Démission du président allemand : nouveau caillou dans la chaussure d'Angela Merkel

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
La démission d'Horst Köhler est un casse-tête de plus pour la chancelière Angela Merkel, qui va devoir lui trouver un successeur, alors qu'elle est déjà confrontée à la crise de l'euro, une popularité déclinante et à un partenaire de coalition libéral peu accommodant.

Horst Köhler a inopinément annoncé sa démission de la présidence allemande à la suite de remous provoqués par ses propos sur l'utilité de l'action militaire de son pays à l'étranger pour ses intérêts économiques. Sa démission est un casse-tête de plus pour la chancelière Angela Merkel, qui va devoir lui trouver un successeur, alors qu'elle est déjà confrontée à la crise de l'euro, une popularité déclinante et à un partenaire de coalition libéral peu accommodant. Köhler, dont la présidence est principalement honorifique mais dont la signature est indispensable pour promulguer les lois, avait été désigné par un collège de grands électeurs en 2004 et réélu à son poste l'an dernier.

Agé de 67 ans, Köhler s'était rendu le 21 mai en Afghanistan - fait inhabituel pour un président sans grand pouvoir - pour soutenir le moral des soldats allemands, auxquels il a déclaré que leur mission était "difficile et dangereuse, mais importante et légitime". L'Allemagne a déployé en Afghanistan le troisième contingent militaire étranger en effectifs, avec 4.300 militaires, et, bien qu'elle y ait perdu 43 hommes depuis 2002, elle a accepté sous la pression de Washington d'en porter le nombre à 5.350 soldats d'ici cet été.

Cet accroissement a été décidé par le gouvernement de Berlin à contre-courant de son opinion publique, mais, il y a une semaine, Köhler avait souligné, lors d'une interview à la radio qu'un pays comme l'Allemagne, dépendant fortement de son commerce extérieur, devait être consciente de l'importance de son action militaire à l'étrangerElle est "nécessaire pour maintenir nos intérêts, comme par exemple libérer les routes commerciales ou prévenir des instabilités régionales qui pourraient avoir un impact négatif sur nos perspectives en termes de commerce, d'emplois et de revenus". Köhler s'est dit surpris par les critiques suscitées par ses propos, qui sous-entendraient qu'il appuie des interventions militaires non autorisées par la constitution. "Ces critiques sont complètement injustifiées", a-t-il assuré, en ajoutant qu'elles portaient atteinte à sa fonction. Cette controverse illustre le caractère toujours aussi sensible du débat sur l'action militaire extérieure de l'Allemagne, 65 ans après la chute du IIIe Reich.

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Commentaires
a écrit le 01/06/2010 à 4:15 :
On ne peut pas dire que ce président là, avait une forte résilience.

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