La crise contamine tous les marchés obligataires de la zone euro

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Les tensions sont montées d'un cran sur les marchés de la dette. La France n'est pas épargnée : l'écart entre l'OAT à 10 ans et le bund allemand a atteint un record.

La crise obligataire qui secoue la zone euro, jusque-là cantonnée aux pays dits « périphériques », menace désormais d'entraîner dans la tourmente les pays du coeur de l'Europe monétaire. L'euro a été entraîné dans le maelström, retombant à son plus bas niveau depuis six semaines face au dollar, pour dériver lundi jusqu'à 1,3990, tandis que le franc suisse, star incontestée du marché des changes en cette période d'aversion au risque épidermique, pulvérisait un nouveau record de vigueur à 1,1673. Mais le recul de l'euro n'a rien de comparable avec ce qui s'était passé l'an dernier à pareille époque.

La mise en place, dans une assourdissante cacophonie, du premier plan de sauvetage de la Grèce en mai 2010 l'avait fait dévisser jusqu'à 1,1875 dollar le mois suivant, alors qu'il avait commencé l'année à plus de 1,45. Aujourd'hui, on ne constate qu'un lent effritement. Bouc émissaire de l'époque, où les Cassandre évoquaient son inévitable éclatement à la manière de l'explosion en vol de l'Union latine, il fait aujourd'hui figure de ciment des Dix-Sept liés dans l'aventure de l'Union monétaire européenne.

Car c'est à des pays individuels que s'en prend la spéculation. Pris dans la nasse, les maillons faibles que sont la Grèce, le Portugal et l'Irlande ont vu le rendement de leurs emprunts d'État s'envoler à des plafonds historiques, les taux à 10 ans grecs poussant une pointe à 17,1 %, les portugais 13,44 % et les irlandais 13,38 %, creusant l'écart, le « spread », dans le jargon anglo-saxon avec le très sage bund allemand à des niveaux jamais vus dans l'histoire de la zone euro, le taux de référence allemand se négociant imperturbablement à 2,67 %, son meilleur niveau de l'année.

Mais voici que des poids lourds de la zone euro sont entrés dans la danse. L'Espagne a fait partie des premiers contaminés, le taux des « bonds » à 10 ans grimpant lundi à un plafond de 6,04 %. Mais plus aucun pays, si l'on excepte les traditionnels séides de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Finlande et, dans une moindre mesure, de l'Autriche, n'est à l'abri. La contagion s'est emparée de l'Italie. Malgré son plan de rigueur, elle est aussi sous la menace d'une dégradation de sa note souveraine et même s'il n'a pas renoué avec son point haut historique de l'an 2000 à 5,89 %, le rendement du BTP italien à 10 ans a atteint 5,70 % lundi, creusant l'écart avec le bund allemand à plus de 300 points de base, un record absolu. Il se rapproche à grande vitesse du seuil de 7 %, qui avait été le déclencheur des demandes d'aide internationale des pays en détresse.

Il est un autre record qui retiendra l'attention : le spread entre le taux de l'OAT française et le bund allemand a, lui aussi, atteint un record absolu lundi, à 66,6 points de base, pulvérisant le précédent point haut de 62,8 qui remontait à mars 2009.

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a écrit le 31/12/2011 à 10:45 :
On ne parle que rarement des déficits des balances commerciales des pays surendettés alors que les déficits budgétaires en sont la conséquence directe.
Si l'Espagne comme les autres pays déficitaires réussissaient à avoir une balance commerciale équilibrée ils n'auraient pas 40% de chaumage des jeunes et auraient par contre des rentrées fiscales suffisantes pour couvrir les dépenses de l'état.
Il serait donc bon de changer les règles de l'Union Monétaires de façon à ce que l'économie des pays les moins avantagés ou périphériques soit protégé de la surpuissante économie allemande.
Une TVA supplémentaire sur les produits provenant de tout pays avec lequel la balance commerciale serait déficitaire pourrait résoudre le problème.
Un système qui aboutirait à des balances commerciales équilibrées rendrait les campagne de dénigrement régulières (surtout contre la Grèce), dont nous sommes témoins, superflues, puisque sans but.
Il est aussi plus simple et plus humain de déplacer l'emploi que de déplacer les hommes.
a écrit le 20/08/2011 à 15:19 :
L'Union européenne ne prendra corps que si elle repose sur une plus grande solidarité entre pays membres. Au fond, c'est parce que les marchés financiers doutent de cette solidarité concrète qu'ils jouent la défiance. Et qu'ils risquent ainsi de faire éclater l'Union tout entière.
a écrit le 13/07/2011 à 11:08 :
Les dépenses de chaque état du la zone euro par habitant devraient être à-peu-près les mêmes dans tous les pays de la zone euro, puisque même culture, même monnaie, mêmes pris des produits de base.
Cependant les entrées fiscales des pays sont très différentes, de la les déficit budgétaires des pays économiquement moins forts.
C'est à ce problème qu'il faut trouver une solution et la spéculation cessera.

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