Les commandes industrielles japonaises chutent encore

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Les commandes de biens d'équipement du secteur privé au Japon ont chuté de 11,3% en novembre et atteint un niveau historiquement bas. Les marges de manœuvre de la banque centrale japonaise sont limitées pour lutter contre la déflation et le spectre d'un retour à la récession.

Les commandes de biens d'équipement du secteur privé au Japon, hors énergie et chantiers navals, ont chuté de 11,3% en novembre par rapport à octobre et atteint un niveau historiquement bas, a annoncé jeudi le gouvernement. Cette baisse brutale constitue une surprise. Les analystes s'attendaient en moyenne à une hausse de 0,3%. Considérées comme un baromètre fiable des dépenses d'investissement, les commandes d'équipements industriels sont tombées à 625,3 milliards de yens (4,7 milliards d'euros) en novembre, soit leur plus bas niveau depuis que la statistique a commencé à être comptabilisée en 1987.

Un retour de la récession pourrait conduire le gouvernement à faire de nouveau pression sur la Banque du Japon (BoJ) pour qu'elle soutienne la reprise. Cette dernière, lors de sa dernière réunion de politique monétaire, avait évoqué l'éventualité d'assouplir davantage sa politique monétaire pour combattre la déflation.

Les économistes estiment en outre que la déflation devrait se poursuivre même si elle a faibli avec la hausse des cours du pétrole. Les entreprises devraient en effet encore baisser leurs prix pour relancer la demande intérieure, dont la faiblesse joue une part croissante dans cette situation déflationniste.

Comme attendu, les prix de gros, qui mesurent les prix des biens des entreprises, ont chuté de 3,9% sur un an en décembre. "Bien que les exportations et la production industrielle soient en phase de reprise, les entreprises ne sont pas positives sur les investissements parce que le niveau des exportations et de production reste faible", explique Takumi Tsunoda, économiste chez Shinkin Central Bank Research.

Selon l'enquête Tankan publiée par la BoJ en décembre, les gros industriels japonais envisagent de réduire leurs investissements de 28,2%, un record, au cours de l'exercice fiscal qui s'achèvera fin mars. Et certains membres de la BoJ craignent que l'économie se trouve de nouveau en difficulté autour du mois d'avril, en raison de la fin des mesures de relance mises en place par le précédent gouvernement. La seule lueur d'espoir de l'économie est la forte reprise économique de ses voisins asiatiques et notamment la Chine, premier partenaire commercial du Japon.

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