Nouveau coup de force d'Israël au large de Gaza

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Les commandos de l'armée israëlienne ont arraisonné, cette fois sans faire de victimes, un nouveau navire venu en aide aux Palestiniens de la Bande de Gaza. Il s'agit cette fois d'un cargo humanitaire irlandais. L'Irlandaise Maired Corregan-Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix en 1976, et Denis Halliday, ancien haut fonctionnaire de l'Onu, se trouvaient à bord de cet ancien navire marchand.

Des soldats israéliens sont intervenus à bord d'un cargo humanitaire irlandais en route pour Gaza, tandis que Washington jugeait "intenable" le blocus de l'enclave palestinienne qu'Israël a défendu cette semaine en tuant neuf militants sur un bateau turc. La marine israélienne, dont l'assaut meurtrier de lundi dernier a soulevé un tollé international, a pris le contrôle du cargo Rachel-Corrie sans incident, selon Tsahal. L'armée avait annoncé auparavant que le cargo n'avait pas répondu à deux appels radio lui demandant de se dérouter vers le port d'Ashdod, où Israël proposait de décharger sa cargaison et de la transférer à Gaza après l'avoir inspectée.

"D'après les premières informations, il n'y pas a eu de violence ni de blessé parmi les soldats ou l'équipage, car le recours à la force n'a pas été nécessaire et qu'aucun coup de feu n'a été tiré", dit un communiqué de Tsahal. "Les forces (armées) ont utilisé la même procédure pour la flottille de lundi et le bateau de samedi, mais elles ont été confrontées à des réponses différentes", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Dans le navire d'aujourd'hui et dans cinq des six bateaux de la flottille précédente, cette procédure s'est achevée sans victimes. La seule différence a eu lieu dans un navire soutenant le terrorisme, où des activistes extrémistes islamiques attendaient nos soldats sur le pont avec des haches et des couteaux", a-t-il ajouté dans un communiqué. L'arrivée du Rachel-Corrie, qui transporte des militants irlandais et autres, constituait une nouvelle tentative pour rompre le blocus qu'Israël impose depuis quatre ans à Gaza pour empêcher les islamistes du Hamas, maîtres du territoire, de renforcer leurs arsenaux en vue d'attaquer l'Etat juif.

"ACTE DE PIRATERIE"

"C'est un nouvel acte impudent de piraterie israélienne en haute mer", a commenté à Dublin Kevin Squires, coordonnateur national de la Campagne de solidarité Irlande-Palestine, dont l'un des membres se trouvait à bord du bateau. Le Rachel-Corrie porte le nom d'une militante américaine pro-palestinienne tuée par un bulldozer israélien en 2003 à Gaza. Selon des résultats d'autopsies pratiquées en Turquie, 30 impacts de balles ont été relevés au total sur les corps de neuf militants tués dans l'assaut de lundi contre une flottille à destination de Gaza, rapporte le Guardian britannique. Tous étaient turcs ou d'origine turque pour l'un d'eux, un Américain.

A Washington, la Maison blanche a estimé vendredi que le blocus israélien de Gaza était "intenable" et devait être "changé", ce qui pourrait entraîner une révision de cet embargo. Israël refuse de laisser entrer à Gaza le ciment et d'autres matériaux susceptibles d'être utilisés à des fins militaires par le Hamas, qui contrôle l'enclave côtière depuis 2007. Le mouvement islamiste, soutenu par Damas et Téhéran, est hostile à l'Etat juif et ne reconnaît pas les accords intérimaires de paix signés par l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas. "Nous travaillons dans l'urgence avec Israël, l'Autorité palestinienne et d'autres partenaires internationaux pour concevoir de nouveaux modes d'acheminement de marchandises et d'assistance à Gaza", a indiqué Mike Hammer, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche.

EMBARGO "INTENABLE"

"Les dispositions actuelles sont intenables et doivent être changées. Pour le moment, nous appelons toutes les parties à se joindre à nous pour encourager des décisions responsables de l'ensemble des parties afin d'éviter toute confrontation inutile", ajoute-t-il dans un communiqué. Navi Pillay, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a accentué la pression sur Israël samedi en réclamant la levée du blocus, qu'elle a qualifié d'illégal. "Le droit humanitaire international interdit comme méthode de guerre d'affamer les civils (...), tout comme de leur imposer des sanctions collectives", a-t-elle dit.

Des analystes s'attendent à ce qu'Israël, affecté par une série de difficultés diplomatiques depuis un an, décide au moins de modifier l'embargo. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu envisagerait un rôle international dans l'application d'un embargo sur les armes, en laissant entrer les autres marchandises à Gaza. L'Etat juif doit aussi faire face aux appels en faveur d'une enquête internationale sur les incidents de lundi dernier. Des responsables du pays proposent une enquête israélienne avec la participation d'observateurs étrangers. Selon le Guardian, l'autopsie des corps des neuf militants tués lundi a révélé 30 impacts de balles souvent tirées de près. Cinq d'entre eux ont succombé à des blessures au niveau de la tête, ajoute le quotidien britannique sur son site internet.

Outre les neuf morts, 48 autres personnes ont été blessées par balles et six activistes restent portés disparus. Le Rachel-Corrie avait appareillé lundi de Malte avec une aide humanitaire convoyée par des militants pro-palestiniens. Son équipage avait annoncé qu'il n'opposerait pas de résistance à une éventuelle intervention des forces israéliennes. L'Irlandaise Maired Corregan-Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix en 1976, et Denis Halliday, ancien haut fonctionnaire de l'Onu, se trouvaient à bord de cet ancien navire marchand.

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