Alerte de la Banque mondiale sur l'afflux de capitaux vers l'Asie

La Banque mondiale estime que l'afflux de capitaux vers l'Asie pourrait entraîner la création d'une bulle financière.
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

La Banque mondiale met en garde contre le risque de bulle financière lié à la hausse des flux de capitaux en direction de l'Asie. Elle appelle les autorités locales à éviter une redite de la crise asiatique de la fin des années 1990.

Le bas niveau des taux d'intérêt dans les pays développés siphonne d'importants volumes de capitaux en direction de l'Asie, où les devises tendent en conséquence à s'apprécier, souligne la Banque mondiale.

L'inflation est dès lors à craindre, suivie d'un phénomène de bulle financière dangereux pour le secteur bancaire. Les interventions visant à juguler l'appréciation des devises ont eu un succès mitigé et leur caractère non coordonné n'a fait qu'accroître le flux de liquidités, constate l'institution de prêt.

"Nous voyons que les pays en développement d'Asie orientale s'efforcent de gérer les forts volumes de liquidités générés en grande partie par l'assouplissement de la politique monétaire des Etats-Unis", a déclaré mardi Vikram Nehru, économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Asie-Pacifique. "Si cette abondance de liquidités reste durablement à un tel niveau, je pense qu'ils devront prendre de nouvelles mesures", a-t-il ajouté.

Parmi les outils auxquels peuvent recourir les pays asiatiques, Vikram Nehru a énuméré l'ajustement des politiques monétaires et la suppression des mesures de relance, mais aussi la régulation des secteurs bancaires dans le but de rationaliser les prêts et emprunts.


Le secteur privé, moteur de la croissance

Les ministres des Finances du G20 se réuniront vendredi en Corée du Sud où ils débattront notamment des taux de change, alors que pays développés et en développement sont divisés sur l'emploi des mesures de dévaluation.

Des signes montrent que les flux de capitaux vers l'Asie orientale se font de plus en plus à court terme, a ajouté Vikram Nehru. Selon ce dernier, les gouvernements locaux sauront toutefois empêcher que cette tendance s'accentue au point que les flux puissent s'inverser rapidement, comme ce fut le cas lors de la crise asiatique de 1997.

La banque mondiale estime dans son dernier rapport semestriel sur l'Asie orientale et Pacifique que les économies en développement d'Asie orientale connaîtront en 2010 une croissance de 8,9%. La précédente prévision était à 8,7%, mais les perspectives se sont améliorées concernant le commerce international et les ventes aux particuliers.

Si l'on excepte la Chine, la prévision de croissance est de 6,7% pour 2010, contre 5,5% dans le précédent rapport. "Il est encourageant de constater que le secteur privé redevient le moteur de la croissance, que la confiance est de retour, et que les transactions commerciales reviennent à leur niveau d'avant la crise", indique le document.

"Le retour de forts afflux de capitaux dans la région, couplé aux tensions inflationnistes accrues et à des prix en hausse, constituent un défi (...) et un risque croissant pour la stabilité macroéconomique", tempère cependant le rapport.

La prévision de croissance pour 2011 en Asie orientale a été réduite à 7,8%, contre 8,0% dans le précédent rapport, en raison de la lenteur de la reprise dans les pays développés et du retrait des plans de relance dans ceux en développement.

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