11 Septembre : derrière la "guerre pour le pétrole", la démocratie selon les néoconservateurs

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La Tribune Infographie
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Le 11 Septembre a distendu les liens étroits entre Washington et Riyad.

En une décennie, le prix du baril de pétrole est passé de quelque 20 dollars à plus d'une centaine de dollars ces derniers temps, avec un pic à plus de 140 dollars avant la chute de Lehman Brothers en 2008. Certains commentateurs ont été prompts à développer la thèse selon laquelle la riposte des Américains aux attentats du 11 Septembre était guidée par les seuls intérêts pétroliers. En effet, si attaquer l'Afghanistan des talibans, accusés de protéger Oussama Ben Laden, pouvait se justifier, en revanche l'invasion de l'Irak de Saddam Hussein, accusé de lien avec al-Qaida et détenteur d'armes de destruction massive - dont on n'a jamais trouvé trace -, pouvait renforcer cette thèse. Le sous-sol du pays recèle les deuxièmes réserves mondiales de pétrole conventionnel, au coût d'extraction parmi les plus attractifs de la planète.

Mais, en fait, les faucons qui entouraient George W. Bush - les néoconservateurs - ont surtout trouvé là l'occasion d'exporter le modèle de démocratie occidentale dans l'Irak de Saddam Hussein. Un nouveau régime à Bagdad, guidé par des valeurs démocratiques et une économie de marché, pourrait permettre en retour d'exploiter ces immenses richesses pétrolières et permettre de développer un modèle politique, servant d'exemple à l'ensemble de la région du Golfe. Surtout, Washington pouvait prendre ses distances avec Riyad.

Parmi les 19 membres du groupe terroriste qui ont perpétré les attentats du 11 septembre 2001, la majorité est saoudienne. Pire, l'homme qui a commandité et organisé est l'un des fils d'une riche famille saoudienne, les Ben Laden, proche du pouvoir rigoriste des wahhabites, dont le père a fait fortune dans le BTP. Pendant des décennies, le « deal » implicite entre le premier producteur et exportateur mondial de pétrole (10 mbj) et son premier importateur, dont la soif est inextinguible, a fonctionné. Il ne s'agit d'ailleurs pas tant de livraisons de barils - le Canada et le Mexique, proximité oblige, sont de plus importants fournisseurs que les Saoudiens -, mais plutôt de l'investissement de pétrodollars dans l'économie de l'Oncle Sam, sous forme de bons du trésor ou d'achats d'armements entre autres. En échange, Washington assurait la protection du leadership du royaume dans la région. Mais le rêve américain des néoconservateurs ne sera pas réalisé. À la fin de l'année, les Américains quitteront le sol irakien, laissant au pouvoir un régime loin de leur être inféodé.

Quant à l'envolée des prix du pétrole durant cette décennie, elle est moins liée aux guerres de Bush qu'à l'augmentation structurelle de la demande des pays émergents, Chine en tête, et des catastrophes, comme les dégâts de l'ouragan Katrina dans le golfe du Mexique en 2005, conjugués à une exploitation de plus en plus coûteuse pour transformer l'or noir en barils.

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