Vers une contre-offre américaine au mariage Nyse Euronext-Deutsche Börse

Alors que les géants allemand et franco-américain ont annoncé ce mardi un accord de principe donnant naissance à la première Bourse mondiale, la presse américaine bruisse de rumeurs sur une contre-offre imminente de la Bourse de Chicago et du Nasdaq.
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Deutsche Börse et Nyse Euronext ont conclu un accord-cadre centré avant tout sur les fonctions et les personnes, avec plusieurs dirigeants déjà choisis pour des postes-clés en Europe et aux Etats-Unis, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier. Parmi les questions sensibles laissées prudemment de côté, figurent le nom de la nouvelle entité, la façon de réduire les coûts et les technologies qui seront conservées, explique-t-on.

Laisser de côté tous ces dossiers importants pourrait avoir un effet contraire au but recherché en renforçant les interrogations de certains politiques de part et d'autre de l'Atlantique qui se demandent s'il faut approuver ce mariage. "Le plus gros point d'interrogation est évidemment le paysage politique et réglementaire européen qui ressortira de cela", a souligné une des sources interrogées. Ces hésitations risquent aussi de laisser la porte ouverte à des offres rivales pour Nyse Euronext.

Rumeurs d'offre hostile de CME

Selon la chaîne de télévision Fox Business Network, le groupe CME basé à Chicago, premier marché mondial pour les produits dérivés, pourrait lancer une offre hostile sur Nyse Euronext. Selon le site web flyonthewall.com, le CME pourrait faire équipe avec le groupe Nasdaq OMX pour racheter Nyse Euronext. Un porte-parole du CME s'est refusé à tout commentaire.

De leur côté, les groupes Nyse Euronext et Deutsche Börse ont, comme prévu, annoncé ce mardi avoir conclu un accord pour une fusion qui donnera naissance à la première Bourse mondiale.

Les deux places boursières ont révélé la semaine dernière les premiers éléments d'un accord de fusion qui verrait Deutsche Börse racheter Nyse Euronext. Le directeur général du nouvel ensemble serait Duncan Niederauer, actuel patron de Nyse Euronext. Le président serait Reto Francioni, actuellement président du directoire de Deutsche Börse.

Les négociations sur le nom du futur ensemble et la localisation des différentes branches et filiale en Europe et aux Etats-Unis soulignent la difficulté de rapprocher deux sociétés symboles de fierté nationale. Selon les sources interrogées, le directeur général adjoint de Nyse Euronext Dominique Cerutti serait responsable des systèmes informatiques du groupe et serait basé à Paris. Lawrence Liebowitz resterait comme directeur général adjoint de Nyse Euronext et responsable des cotations actions. Il serait basé à New York. John Halvey conserverait aussi son poste de directeur juridique chez Nyse Euronext.

Consolidation dans le secteur des opérateurs boursiers

Le rapprochement entre New York/Euronext et Francfort, annoncé mercredi dernier quelques heures après le rachat de la Bourse de Toronto par la Bourse de Londres, a suscité tout une série de commentaires ces derniers jours. Lundi, la Bourse brésilienne, BM&FBovespa a fait savoir qu'elle s'intéressait à des possibilités d'alliances. Son directeur général Edemir Pinto a déclaré à Reuters que le groupe était intéressé par la Chine et l'Inde. Il n'a pas exclu non plus un partenariat avec le CME.

La Bourse australienne a de son côté indiqué mardi être en discussion avec la Bourse de Singapour, qui veut la racheter, au sujet de changements au niveau du conseil d'administration dans le but de pouvoir obtenir le feu vert des autorités à leur rapprochement. Le montant envisagé de l'opération atteint 7,9 milliards de dollars. ASX doit publier ses résultats semestriels le 17 février. La cotation du groupe a été suspendue à sa demande.

Rumeurs autour de la Bourse de Dubaï

La vague de rumeurs de consolidation dans le secteur des opérateurs boursiers atteint indirectement les Emirats arabes unis, selon un journal local. The National rapporte mardi que Borse Dubaï pourrait envisager de vendre une partie des 20,6% qu'il détient dans le capital de London Stock Exchange (LSE), afin de faciliter une fusion entre l'opérateur londonien et celui de la Bourse de Toronto TMX. Mais une source proche du dossier a déclaré mardi que Borse Dubaï n'a été contacté par aucune partie pour alléger sa participation dans LSE.

La structure actuelle du groupe implique qu'il détiendrait 11,3% de l'entreprise résultant d'une fusion entre LSE et TMX, ce qui déclencherait l'intervention des autorités canadiennes de régulation. Un haut responsable de l'opérateur de Dubaï avait indiqué au journal que son groupe envisageait de vendre des parts afin de réduire sa participation dans le groupe fusionné à moins de 10%.

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