L'ouragan Irene ravive le débat sur la rigueur aux États-Unis

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L'agence fédérale chargée des situations d'urgence est à cours d'argent pour gérer une situation inédite. Une rallonge doit être discutée au Congrès.

Des villes toujours inondées, des centaines de milliers de foyers encore privés d'électricité et un bilan humain qui s'alourdit (plus de 40 morts)... Quatre jours après le passage de l'ouragan Irene - relégué, tout juste avant son arrivée sur New York, en tempête tropicale - sur la côte Est des États-Unis, la situation est loin d'être revenue à la normale. Notamment dans les États du New Jersey et du Vermont, particulièrement touchés par les inondations. « Les dégâts se chiffreront en milliards de dollars », avait expliqué dès dimanche Chris Christie, le gouverneur républicain du New Jersey. Il a depuis sollicité officiellement l'aide financière de la Federal Emergency Management Agency (Fema), l'agence fédérale chargée de gérer les situations d'urgence. Les gouverneurs des États voisins se sont également tournés vers Washington.

Problème : les caisses de la Fema sont quasiment vides. Moins de 800 millions de dollars alors que plusieurs milliards pourraient être nécessaires pour venir en aide aux victimes de l'ouragan. Sans oublier les projets de reconstruction lancés dans le sud du pays dévastés par des tornades meurtrières en mai - qui avait notamment rasé la ville de Joplin dans le Missouri - ou dans le Dakota du Nord, victime d'importantes inondations en juin. Tous ces projets sont d'ores et déjà gelés, au profit des besoins les plus urgents. « Nous allons continuer à faire notre travail », assure pourtant Craig Fugate, le directeur de cette branche du département de la Sécurité intérieure qui doit il est vrai faire face à une accumulation inédite de catastrophes naturelles.

Mais la Fema, qui disposait encore de 2,4 milliards de dollars début mai, devra désormais faire des choix. À moins que républicains et démocrates ne parviennent à s'entendre au Congrès pour lui allouer de nouveaux fonds d'urgence, comme cela était généralement le cas par le passé. Près de 50 milliards de dollars lui avaient par exemple été versés entre 2005 et 2007 après l'ouragan Katrina.

Des négociations difficiles

Dans un contexte budgétaire tendu et après une âpre bataille sur la dette, les négociations s'annoncent cependant difficiles. Les républicains ont déjà fixé leur ligne de conduite : tous les fonds supplémentaires devront être économisés ailleurs. En juin, les républicains de la Chambre de représentants avaient ainsi déjà voté une rallonge d'un milliard de dollars pour la Fema, mais ce projet avait été rejeté au Sénat, à majorité démocrate, car il prévoyait en même temps de couper dans les aides au développement des véhicules verts.

« L'heure n'est pas à une nouvelle bataille politicienne, répond le représentant démocrate David Price. Les millions d'Américains touchés par Irene et par les autres catastrophes récentes ne peuvent pas se permettre d'attendre que les républicains livrent un nouveau combat avec le président, en les prenant en otage pour obtenir de nouvelles coupes budgétaires ». Toujours en vacances, le Congrès devra se pencher sur cette question dans les prochaines semaines. Cela promet à nouveau de belles querelles partisanes.

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Commentaires
a écrit le 02/09/2011 à 14:01 :
le plus grand pays ,le plus beau,le plus riche,le plus merveilleux,est dans la merde,ils veulent donner des conseils aux autres,mais en ramasse plein la gueule,c'est un juste retour des choses.desolé,pour les victimes,qui n'ont rien demander,eux.
a écrit le 02/09/2011 à 9:09 :
J'imagine qu'il suffirait de mettre à contribution les grosses sociétés américaines, connues pour leur générosité? Les Républicains, qui refusent de voir dans l'impôt la condition nécessaire à l'exercice de la solidarité publique, préfèrent-ils mendier la charité des plus riches? Je pense que les citoyens qui ont perdu leurs biens, leur maison, verront très vite l'intérêt du retour au système féodal prôné par les néo-con et autres ultra-libéraux.
a écrit le 01/09/2011 à 11:00 :
Ah il est loin le temps où Georges Bush trouvait toujours des milliards de dollars pour faire la guerre en Irak ! Maintenant, évidemment, les caisses (de l'Etat !) sont vides.
Réponse de le 01/09/2011 à 12:08 :
Oui... le temps du crédit illimité, du chéquier magique arrive à sa fin pour les USA (enfin, il va y avoir encore un 3eme QEasying de planche à billets) ...

Les occidentaux, US en tête doivent donc utiliser les pions qu'ils ont encore (militaire, détention du "droit" international,etc...) pour essayer de "partager" notre chute avec le reste du monde.

En France, seul l'état a 100% de dette... aux US, c'est 100% pour l'état et 100% pour les ménages... (dans les grandes lignes). Et ça...ça change tout...

Je me demande comment tout cela va évoluer dans les prochaines années.

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