Syrie : Bachar el Assad contraint à des concessions

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Le dirigeant syrien est obligé d'accepter la démission du gouvernement mais proroge le Premier ministre. Il promet de parler pour répondre à ses opposants de plus en plus nombreux et vindicatifs.

Des dizaines de milliers de Syriens se sont mobilisés mardi en soutien au président Bachar al Assad qui fait face depuis une douzaine de jours à un mouvement de contestation sans équivalent en 11 ans de pouvoir.

Le chef de l'Etat syrien, qui a accepté la démission de son gouvernement, devait prendre la parole dans la journée après deux semaines durant lesquelles la répression de la contestation a fait une soixantaine de morts. Il devrait annoncer des décisions "importantes", selon son vice-président Farouk Chara, qui a évoqué lundi des mesures "de nature à satisfaire le peuple".

La contestation, qui a éclaté initialement à Deraa, ville proche de la frontière jordanienne, s'est propagée à d'autres parties du pays, posant à Assad son plus sérieux défi politique depuis son accession au pouvoir à la mort de son père, Hafez al Assad, en 2000. Les slogans des manifestants du "printemps" syrien se sont durcis pour en appeler carrément désormais à la "chute du régime", à l'image des soulèvements qui ont eu raison en janvier et en février des autocrates tunisien Zine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak.

Les images de la télévision officielle syrienne ont montré des foules de partisans d'Assad brandissant des portraits du président scandant: "Dieu, la Syrie, Bachar!". Les autorités ont imputé les troubles des derniers jours à des "bandes armées" et, mardi, la télévision affichait sur son bandeau déroulant: "Le complot a échoué." Dans le pays, les employés et adhérents des organisations affiliées au Baas, le parti unique au pouvoir, ont reçu pour consigne d'assister mardi aux meetings de soutien au président.

DAMAS RÉFLÉCHIT À LEVER L'ÉTAT D'URGENCE

Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a déclaré lundi avoir trouvé un interlocuteur attentif lorsqu'il a téléphoné au président syrien par deux fois ces derniers jours. "Nous n'avons pas reçu de réponse négative lorsque nous avons invité M. Assad à écouter la voix du peuple. J'espère qu'il fera une annonce aujourd'hui ou demain", a-t-il dit.

S'adressant à la presse à l'aéroport d'Ankara avant de se rendre en visite en Irak, Erdogan avait laissé entendre qu'Assad allait répondre aux griefs de la rue syrienne, qui se manifeste comme jamais auparavant dans un des régimes les mieux "verrouillés" du Moyen-Orient. Erdogan a précisé que le régime de Damas réfléchissait à la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963. "Ils nous disent qu'ils travaillent sur les partis politiques. Nous espérons que ces mesures seront vraiment mises en oeuvre plutôt que de rester au stade des promesses", a ajouté le chef du gouvernement turc.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2011 à 14:14 :
les concessions avec cette famille se terminent toujours au cimetière , il faut qu'il parte .

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