La Banque mondiale n'est pas inquiète pour le Japon

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Le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon pèseront ces prochains mois sur la croissance nippone mais la reconstruction, qui pourrait durer cinq ans, redonnera ensuite un coup de fouet à l'économie, estime la Banque mondiale dans un rapport publié lundi.

Le dernier rapport semestriel sur l'Asie de l'Est de la banque mondiale se veut à la fois prudent et optimiste. S'appuyant sur l'exemple du tremblement de terre de Kobé en 1995, ses auteurs veulent croire en la capacité du Japon à répondre à ce triple défi.

"Si l'histoire peut être d'un quelconque enseignement, la croissance réelle du produit intérieur brut sera négativement affectée jusqu'à la mi-2011. La croissance devrait s'accélérer dans les trimestres suivants au fur et à mesure de l'accélération des mesures de reconstruction, qui pourraient s'étaler sur cinq ans", écrivent ainsi les auteurs du rapport pour qui le "ralentissement temporaire de la croissance au Japon aura un impact à court terme modeste sur la région."

La Banque mondiale y relève à 8,2% sa prévision de croissance 2011 pour les pays en développement de la région, au lieu de 7,8% précédemment, après 9,6% en 2010. Le Japon, précise-t-elle, représente 9% des échanges extérieurs régionaux. Les premières estimations privées des dégâts du séisme et du tsunami au Japon, citées par la Banque mondiale, varient dans une fourchette de 122 à 235 milliards de dollars, à comparer aux 100 milliards de dollars qu'avait coûtés le séisme de Kobé.

Les auteurs de ce rapport soulignent en outre que l'inflation restera une source d'inquiétude majeure dans la région et plaide pour une politique monétaire durcie. Plusieurs banques centrales asiatiques ont déjà relevé leur taux, voire dans certains cas ont laissé la monnaie s'apprécier afin de lutter contre l'inflation. Mais depuis le 11 mars, de nombreuses monnaies asiatiques ont plongé à mesure que les investisseurs se réfugiaient vers le dollar, le temps d'évaluer l'impact de la catastrophe sur la croissance régionale.

Une opinion pas unanime

La position rassurante de la Banque mondiale sur l'impact du séisme ne fait néanmoins pas l'unanimité. Le ministre des Finances de Singapour, qui s'exprimait lors d'une conférence de l'organisme du FMI dans la ville-Etat, a estimé que l'impact du séisme serait plus long en raison de l'aspect nucléaire de la crise. Les dégâts causés aux centrales nucléaires japonaises ne seront pas résolus avant des mois, ce qui va réduire la confiance des consommateurs et des entreprises, a estimé Tharman Shanmugaratnam.

La banque Citigroup a par ailleurs estimé que la perturbation de l'industrie manufacturière mondiale dans la foulée du séisme serait "plus grave qu'initialement prévu" et que la Thaïlande était le pays dont la croissance souffrirait le plus de la crise.  Les entreprises thaïlandaises dépendent fortement de la production au Japon de composants pour les secteurs de l'électronique, des moteurs de véhicules et des produits chimiques. L'Inde, l'Indonésie et la Chine paraissent en revanche mieux protégées.

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