Crise de la zone euro : le pronostic plutôt confiant de Barclays

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Barclays Capital pense que la zone euro, y compris ses pays périphériques, est capable de mener à bien les ajustements nécessaires de sa politique budgétaire sans compromettre pour autant sa croissance. Mais ces ajustements seront longs et difficiles et un ré-échelonnement de la dette souveraine de certains pays devrait être nécessaire, prévient la banque.

"Il y a beaucoup de Cassandre en ce début d'année. Ce que l'on essaie de montrer, c'est que l'ajustement est possible. Oui, cela ralentit la croissance, mais ne la tue pas nécessairement", a déclaré à la presse ce mercredi Laurence Boone, responsable de la recherche économique de la banque d'investissement Barclays Capital.

"Comme un funambule, on peut tomber à tout moment, mais on peut aussi réussir à traverser et c'est notre scénario central", a-t-elle ajouté. En revanche, une restructuration de dettes souveraines avec une décote ("haircut") n'est, selon elle, pas d'actualité.

"Un ajustement budgétaire ne prend pas trois ou quatre ans, mais huit ou dix ans en moyenne, d'où (la nécessité d'envisager un) rééchelonnement de la dette". En revanche, "toute restructuration avec un 'haircut' n'est toujours pas véritablement envisagée", a-t-elle déclaré, ajoutant que cette solution ne devrait être prise qu'en "dernier ressort".

En 2010, l'inquiétude des marchés quant à la solvabilité de certains pays a continué à croître, entraînant un écartement des "spreads" (écarts de rendements) entre la dette souveraine allemande et celle des pays périphériques.

Un petit "détricotage"

Dans ce contexte, les investisseurs se sont recentrés sur la dette de leur propre pays, entraînant de fait "un petit détricotage de l'intégration européenne", a-t-elle souligné. Selon l'économiste, outre sa dette, le Portugal est confronté à un problème de modèles de croissance et à une faible productivité et devra recourir au mécanisme européen de stabilité financière si ses "spreads" continuent à monter. "Si cela continue dans la même pente, ce sera difficilement évitable pour le Portugal", a-t-elle déclaré.

L'Espagne n'est pas dans la même situation, a-t-elle ajouté, estimant que ce pays était surtout fragilisé par les pertes potentielles sur l'immobilier commercial plutôt que sur l'immobilier résidentiel. "Les pertes potentielles liées au secteur commercial sont deux à trois fois celles de l'immobilier résidentiel", a-t-elle noté.

Si les taux d'intérêt atteignent durablement 7%, entraînant des pertes plus lourdes que prévu pour les banques, l'Espagne sera confrontée à des problèmes de financement.

Néanmoins, dans un scénario de croissance "raisonnable", les mécanismes d'aide financière aux pays en difficulté mis en place par l'Union européenne avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI) suffiront pour répondre aux besoins potentiels de financement de l'Irlande, du Portugal et de l'Espagne d'ici mi-2013, estimés à 414 milliards d'euros.

Laurence Boone voit deux grands risques cette année. Elle craint que les résultats de la deuxième série de tests de résistance ("stress tests") des banques européennes, prévus au cours du premier semestre, déçoivent. Elle redoute aussi une montée en puissance de l'inquiétude des marchés, entraînant une envolée des taux de certaines dettes souveraines.

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