La Bulgarie repousse la perspective de son adhésion à la zone euro

 |   |  446  mots
Le Premier ministre bulgare vient de révéler que le déficit public de son pays avait atteint 3,7% du PIB en 2009, au lieu de 1,9% initialement estimé, en raison de pratiques budgétaires douteuses du précédent gouvernement. Du coup, Sofia repousse la perspective de son adhésion à la zone euro.

La Bulgarie serait-elle frappée par le syndrôme grec ? Le gouvernement bulgare a en tout cas renoncé à présenter une demande d'adhésion au mécanisme de changes ERM-2, souvent présenté comme l'antichambre de l'euro, en raison d'un déficit 2009 plus important que prévu, a annoncé ce vendredi le Premier ministre. Boïko Borissov, dont le gouvernement de centre-droit est arrivé au pouvoir en juillet, reproche à ses prédécesseurs socialistes d'avoir signé des dizaines de contrats qui n'ont pas été budgétisés. Cela, ajoute-t-il, se traduit par un déficit de 3,7% du PIB au lieu de 1,9% à l'origine.

"Nous avons de fait menti à nos collègues (de l'Union européenne) sur notre capacité à entrer dans la zone euro car nous n'avions aucune connaissance de ce piège", a commenté Boïko Borissov. 

Cette annonce rappelle celle de la Grèce, qui avait fait état en octobre d'un déficit de 12,5% de son PIB, soit plus du double des prévisions précédentes. Cet écart avait en partie été imputé à des dépenses qui avaient été omises dans les statistiques officielles. Il est cependant peu probable que la Bulgarie rencontre les mêmes difficultés que la Grèce. Son ratio d'endettement est en effet de 16%, parmi les plus bas de l'Union européenne, et ses finances sont relativement saines grâce à plusieurs années d'excédents budgétaires.

Le ministre bulgare des Finances, Simeon Djankov, a assuré que des mesures seraient mises en place cette année pour maintenir le déficit en-dessous des 3% du PIB requis par l'Union européenne. Il n'a pas précisé quand la Bulgarie relancerait son adhésion à l'ERM-2. Il a aussi déclaré que le déficit plus élevé que prévu ne constituait pas un risque pour le lien entre le lev et l'euro, ni pour le système bancaire du pays.

Le gouvernement de Sofia envisageait initialement de maintenir le déficit public en dessous de 2% du PIB cette année, soit l'un des taux les plus bas de l'Union européenne, afin d'accroître les chances d'adhésion de la Bulgarie au mécanisme ERM-2.

Des enquêtes ont été ouvertes, concernant d'anciens ministres et d'autres responsables bulgares, pour déterminer si la signature de plus de 150 contrats, dans des secteurs aussi variés que la construction ou les ventes d'armes, peuvent être considérés comme des abus de pouvoir. La facture pour l'ensemble de ces accords s'élèverait à 2,16 milliards de levs (1,11 milliard d'euros).

Le Premier ministre a prévenu que si tous les paiements devaient être effectués cette année, le déficit pourrait grimper à 6% ou 7% du PIB.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :