La reprise économique mondiale sur le bon chemin, selon le FMI

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Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement relevé ce mercredi sa prévision de croissance mondiale, à 4,2% en 2010. Les disparités seront flagrantes: 1% de croissance prévu en zone euro, 10% en Chine.

Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement relevé ce mercredi sa prévision de croissance mondiale, à 4,2% en 2010, contre 3,9% en janvier, estimant que "la reprise a évolué mieux que prévu", dans son rapport de printemps sur les perspectives économiques mondiales.

La croissance devrait être plus lente en Europe (1% dans la zone euro, 1,3% au Royaume-Uni) et au Japon (1,9%). Elle devrait être plus élevée en revanche aux Etats-Unis (3,1%). Mais elle devrait surtout être tirée par les pays émergents et en développement (6,3%), l'Asie en tête (8,7%, dont 10% pour la Chine).

Zone euro : une reprise modeste, inquiétée par la crise grecque

Pas d'optimisme excessif concernant la zone euro. Le FMI maintient pour la zone sa prévision de croissance à 1% en 2010, tout en soulignant la fragilité de la reprise face au risque de la crise budgétaire grecque et ses éventuels effets de contagion. Et pour 2011, la croissance continuera sur un pied modeste, à 1,5% du PIB, prédit le FMI. En janvier, il l'avait estimée à 1,6%.

Les différences sont marquées entre les Etats. La Grèce, l'Irlande ou l'Espagne vont rester en récession cette année, tandis que les autres sont engagés sur la voie de la reprise même si elle s'avère laborieuse. En Allemagne (+1,2% prévu en 2010) et en France (+1,5%), la relance est ainsi limitée par les excès des capacités industrielles, qui affectent les investissements, les restrictions d'accès au crédit et une consommation des ménages morose sur fond de chômage élevé.

Le FMI insiste aussi sur la nécessité d'assainir les finances publiques, et ce "dès maintenant" pour la Grèce, l'Espagne, l'Irlande et le Portugal, même si cela doit freiner dans un premier temps les chances de reprise économique dans ces régions.  Les autres Etats pourront continuer à puiser dans leur budget cette année pour mettre en oeuvre leur programme de soutien à l'économie,  mais vont devoir "entreprendre un rééquilibrage budgétaire substantiel en 2011".

Au-delà des rééquilibrages budgétaires, l'autre grand défi pour la zone euro consiste à poursuivre la réforme du secteur financier, essentielle pour l'activité de crédit et par ricochet pour la croissance. Les banques doivent assainir leur bilan, mieux couvrir leurs risques, et réévaluer leur mode de fonctionnement. Le FMI estime également que les mesures d'urgence de Banque centrale européenne devront être progressivement retirées, une démarche déjà entamée par la BCE, afin que l'abondance de liquidités ne conduisent pas à l'émergence de nouvelles bulles spéculatives portant en germe la prochaine crise.

Japon : faible croissance et déflation

La prévision de la croissance du Japon a été légèrement relevée à +1,9% au lieu de +1,7%, mais le FMI s'est alerté de la fragilité de la reprise dans le pays et de la persistance de la déflation. Cette dernière, réapparue au Japon l'an dernier, se poursuivra pendant encore au moins deux ans, avec une chute des prix à la consommation attendue à -1,4% en 2010 et à -0,5% en 2011, après -1,4% en 2009.

Les Etats-Unis, nouvelle patrie de l'Etat providence...

Le FMI a relevé sa prévision de croissance pour les États-Unis à 3,1% en 2010: c'est 0,4 point de plus que ce qu'il prévoyait en janvier. Toutefois, le fonds a jugé que la reprise en cours était tirée par les efforts de relance du gouvernement, la demande privée restant "faible".

En conséquence, le FMI mise sur un ralentissement de la croissance avec la diminution progressive des efforts de relance du gouvernement, et annonce une croissance de 2,6% seulement en 2011. Dans le même temps, la faiblesse du marché du travail et de celui du logement pourraient justifier des mesures de soutien supplémentaires du gouvernement, qui pourraient être limitées étant donné les "perspectives budgétaires décourageantes" du pays, selon le FMI.

La Chine : une croissance à deux chiffres, mais une monnaie sous-évaluée

Le FMI a jugé sans ambiguïté ce mercredi qu'il était "essentiel" pour la Chine de laisser sa monnaie s'apprécier, tout en prévoyant deux nouvelles années de forte croissance pour la troisième économie mondiale en 2010 (10%) et 2011 (9,9%).

Une réévaluation monétaire permettrait au pays de faire face aux "pressions excessives de la demande", affirme le FMI en se référant à la menace d'un retour de l'inflation. "Un plus grand ajustement monétaire en Asie faciliterait l'ajustement dans les autres économies émergentes qui peuvent craindre de perdre des parts de marché si leurs monnaies sont les seuls à s'apprécier", estime l'organisation.

La Chine, devenue premier exportateur mondial, maintient sa monnaie, le yuan ou renminbi, arrimée au dollar, depuis juillet 2008,  à 6,8 yuan pour un dollar, afin de soutenir son secteur manufacturier durement frappé par la crise.

 

Le tour des prévisions du FMI par pays pour 2010

Pays développés +2,3%
États-Unis +3,1%
Japon +1,9%
Zone euro +1,0%
Allemagne +1,2%
France +1,5%
Italie +0,8%
Espagne -0,4%
Grande-Bretagne +1,3%
Canada +3,1%

Pays en développement et économies émergentes +6,3%
Afrique +4,7%
Asie en développement +8,7%
Chine +10%
Inde +8,8%
Amérique latine +4,0%
Brésil +5,5%
Mexique +4,2%
Moyen-Orient et Afrique du Nord +4,5%
Europe centrale et orientale +2,8%
Russie +4%

Les prévisions de taux de chômage pour 2010 :
États-Unis 9,4%
Japon 5,1%
Zone euro 10,5% 1
Allemagne 8,6%
France 10,0%
Grande-Bretagne 8,3%

Les prévisions d'inflation (prix à la consommation)
Pays développés +1,5%
Pays en développement et économies émergentes +6,2%

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Commentaires
a écrit le 21/04/2010 à 15:40 :
Comme s'il y avait eu une reprise économique ! Peut être dans les pays émergents, oui, mais pour les pays occidentaux, rien ne va plus. Tous courent à leur perte en continuant de tenter de relancer la machine à grands renforts d'emprunts qui ne font que les enfoncer davantage encore dans les abîmes sans fond de la dette.

On a vu que la chute des Etats a commencé avec la Grèce (elle va faire défaut, ce n'est plus qu'une question de temps), on ne sait pas avec quel autre pays cela se terminera. Une chose est sûre, la crise est loin mais alors très loin d'être terminée et la reprise n'est plus qu'un mot sans fondement dans la bouche des experts du FMI ou des gouvernements occidentaux qui n'ont d'autre choix que celui de la rigueur budgétaire.

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