La Malaisie défend en Europe ses avantages d'économie émergente

En visite à Paris, Dato' Sri Mustapha Mohamed, ministre du commerce malaisien, s'est exprimé sur les ambitions économiques de son pays et notamment son partenariat avec l'Europe. Au cours d'un entretien avec La Tribune, il a également eu l'occasion de revenir sur le regard que porte le gouvernement d'un pays, à majorité musulmane, sur la Révolution de jasmin.
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Paris était la dernière étape du voyage de Dato' Sri Mustapha Mohamed, venu sur le vieux continent pour renforcer les liens commerciaux entre la Malaisie et l'Europe. Si l'ancienne colonie britannique a historiquement des liens plus étroits avec le Royaume-Uni, aujourd'hui en terme d'échanges commerciaux et d'investissement, l'Allemagne est le premier partenaire européen de la Malaisie. Quant à la France, "nous avons de bonnes relations, nous sommes très heureux d'accueillir sur notre sol quelques grandes compagnies françaises. De plus en plus de touristes viennent de votre pays ; en sens inverse nous avons envoyé 500 jeunes qui étudient en France", déclare le ministre.

Ces liens avec l'Europe devraient se resserrer dans les années à venir avec la signature d'un accord de libre-échange. "La troisième phase de négociations devrait commencer en mai prochain. Malgré quelques désaccords bien normaux, les discussions, entamées il y a cinq mois, sont assez ouvertes et je suis confiant sur la signature d'un accord dans les dix-huit mois à venir", confie le ministre. Les accords en discussion porteraient à la fois sur les biens, les services et l'investissement. Avec 6 millions de musulmans en France et plus de 10 millions en Europe, le ministre ne cache pas l'intérêt de son pays pour le marché de l'alimentationHalal.

Les interactions avec les autres pays d'Asie, un fort vecteur de croissance

Avec une croissance à 7,2% en 2010, la Malaisie bénéficie du développement économique de ses deux voisins à forte croissance, la Chine étant son principal partenaire commercial. Avec l'Inde, le ministre s'attend à un fort développement du commerce et des flux de capitaux à la faveur d'un accord de libre échange qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Si ces pays sont une source de financement importante, les entreprises malaisiennes s'exportent aussi. Une entreprise malaisienne, Plus Expressway, a ainsi récemment signé un contrat de 3 milliards de dollars pour construire des autoroutes en Inde.

Une situation géographique dont le ministre entend bien tirer profit. Si quelques grandes entreprises ont déjà installé leurs sièges sociaux dans la capitale Kuala Lumpur, l'ambition est de faire de cette ville, en concurrence avec Singapour, un lieu privilégié pour les affaires en Asie. "Nous sommes compétitifs, nous disposons de bonnes infrastructures et nous sommes stables politiquement, de bons critères pour accueillir des sièges de firmes multinationales", avance-t-on en Malaisie.

Quant aux conséquences des catastrophes au Japon sur l'économie de son pays, le ministre se montre confiant : "il y aura évidemment un léger impact sur notre économie à court terme, mais je pense que d'ici juillet à août, nous ne  ressentirons plus les effets de cet évènement." Le Japon qui prévoit un plan de reconstruction "estimé à 300 milliards de dollars", devrait selon le ministre, remettre rapidement son économie sur pied.

Les besoins en énergie

Pays en forte croissance, la Malaisie voit ses besoins en électricité grandir chaque année. Alors que le pays reste très dépendant des énergies fossiles, le gouvernement malaisien souhaite diversifier ses sources d'énergie. "Nous avons de nombreux fleuves et rivières exploitables pour produire de l'énergie, nous étudions aussi la biomasse", avance le ministre. Pour le nucléaire, pas question de revenir sur le projet annoncé en janvier dernier d'ouvrir une centrale d'ici à dix ans. "Nous serons encore plus vigilants sur les normes de sécurité, après l'accident de Fukushima", précise tout de même Dato' Sri Mustapha Mohamed. Pour développer ces nouvelles infrastructures, le ministre annonce ne s'être pour l'instant engagé avec aucune entreprise.

Les pays arabes en révolutions, des amis avec qui développer le commerce

Le ministre malaisien explique que son pays s'intéresse de près aux évènements de la révolution du Jasmin. La Malaisie, pays à majorité musulman, est proche des pays secoués par ces protestations populaires. "Il y a deux aspects auxquels un Etat doit faire attention. Il faut veiller à offrir des débouchés, des emplois à son peuple et particulièrement aux jeunes qui sortent de l'université. L'Etat doit également faire attention à préserver la liberté d'expression, à avoir des élections non truquées, et un parlement dynamique", préconise le ministre. La Malaisie qui investit déjà dans cette région du monde, notamment en Libye et en Egypte, entend développer encore ses échanges commerciaux avec les pays arabes une fois le calme retrouvé. Le ministre espère pour cela que chaque pays parviendra, à l'instar de la Tunisie, à trouver une voie de sortie la plus pacifique possible.

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Commentaires 2
à écrit le 04/04/2011 à 11:46
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Nous aurions plutôt tendance à, logiquement, parler d' « HIVER ARABE (REVOLUTIONNAIRE) » plutôt que de printemps ou révolution de nous ne savons quoi !

le 04/04/2011 à 14:37
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Ces deux termes ont tout simplement une origine historique qui les places dans l'histoire : les révolutions en Europe qui ont mis à terre des régimes tout puissants (révolutions anglaises, américaines, et française) et le printemps des peuples (1848...

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