Barroso vante les mérites de la méthode communautaire

 |   |  542  mots
Copyright Reuters
Dans son discours de l'état de l'Union, le président de la Commission européenne a critiqué la gestion des décisions par les Etats-membres.

Souvent critiqué, José Manuel Barroso s'est hissé, mercredi à Strasbourg, à la hauteur des enjeux le temps d'un « discours sur l'état de l'Union ». Même Daniel Cohn-Bendit, qui avait mené campagne contre lui lors des européennes de 2009, l'a applaudi. Le président de la Commission a affirmé, catégorique, que la Grèce « restera dans l'Union ». Il a néanmoins insisté sur l'obligation pour le pays de respecter ses engagements alors que les experts de la troïka (UE, BCE, FMI) retournent à Athènes ce jeudi.

Plus généralement, face à cette crise qu'il a qualifié de « plus grand défi de l'histoire » de l'Union européenne, le président de la Commission a appelé avec fougue à un « sursaut de fierté d'être Européens ». Régulièrement critiqué pour son atlantisme zélé, le Portugais a cette fois dénoncé le « paternalisme » des États-Unis et proposé à l'Europe de faire preuve de dignité en leur répondant : « Merci pour vos conseils, mais nous sommes capables, ensemble, de dépasser cette crise ! ».

Un pouvoir réaffirmé

José Manuel Barroso a même osé défier le couple franco-allemand en rejetant l'idée d'un gouvernement économique de la zone euro dont le Belge Herman Van Rompuy prendrait la tête. « La Commission est le gouvernement économique de l'Union, pour cela nous n'avons assurément pas besoin de davantage d'institutions », a-t-il lancé, mettant également en avant l'indépendance de sa maison. Du petit lait pour les eurodéputés qui n'ont cessé de reprocher la trop grande place prise par les États membres dans le processus de décision de l'UE au détriment de la méthode communautaire.

Mais pour le libéral Guy Verhofstadt, le défi ne s'arrête pas là : « José Manuel Barroso doit maintenant faire passer le message au Conseil européen que la méthode intergouvernementale, qui repose sur l'unanimité, tue l'Europe ». Le président de la Commission a également plaidé pour la création d'euro-obligations. « Une fois que la zone euro sera complètement équipée des outils nécessaires à l'intégration et à la discipline, l'émission de dette commune apparaîtra comme une étape naturelle et avantageuse pour tous », a-t-il dit, alors que le Parlement votait ce même jour le « 6-pack », un nouvel arsenal de mesures renforçant la coordination et la discipline budgétaire.
 

Les eurodéputés renforcent le pacte de stabilité
Aux États-Unis, un "6-pack" désigne un pack de six bières ou une belle musculature abdominale. En Europe, c'est le nom du paquet de six textes législatifs voté mercredi à Strasbourg pour muscler la discipline budgétaire de l'UE. Tirant les leçons de la crise de la dette et du manque de crédibilité du Pacte de stabilité et de croissance, cet ensemble prévoit une coordination des politiques budgétaires ainsi que des sanctions plus rapides à appliquer contre les États laxistes.
La Commission pourra exiger des gouvernements s'écartant du droit chemin du déficit (3 % du PIB) ou de la dette publique (60 % du PIB) de revenir dans les clous, sous peine de payer une amende. Les Etats en plein dérapage devront déposer une somme équivalente à 0,2 % de leur PIB sur un compte bloqué (4 milliards d'euros pour la France).

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/09/2011 à 18:48 :
En France, une belle musculature abdominale s'appelle des "carrés de chocolat". Le problème de l'Europe, c'est que le chocolat fond et que la Suisse n'est pas dedans ;-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :