Oleg Deripaska veut développer des petits réacteurs nucléaires civils

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Oleg Deripaska développe avec Rosatom des centrales de 100 mégawatts basées sur une technologie utilisée par les sous-marins militaires.

Psychose post-Fukushima, connaît pas ! Les autorités russes ont démarré hier des « consultations auprès du public » autour d'un nouveau type de réacteur nucléaire de petite taille d'une puissance de 100 mégawatts (MW) destiné au marché civil. Après les centrales nucléaires flottantes d'une puissance de 70 MW, commercialisées depuis l'année dernière, les Russes misent gros sur la demande pour les petits réacteurs alors que certains pays, à l'image de l'Allemagne, souhaitent sortir du nucléaire. En pointe dans ce secteur, l'oligarque Oleg Deripaska, à travers sa société EvroSibEnergo, monte une coentreprise baptisée Akme-Engineering avec le monopole russe de l'énergie nucléaire RosAtom pour développer et commercialiser des « mini-centrales nucléaires ». L'investissement est compris entre 400 et 450 millions d'euros.

Ces futures centrales « de quatrième génération » tourneront autour du réacteur à neutrons rapides et à refroidissement par plomb bismuth. Le premier réacteur destiné à l'usage civil est en phase de construction près d'Oulianovsk et devrait être opérationnel en 2017. Ce type de réacteur a déjà été produit à partir des années 1960 afin d'équiper des dizaines de sous-marins militaires soviétiques. Les « mini-centrales » russes sont destinées à répondre aux besoins d'électricité dans des régions isolées et non raccordées à des réseaux électriques, en Russie et à l'étranger. EvroSibEnergo vise ainsi 10 à 15 % du marché mondial des petits et moyens réacteurs. Un marché important où l'offre est pour l'instant très limitée. Areva, par exemple, ne propose pas de réacteurs de petite taille. L'Agence Internationale pour l'Énergie atomique estime la demande entre 500 et 1.000 réacteurs de petite à moyenne puissance d'ici à 2040.

« Fanfaronnades »

La grande interrogation tourne autour des caractéristiques commerciales de ces futures centrales. Rosatom et EvroSibEnergo affirment que le coût de construction d'une mini-centrale nucléaire correspond à celui d'une centrale électrique thermique de puissance équivalente fonctionnant au charbon, « mais sans les rejets de gaz carbonique ». Sachant que les dépenses de sûreté représentent 40 % au moins du coût de construction d'une centrale nucléaire classique, nombreux sont ceux qui doutent que les mini-centrales généreront de l'électricité à des tarifs compétitifs. « Les Russes nous ont habitués aux fanfaronnades ces dernières années, ironise un dirigeant d'Areva non autorisé à commenter officiellement l'activité d'un concurrent. Nous sommes très sceptiques. Il faudra juger sur pièce et voir quel sera le coût du kilowatt-heure. »

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