Printemps arabe : des armes britanniques ont servi à mater les révoltes

Le quotidien britannique The Times révèle que le Royaume-Uni a augmenté cette année ses exportations d'armes vers certains régimes autoritaires du Moyen Orient et d'Afrique du Nord. Les équipements britanniques ont ainsi servi à la répression des révoltes du "Printemps arabe"
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Les révoltes populaires ont des retombées économiques désastreuses sur les pays du printemps arabe, mais elles font la prospérité du complexe militaro-industriel britannique. Le Royaume-Uni, deuxième exportateur mondial, a en effet dégagé de larges profits de la vente d'équipement militaire aux pays d'Afrique du Nord et du Moyen Orient, selon The Times.

Le quotidien britannique, qui a mené l'investigation, a découvert que les exportations d'armes vers les pays du Printemps arabe ont augmenté de 30% entre février et juin. Ainsi, le Royaume-Uni aurait vendu pour 30,5 millions de livres d'armes (envrion 34 millions d'euros) contre 22,2 millions de livres pour la même période en 2010.

Selon The Times, l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, partenaires privilégiés du Royaume-Uni, ont considérablement augmenté leurs importations d'armes cette année. Aux Emirats Arabes Unis, les importations de matériel militaire britannique ont ainsi plus que triplé. Le journal ajoute que les exportations vers l'Arabie Saoudite ont augmenté de plus de 15% entre février et juin.

Ces besoins accrus d'équipement militaire sont sans doute liés aux soulèvements populaires qui ont traversé la région et à la répression qui s'ensuivit. La marchandise était essentiellement composée d'armes pouvant servir aux forces de l'ordre chargées de réprimer les manifestants. Ainsi, des munitions, des fusils, dont certains utilisés par les tireurs d'élite, et des mitraillettes ont été vendus à des régimes autoritaires au moment où la répression s'installait.

L'Egypte a acheté des armes britanniques pour un montant de 44,168 livres en avril et en mai alors que les importations étaient nulles sur le premier trimestre.

La Libye du colonel Kadhafi a importé pour 60,000 livres d'armes au cours du mois de février. Enfin, Londres a approuvé une licence d'exportation d'une valeur de 75,000 livres de munitions pour le Bahreïn en janvier, un mois avant que les forces de sécurité ne tirent sur la foule avec ces mêmes équipements.

Alors que la répression faisait rage, le ministère britannique des Affaires étrangères a décidé de révoquer 160 licences d'exportation vers le Moyen Orient et l'Afrique du Nord.

Mais pour le journal britannique qui a mené l'enquête, plus de 600 licences sont toujours en place. En avril, un rapport parlementaire du Comité de contrôle des exportations d'armes avait conclu à un mauvais jugement des gouvernements actuel et précédents. Ils n'auraient pas su évaluer le risque d'une répression interne alimentée par les exportations britanniques.

Quoi qu'il en soit, ces chiffres révèlent avant tout l'incohérence entre les vives critiques des régimes répressifs professées par le gouvernement britannique et sa politique de vente d'équipement militaire.

Le Royaume-Uni n'a en effet jamais suspendu ses exportations, contrairement à ses voisins français et allemand.

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Commentaire 1
à écrit le 01/09/2011 à 10:31
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Financer les 2 camps, faite durée la guerre, hum c'est bon le business, des morts ce n?est pas grave, nous les vendeurs d'armes et nos financiers mangeons tranquillement du caviar dans les palaces. Cela me rappelle 39/45 ou Wall Streets et la City de...

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