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ÉconomieInternational

Au Japon, l'avenir de la filière nucléaire n'est plus radieux

Régis Arnaud, à Tokyo

Publié le 28 juillet 2011 à 10:53 - Mis à jour le 28 juillet 2011 à 10:55

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Depuis la catastrophe de Fukushima, une large partie de l'opinion publique refuse l'énergie nucléaire, et les pouvoirs locaux refusent pour le moment le redémarrage des réacteurs arrêtés. Le Japon, qui avait développé sa filière depuis le choc pétrolier de 1973, pourrait remettre en cause sa politique de l'atome.

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Quelque 70% des Japonais souhaitent que leur pays sorte du nucléaire, selon un sondage réalisé par l'agence Kyodo le 23 juillet. Cet optimisme débridé a pris fin le 11 mars Depuis la catastrophe de la centrale de Fukushima provoquée par un tsunami le 11 mars, l'optimisme qui avait présidé au développement historique de l'énergie atomique depuis le premier choc pétrolier de 1973 n'est plus de mise.
Seuls 16 réacteurs sur les 54 que compte le pays fonctionnent actuellement. Le gouvernement craint désormais que tous soient mis hors service dès le printemps prochain. Les autorités locales refusent en effet de signer l'autorisation nécessaire au redémarrage des centrales qui ont été inspectées, craignant la colère de leurs électeurs.
Le gouvernement plaide désormais pour le développement des énergies renouvelables, sans expliquer d'ailleurs comment ces dernières pourraient compenser l'énergie fournie par le nucléaire. Les exemples du Danemark, de l'Islande et surtout de l'Allemagne montrent qu'il est envisageable de sortir de l'énergie atomique, mais pour Paul J. Scalise, professeur à l'Université Temple de Tokyo, expert en énergie, chaque pays relève d'un contexte différent, et celui du Japon ne saurait se prêter à un tel scénario. « On ne peut pas comparer l'Islande et le Japon », explique-t-il.
La part du nucléaire dans le « mix énergétique » du pays, qui mêle toutes les matières premières pour n'en dépendre d'aucune, ne cessait de croître ces dernières années pour atteindre 29% en 2010. Moins polluante, moins cher, moins compromettante diplomatiquement, elle présentait les meilleurs atours dans ce « concours de laideur » qu'est une politique d'approvisionnement énergétique, où chaque ressource a ses inconvénients.
« L'essentiel du budget japonais de l'énergie va aujourd'hui au nucléaire », rappelle Paul J. Scalise, de l'université Temple à Tokyo. « Après l'hydro-électrique, le charbon, le pétrole et le gaz naturel, le Japon s'apprêtait à engager le tournant vers le nucléaire total. Le 11 mars a changé la donne » explique-t-il.
Le Japon était en train de devenir un important « maître d'ouvrage » dans cette industrie. Hitachi, Toshiba et Mitsubishi Electric voyaient dans le nucléaire de nouvelles perspectives à l'international, qui auraient pu prendre le relais de l'électronique classique. Ces entreprises avaient déjà décroché des contrats pour la Turquie et le Vietnam. Depuis le 11 mars, cet avenir apparaît sérieusement compromis.

Régis Arnaud, à Tokyo

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