Le conflit ouvert entre Washington et Standard & Poor's se radicalise

 |   |  551  mots
Copyright Reuters
L'agence réplique aux critiques de l'administration et dégrade des sociétés très dépendantes de la note de l'État fédéral.

David Beers est sceptique. Le directeur de la notation souveraine de Standard & Poor's doute que les Etats-Unis puissent à court terme regagner leur notation « AAA », perdue à la veille du week-end. «Nous n'anticipons pas, à l'heure actuelle, un scénario dans lequel les Etats-Unis y parviendraient rapidement », a prévenu le responsable lors d'une conférence téléphonique lundi. A l'issue d'un week-end au cours duquel la décision de l'agence a été très critiquée, David Beers et John Chambers, le président de la commission de la dette souveraine de Standard & Poor's, ont justifié leur choix sans prendre de gants.

« Sur l'ensemble de l'échiquier politique, les élus se montrent incapables d'adopter des mesures proactives visant à placer les finances publiques américaines dans une situation d'équilibre comparables à celle de la plupart des pays les mieux notés », a déploré John Chambers. Pour autant, celui-ci ne doute pas de la capacité du billet vert à conserver son rôle de monnaie de réserve mondiale... « en l'absence d'alternative » !

Effet domino

Au cours du « call », les deux responsables ont prévenu que leur décision annoncée vendredi portant sur la notation du crédit souverain à long terme de la première économie mondiale aurait inéluctablement un impact sur d'autres obligations. L'effet domino n'a pas tardé à se manifester : à peine la présentation de S&P a-t-elle été conclue que l'agence a ramené de « AAA » à « AA+» la note des organismes parapublics de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac. Une décision reflétant la « dépendance directe » des deux entités envers l'Etat fédéral qui les a sauvées de la faillite à la rentrée 2008. C'est pourtant sur la notation des « munibonds », les obligations émises par les collectivités américaines, que la première frappe de Standard & Poor's était attendue. Des entreprises sont désormais en ligne de mire. Après la dégradation de quatre des plus grandes chambres de dépôt et de compensation du pays et celles de dix groupes d'assurance, les analystes craignent désormais pour les établissements bancaires de Wall Street dont la notation fera l'objet d'une autre conférence de S&P ce mardi.

Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, n'avait pas attendu la conférence téléphonique pour critiquer âprement la décision de l'agence. « Je pense que S&P a émis un jugement terriblement mal avisé », a déclaré le ministre sur la chaîne NBC, après avoir renoncé à démissionner en pleine crise de son poste. « Ils ont fait preuve d'un manque effarant de connaissances sur les mathématiques fondamentales du budget des États-Unis. Et je pense qu'ils ont tiré exactement la mauvaise conclusion », a ajouté le dernier membre de l'équipe économique composée par Barack Obama lors de sa prise de fonction en janvier 2009. L'un de ses anciens conseillers, Larry Summers, qui fut secrétaire au Trésor de Bill Clinton, a prévenu que cette dégradation faisait peser sur le pays un « risque de récession ». Avant de consentir que «S&P a constaté ce que les Américains ont ressenti, leur colère face aux solutions proposées par le Congrès pour régler des problèmes économiques cruciaux ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/08/2011 à 10:07 :
c'est l'arroseur arrosé, du déja vu en une multitude de domaines. wouah wouah !!!
a écrit le 09/08/2011 à 6:23 :
«S&P a constaté ce que les Américains ont ressenti, leur colère face aux solutions proposées par le Congrès pour régler des problèmes économiques cruciaux ».

Elémentaire et c'est partout pareil. Réduire les dépenses c'est bien mais il faut aussi assurer la redistribution et donc imposer les riches qui se gavent. Sinon gare aux émeutes qui achèveront les économies ...
Réponse de le 09/08/2011 à 10:02 :
TAXER LES RICHES, BIEN POUR LA MORALE, MAIS CELA NE SUFFIRAIT PAS À RENFLOUER LES CAISSES. IL FAUT VISER BEAUCOUP PLUS HAUT ET REDUIRE LE TRAIN DE VIE DES ÉTATS, LE NOMBRE DES FONCTIONNAIRES BUDGETIVORES,ET CERTAINS " AVANTAGES ACQUIS " SOUS DES GOUVERNEMENTS QUI ONT DÉPENSÉ À TOUT VA POUR GAGNER DES ELECTEURS.
Réponse de le 09/08/2011 à 14:31 :
Il faut faire les 2, il n y a que comme ca que les Etats regagneront une certaines legitimité aupres des citoyens et qu on retablira un peu d egalite dans nos "democratie" occidentales

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :