Remboursement de l'affaire Icesave : le référendum islandais de la colère

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Victime de la crise financière, la banque islandaise Icesave en ligne a fait faillite fin 2008. Ses clients du Royaume-Uni et des Pays-Bas ont perdu au total 3,5 milliards d'euros, que leurs gouvernements leur ont remboursés. Londres et Amsterdam souhaitent que Reykjavik leur reversent ce montant. Les Islandais trouvent leur demande trop contraignante. Ils doivent s'exprimer ce samedi dans un référendum.

La tenue d'un référendum samedi sur le plan de remboursement de 3,5 milliards d'euros de dettes de la banque en ligne Icesave est inévitable, a estimé jeudi le ministre islandais des Finances. Un nouvel accord pourrait toutefois être conclu rapidement avec les créanciers britanniques et néerlandais, a-t-il indiqué. "Le temps imparti est écoulé", a déclaré le ministre des Finances Steingrimur Sigfusson au parlement. "Techniquement, le référendum pourrait être annulé d'ici à vendredi soir, mais il n'y a pas de projets en ce sens".

Victime de la crise financière, la banque islandaise en ligne a fait faillite fin 2008. Ses clients du Royaume-Uni et des Pays-Bas, vers lesquels ses opérations étaient tournées, ont perdu au total 3,5 milliards d'euros, que leurs gouvernements leur ont remboursés. Londres et Amsterdam souhaitent que Reykjavik leur reversent ce montant.

Les trois pays étaient parvenus à un accord l'an dernier sur les modalités de remboursement. Un projet de loi prévoyant que l'Etat islandais se porte garant des dettes d'Icesave et rembourse l'argent a été approuvé par le parlement. Mais le chef de l'Etat a refusé de le promulguer, ce qui a imposé la tenue d'un référendum sur le sujet.

Les autorités islandaises espéraient aboutir à un nouvel accord pour éviter la consultation, qui, selon les sondages, devrait se solder par la victoire du "non". Les Islandais jugent le plan de remboursement injuste et mettent en cause l'attitude de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas.

Le ministre islandais de l'Economie, Gylfi Magnusson, a pour sa part, dénoncé l'attitude du Fonds monétaire international (FMI), qui a suspendu son aide jusqu'au règlement de l'affaire.

DÉGRADATION ÉCONOMIQUE

"Il était complètement injustifié de suspendre le programme d'aide du FMI en raison du débat sur Icesave, ces choses doivent être considérées séparément", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Les gens ne regardent pas seulement le projet de loi sur Icesave, son coût et les alternatives éventuelles. Ils regardent le processus de cet accord. S'ils estiment qu'il est injuste ou que nous négocions sous la contrainte, alors ils ne se satisferont jamais des résultats".

Londres et Amsterdam ont fait de nouvelles propositions mais Reykjavik continue de demander davantage, prenant le risque de se retrouver isolée sur les marchés financiers.

Le gouverneur adjoint de la banque centrale islandaise, Arnor Sighvatsson, a indiqué que même en cas de rejet du texte lors du référendum, un nouvel accord serait trouvé.

"Ce n'est pas la fin du monde. Cela signifie que les négociateurs doivent se dépêcher de trouver un accord avant le référendum mais ça ne change pas les fondamentaux".

Magnusson a indiqué que seule une solution dans le dossier Icesave et le retour de l'aide pourrait freiner la dégradation de la situation économique du pays.

Le gouvernement de centre-gauche prévoit une contraction de l'économie de 2 à 3% cette année après un plongeon de 7% en 2009 sur fond de chômage et de faillites.

"Un report de plusieurs mois pourrait porter la contraction à 5% en 2010", a-t-il prévenu lors d'une conférence de presse.

L'Islande a besoin de 4,5 milliards de dollars d'aide pour financer son programme de redressement économique, faute de quoi elle pourrait être confrontée à des problèmes de remboursement de ses dettes.

"L'Islande n'a jamais fait défaut à ses créanciers et ne le fera jamais", a toutefois assuré Sighvatsson.

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Commentaires
a écrit le 05/03/2010 à 16:39 :
Les banques d'affaires sont beaucoup trop chouchoutées et les bourses de Valeurs ne remplissent plus les fonctions pour lesquelles elles ont été créées. Il est plus que temps de dissocier les activités des banques d'affaires de celles des banques de dépôts et d'empécher les premières d'acquérir une taille critique obligeant les Etats à intervenir. Il n'est pas du tout sur que la faillite de une ou deux "grandes banquesaméricaines " n'aurait pas été plus salutaire pour l'activité et l'économie que les soutiens d'Etat qu'elles ont obligés les citoyens à leur accorder
a écrit le 05/03/2010 à 16:34 :
Les banques sont beaucoup trop chouchoutées par les gouvernements/. Les spéculateurs semblent avoir tous les droits. Il est plus que temps de dissocier les activités des banques d'affaires des ba
a écrit le 05/03/2010 à 8:20 :
Que l'Islande rembourse à concurrence du montant de garantie de 21.000 euros par compte me parait normal, par contre je ne vois pas pourquoi ils devraient rembourser plus. Les gouvernements Anglais et Holandais ont mis la man à la poche pour complèter, c'est leur probleme, tant pis pour les épargants qui se sont pris pour des spéculateurs. Bizarrement, pour Madoff on ne demande pas au gouvernement US de rembourser ...

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