Régulation financière : Obama met la pression sur le Sénat pour qu'il approuve sa réforme

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
A l'approche des élections de mi-mandat, le président américain s'est érigé ce samedi en défenseur des "gens de la rue" qui souhaitent un renforcement des règles imposées à Wall Street pour éviter que la crise financière de 2008-2009 ne se reproduise. Il demande donc aux sénateurs de voter rapidement la réforme de la régulation financière approuvée en décembre par les représentants

Prenant l'opinion publique à témoin, Barack Obama a demandé ce samedi au Sénat d'adopter sans tarder le projet de réforme de la régulation financière pour "assurer l'avenir économique de l'Amérique". 

Les démocrates et l'opposition républicaine continuent de s'affronter autour d'une série d'amendements, mais le projet de loi pourrait faire l'objet d'un vote du Sénat d'ici à la fin de la semaine prochaine et beaucoup s'attendent à son adoption. "Le projet de réforme en débat au Sénat ne réglera pas tous les problèmes de notre système financier - aucun projet de loi ne le pourrait", a expliqué Barack Obama dans son allocution hebdomadaire à la radio et sur internet. "Mais ce que permettra de réaliser ce projet solide est important et j'exhorte le Sénat à l'adopter au plus tôt, pour que nous puissions assurer l'avenir économique de l'Amérique au XXIe siècle."

A Washington, le climat politique a tourné à l'avantage du projet de législation - qui constituerait le plus important remaniement du système financier américain depuis les années 1930 - et au détriment des groupes de pression qui cherchent à en limiter la portée. Tout en reconnaissant la nécessité d'une réforme, les sénateurs républicains s'efforcent d'atténuer certaines propositions démocrates qu'ils tiennent pour des ingérences gouvernementales dans le secteur privé.

Mais le camp républicain semble de moins en moins enclin à prendre le risque politique de bloquer le processus d'adoption et d'être ensuite accusé de connivence directe avec Wall Street en période préélectorale. L'enjeu n'est pas moins élevé pour Obama. Le taux de chômage frisant les 10% aux Etats-Unis, ses compatriotes s'inquiètent des finances du pays, faisant glisser sa cote de popularité aux alentours de 50% et exposant les démocrates à subir des pertes aux élections de novembre.

Prenant appui sur le mécontentement de l'opinion face aux excès de Wall Street et à leur rôle dans la récente crise financière, Obama a affirmé que la réforme de la régulation contribuerait à "faire cesser les pratiques prédatrices". Selon lui, elle favoriserait les banques locales qui ont respecté les règles et protégerait les petites entreprises contre les risques inconsidérés pris par Wall Street.

"Nous rendrons notre système financier plus transparent en faisant apparaître au grand jour des transactions complexes (...) du type de celles qui ont contribué à déclencher cette crise. Nous empêcherons les banques de prendre des risques de nature à entraîner leur effondrement et à menacer toute notre économie", a-t-il déclaré. "Autrement dit, la réforme de Wall Street apportera une sécurité plus grande aux gens de la rue", a conclu Obama.

La Chambre des représentants a approuvé un projet de réforme financière en décembre. Quel que soit le document issu du Sénat, il faudra le fusionner avec celui de la Chambre pour qu'un projet de loi définitif soit envoyé au président américain et signé par ce dernier, ce qui pourrait intervenir en milieu d'année.

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Commentaires
a écrit le 16/05/2010 à 17:12 :
La réforme de la finance d'Obama, j'aimerais positiver. Mais même si elle passe au sénat ce sera TROP PEU et TROP TARD. Il y a trop longtemps que les pompiers pyromanes jouent avec la dynamite pour éviter l' explosion finale.
a écrit le 16/05/2010 à 10:16 :
Nous n'avons plus les moyens de financer une seconde crise financière qui est déjà en route ! le citoyen américain arrivera-t-il à convaincre le sénat de cette obligation de réformer la finance : pas vraiment le "choix" c'est une question de "survie".... Obama doit y arriver : prions pour lui !

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