L'obligation de réciprocité comme arme commerciale

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La Commission veut obliger les pays émergents à s'ouvrir aux firmes européennes en guise de réciprocité.

Bruxelles ne veut pas seulement simplifier et verdir les marchés publics, elle entend aussi y introduire une clause de réciprocité. Objectif : contrer les politiques protectionnistes de certains pays émergents, à commencer par la Chine. « Nous avons intérêt à avoir du libre-échange, explique Laurent Wauquiez. Mais notre intérêt n'est pas d'être une blanche colombe naïve au milieu d'un peuple de faucons », poursuit le ministre français des Affaires européennes. Les entreprises européennes se plaignent régulièrement des difficultés d'accès aux marchés publics hors d'Europe, qu'il s'agisse des télécommunications, du secteur énergétique ou des services financiers. Cette menace de rétorsion compatible avec les règles de l'OMC, mise sur la table à Bruxelles par Pierre Lellouche lorsqu'il était secrétaire d'État aux Affaires européennes, a été actée par les Vingt-Sept en septembre dernier comme l'un des principes de la politique commerciale européenne. Il s'agirait de la première déclinaison opérationnelle sur les marchés publics. Concrètement, des entreprises chinoises seraient les bienvenues dans le cadre d'un marché d'autoroutes en France, à condition que le marché chinois soit ouvert à des entreprises françaises. Une option à l'étude est de permettre à d'autres pays européens et à la Commission de s'opposer à un contrat conclu entre un pays de l'Union européenne et un pays émergent s'il n'y a pas de réciprocité, en saisissant la Cour européenne de justice. Selon un responsable européen, cet outil commercial européen serait d'ores et déjà pris au sérieux par les Chinois et permettrait ainsi d'imposer l'ouverture de nombreux marchés.

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