Crise grecque : Strauss-Kahn souhaite "réussir à éviter la contagion"

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La crise financière que traverse la Grèce comporte un risque de contagion en soi mais il est peu vraisemblable qu'il concerne la France ou l'Allemagne, estime dans Le Parisien Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

"Il y a toujours des risques", répond Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), à la question de savoir s'il existe un risque de contagion de la crise grecque en Europe, lors d'un entretien publié ce mercredi par Le Parisien. Mais "il n'y a pas de risque réel pour la France, ni pour l'Allemagne ou les grands pays européens", ajoute-t-il.

Alors que la crainte d'une extension de la crise grecque à l'Espagne et au Portugal fait chuter l'euro, Dominique Strauss-Kahn souligne la nécessité de "réussir à éviter la contagion" en Europe. "Le plan grec a été dimensionné aussi pour cela. Il faut cependant que chacun reste extrêmement vigilant", ajoute l'ancien ministre français de l'Economie, très présent dans les médias français en ce moment.

Dominique Strauss-Kahn a par ailleurs déclaré comprendre l'émotion de l'opinion grecque face aux sacrifices demandés. "Je comprends tout à fait la colère de la population grecque, son incompréhension devant l'ampleur de la catastrophe éconnomique, je mesure les sacrifices qui sont nécessaires". "Mais il faut qu'ils comprennent que les Européens et le FMI viennent là pour les aider, à la demande de leur gouvernement", ajoute-t-il. "S'ils ne le faisaient pas, la situation serait infiniment plus dramatique encore".

Le directeur du FMI estime que les Européens auraient pu prêter de l'argent à un taux plus intéressant pour la Grèce. "Je trouve en effet que le taux auquel les Européens prêtent aurait pu être égal à celui du FMI qui est plus faible d'un demi-point", dit-il. "Je pense qu'on aurait pu faire un effort plus grand car moins on prête cher, mieux on aide les Grecs".

L'éventualité d'une sortie de la Grèce, ou de tout autre pays, de la zone euro est en outre impensable pour Dominique Strauss-Kahn car "cela pourrait être la fin de l'euro", affirme-t-il. Mais, pour assurer la stabilité de la zone euro, il faut assurer "une meilleure coordination des politiques économiques". "On voit aujourd'hui l'urgente nécessité de ce fameux gouvernement économique que beaucoup réclament et sans lequel l'euro ne sera pas vraiment terminé", explique DSK.

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a écrit le 29/05/2010 à 18:26 :
Moi, non, même en tant que Grecque je réponds clairement : non, je ne comprends pas la colère des Grecs. En tout cas, elle ne doit pas se diriger contre le FMI, ni l?Union Européenne. Les Grecs peuvent être en colère contre les responsables politiques qui les ont mis dans cette situation (les gouvernements grecs précédents), mais une petite introspection, quant à leur propre moralité fiscale, ne leur ferait pas de mal non plus (lire mon article : Crise grecque, qui est responsable ?).

Y avait-il une autre solution pour la Grèce ?

La réponse est clairement non ! Avec une dette de 265 milliards d?euros pour 11 millions d?habitants, soit presque 25.000 euros par tête d?habitant, enfants compris, la Grèce est endettée jusqu?au cou !

Si le pays s?était mis en cessation de paiement, cela aurait certes permis la renégociation de sa dette, mais ceci aurait aussi impliqué sa sortie de la zone euro : dans cette hypothèse, la Grèce aurait subi une dévaluation de sa monnaie d?au moins 30%. Peu demandé sur le marché des devises et dans un contexte d?incertitude économique maximale, la drachme aurait eu beaucoup de mal à se stabiliser. Inutile de vous dire que ceci aurait aggravé considérablement la situation de la Grèce. De plus, dépendante de ses importations, la Grèce ne profiterait nullement d?une dévaluation de sa monnaie pour booster ses exportations, comme cela aurait pu être le cas pour d?autres pays. Si, déjà aujourd?hui, le Gouvernement grec ne sait pas comment faire pour rembourser cette dette immense, je ne vois vraiment pas comment il arriverait à le faire en sortant de la zone euro.

Le plus de dose sociale dans les mesures imposées aux Grecs que certains réclament à tort et à travers, en apportant leur regard franco-français sur la question, est un luxe que la Grèce ne peut pas se payer pour le moment. Même si dans le plan d?austérité présenté par le Gouvernement grec, les fonctionnaires et les retraités sont les premiers nommés à en subir les effets, à terme, ce sera tout le monde qui devra mettre la main à la poche, comme en témoigne l?ensemble du paquet de mesures destinées à la réduction du déficit (réduction des dépenses d?une part, mais aussi augmentation des recettes fiscales d?autre part) dont la presse n?a divulgué qu?une infime partie. Même si le fonctionnement de l?Union Européenne n?est pas parfait, la Grèce a néanmoins pu profiter de son appartenance à l?Union Européenne. La question qu?il faut se poser, ce n?est pas est-ce que tout va bien pour la Grèce maintenant, mais plutôt dans quelle situation aurait été la Grèce aujourd?hui sans l?aide de l?Union Européenne et du FMI ?

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