Le patronat et les syndicats italiens défient Berlusconi

Équilibre des comptes publics dès 2014, « règle d'or », réforme du marché du travail, de l'administration, libéralisations, privatisations : les partenaires sociaux prennent l'initiative face à un exécutif inerte.
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Plus que des propositions, c'est un cahier de doléances que le patronat et les syndicats italiens ont présenté jeudi au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Dans un texte lu par la présidente de Confindustria, le patronat transalpin, Emma Marcegaglia, au nom des partenaires sociaux, le Cavaliere et ses ministres ont été priés « de prendre des décisions rapidement. La situation est grave et doit être affrontée avec la plus grande détermination sans se chercher d'excuses ou d'échappatoires. » Puis la patronne des patrons a présenté un programme invitant le gouvernement à agir dans six directions.

Le document commun souhaite en premier lieu l'équilibre budgétaire dès 2014 et son inscription dans la Constitution. « Point essentiel », les partenaires sociaux réclament ensuite une réduction du coût de la politique avec notamment l'abolition des « provinces », équivalent des départements français. Ils demandent également une réforme du marché du travail, de l'administration publique (avec son informatisation afin notamment de lutter plus efficacement contre l'évasion fiscale), une vague de libéralisations et de privatisations (seul point sur lequel le syndicat CGIL a pris ses distances) et enfin le déblocage des investissements pour les grandes infrastructures.

Alors que les relations entre les syndicats et l'association des industriels ont été tendues au cours des dernières années, l'urgence a ainsi poussé les partenaires sociaux à tenter de rééditer l'accord qui, en 1993, avait permis à l'Italie de sortir d'une première crise économique et financière. À l'époque, les discussions avaient été encouragées par le président du Conseil, Carlo Azeglio Ciampi. Cette fois, les signataires de « l'appel pour la croissance » de juillet dernier ont clairement le sentiment de ne pas être suffisamment entendus par Silvio Berlusconi.

À l'issue de la réunion, celui-ci a indiqué qu'il reprenait, en substance, le document à son compte et voulait « absolument arriver à un pacte global entre gouvernement et partenaires sociaux d'ici à septembre ». Reste qu'Emma Marcegaglia avait souligné en préambule qu'il fallait renoncer à la pause estivale : « Nous ne pouvons nous permettre de rester inertes et en proie aux marchés jusqu'à septembre. » « Encore une fois, il n'a pas compris la gravité de la situation », a déploré à la sortie de la réunion Susanna Camusso, secrétaire nationale de la CGIL.

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