard d'euros des pays nordiques, a fait savoir un responsable finlandais.

Le Danemark, la Suède, la Finlande et la Norvège ont signé, en juillet, des accords prévoyants de verser un prêt de 1,78 milliard d'euros à l'Islande. Le versement des tranches doivent être fait en fonction des progrès économiques du pays. "Bien sûr, il est possible que cela retarde (les paiements) dans une certaine mesure", a déclaré Ilkka Kajaste, directeur général adjoint au ministre finlandais des Finances.

Le prêt des pays nordiques s'ajoute à celui de 2,1 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) du Fonds monétaire international (FMI), accordé en novembre 2008. Pour l'instant 1,1 milliard de dollars ont déjà été déboursés en deux tranches, pour secourir l'Islande plombée par la chute de son système financier en octobre 2008.

Le FMI a donc immédiatement annoncé qu'il allait "consulter" ses Etats membres sur la suite qu'il allait donner à ce prêt. "Un accord sur Icesave n'est pas une condition au programme de l'Islande avec le FMI", tant que les Etats membres donnent leur accord au versement des tranches, a rappelé le chef de mission en Islande, Mark Flanagan. Les représentants britannique et néerlandais ne peuvent donc pas bloquer seuls ces versements, mais peuvent le faire si d'autres membres du conseil d'administration s'abstiennent.

latribune.fr

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