L'aide européenne à la Grèce atteindrait 20 à 25 milliards d'euros

Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, les aides de la zone euro en faveur de la Grèce pourraient atteindre "entre 20 et 25 milliards d'euros" d'après les "premières réflexions du ministère allemand des Finances". Berlin dément. Athènes va bientôt envoyer une lettre à la Commission européenne, pour se justifier sur les montages financiers qui lui ont permis de "maquiller" l'état de ses comptes publics aux yeux de l'Union européenne.
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, les aides de la zone euro en faveur de la Grèce pourraient atteindre "entre 20 et 25 milliards d'euros" d'après les "premières réflexions du ministère allemand des Finances". La part de financement de chaque pays se calculerait en fonction de la part qu'il détient dans le capital de la banque centrale européenne (BCE).


L'Allemagne devrait ainsi contribuer à hauteur de presque 20% de ces aides composées en partie de crédits et de garanties, soit l'équivalent "de quatre à cinq milliards d'euros" souligne Der Spiegel. Berlin a démenti ces informations.

La Grèce a promis de réduire son déficit public de 12,7% du PIB en 2009 à 8,7% en 2010 et moins de 3% en 2012. Elle a annoncé pour cela un vaste programme d'économies, qui sera mis en place sous le contrôle de la Commission voire de la BCE et du Fonds monétaire international (FMI). On prête à Athènes l'intention de lever des fonds sur le marché dans les prochains jours. Mais le Premier ministre, Georges Papandréou,  a déclaré ce dimanche dans un entretien télévisé diffusé par la BBC : "à ce stade, nous n'avons pas besoin d'emprunter, nos besoins d'emprunts sont couverts jusqu'à la mi-mars". Il estime en outre qu'en dépit des manifestations organisées contre les mesures d'austérité prises par son gouvernement, il bénéficie d'un large soutien au sein de la société grecque. "Même s'il y a des mesures d'austérité et si elles sont douloureuses, nous avons pour l'instant un soutien aux mesures d'austérité qui se situe autour de 50 à 60% de la population, et le gouvernement a lui aussi ce soutien". Nous observons aujourd'hui, et je n'ai pas observé cela en dehors des Jeux olympiques de 2004, un sentiment réel d'unité du peuple grec pour vouloir faire changer les choses".
 

Il appelle au soutien des autres pays européens pour renforcer la crédibilité de la Grèce sur les marchés financiers. "Réunissons-nous avec les autorités européennes, la Commission et la Banque centrale européenne, asseyons-nous, étudions les progrès que nous réalisons, comment nous mettons en oeuvre le plan de stabilité et de croissance que nous avons élaboré. Nous tenons les objectifs, nous dépassons les objectifs pour ce qui est des statistiques de janvier, donc nous réussissons. S'il y a besoin de mesures supplémentaires, nous prendrons des mesures supplémentaires, afin de réduire notre déficit de quatre points cette année. Nous sommes prêts à le faire si c'est nécessaire.".

La Grèce devrait par ailleurs bientôt s'expliquer sur les montages bancaires qui lui auraient permis de masquer l'ampleur de sa dette. La Commission européenne avait, en effet, demandé mercredi à Athènes de donner des explications par écrit d'ici vendredi. "Nous allons envoyer cette lettre le plus tôt possible, on va essayer de le faire aujourd'hui vendredi", a déclaré une source ministérielle à l'AFP (Agence France Presse).

Dimanche dernier, le New York Times avait dévoilé que des banques de Wall Street, comme Goldman Sachs, avaient utilisé des instruments financiers complexes pour taire l'ampleur de sa dette. La banque aurait mis en place un "swap de devises" (fait de contracter simultanément un prêt et un emprunt portant sur deux devises différentes et sur des taux fixes ou variables) portant sur 15 milliards de dollars de dette grecque émise en dollars et en yens, selon Bloomberg. Cette opération permet de réduire la dette et de décaler le paiement des intérêts. Un tel montage aurait, entre autres, permis à la Grèce d'emprunter discrètement des milliards d'euros. En effet, le pays respecte les règles édictées par Bruxelles en matière de déficit tout en vivant au-dessus de ses moyens. Selon le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, ces instruments étaient "légaux à l'époque". Une enquête pour vérifier ce qui a été fait sera effectuée par l'institut de statistique européen Eurostat, a déclaré Christine Lagarde, ministre française de l'Economie.

Par ailleurs, Pétros Christodoulou, ancien président de la Banque nationale de Grèce, a été nommé à la tête de l'Organisme de la gestion de la dette publique. Il va remplacer Spyros Papanicolaou, actuel directeur général.

Dans ce climat tendu, les trois-quarts des Grecs veulent la paix sociale jusqu'au dénouement de la crise qui frappe le pays, selon un sondage publié dimanche dans le journal grec Ethnos. 75,6% d'un échantillon de 1.400 personnes, représentatif de la population grecque, souhaitent la paix sociale, contre 19,6% de sondés qui se prononcent en faveur de "mobilisations massives et de grèves", selon un sondage de l'institut Marc, réalisé du 16 au 18 février. Il intervient trois jours avant une grève nationale de 24 heures organisée par les grandes centrales syndicales du pays pour s'opposer à la politique d'austérité décidée par le gouvernement socialiste pour sortir de la crise.
 

Plus de 57% des sondés estiment que les mesures fiscales et salariales du gouvernement "vont dans le bon sens", mais 75,2% pensent que ces mesures ont été décidées avec "un retard injustifié". La majorité (51,3%) affirme que "les mesures prises par le gouvernement et la mise sous tutelle du pays par l'Union européenne peuvent sortir la Grèce de la crise".

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Commentaires 2
à écrit le 21/02/2010 à 15:06
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Je suggère aux responsables grecs, s'ils obtiennent satisfaction, de reprendre la vieille formule anglaise "remerçions Dieu d'avoir créé les imbéciles, car sans eux nous ne serions pas ce que nous sommes" Qui peut réellement croire que ce pays sera ...

à écrit le 21/02/2010 à 8:00
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si l'euro ne vaut plus rien que faire de nos placements financiers assurance vie euros, les enlever et ou les placer ?

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