Pour son dernier conseil à la BCE, Trichet ne devrait pas baisser les taux

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Infographie La Tribune
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Confrontée à une inflation de 3%, la Banque centrale européenne ne devrait pas baisser ses taux. Un soulagement pour la Suisse et le Japon qui luttent contre l'appréciation de leurs monnaies.

Jean-Claude Trichet présidera, jeudi prochain, son dernier conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne avant de passer la main à l'Italien Mario Draghi. Mais la probabilité de le voir procéder à une baisse des taux semble bien maigre, la recrudescence de l'inflation constituant sans doute un obstacle rédhibitoire : l'indice des prix harmonisé de la zone euro a bondi à 3 % en glissement annuel en septembre contre 2,5 % le mois précédent, selon la première estimation de l'office européen des statistiques, Eurostat. Au plus haut depuis la mi 2008, l'inflation reste pour le dixième mois consécutif au-dessus du seuil de 2 % en rythme annuel visé à moyen terme par la BCE. Ce qui va singulièrement compliquer sa tâche alors que la conjoncture économique se dégrade. Si la tentation de faire marche arrière sur les taux en infléchissant le cycle de durcissement monétaire amorcé en avril dernier avait commencé à tarauder les Sages de la BCE, une baisse des taux dans un contexte de recrudescence des pressions inflationnistes devient pratiquement inenvisageable, même si elles ne sont que ponctuelles. Le dernier acte du président français de l'institution ne serait donc pas une ouverture des vannes monétaires, via les taux d'intérêt du moins. Mais la BCE pourrait réactiver sa facilité de refinancement à un an au profit des banques, interrompue en décembre 2010.

« surévaluation absurde »

C'est un soulagement pour le Japon et la Suisse, qui ont renforcé vendredi leur dispositif anti-hausses du yen et du franc, incontestables valeurs refuges. L'accentuation des pressions baissières sur l'euro, retombé vendredi en dessous de 1,34 dollar, devrait en être amortie d'autant. Le Japon, dont la monnaie flirte dangereusement avec son record de vigueur face au dollar, atteint le 19 août à 75,93, augmentera de 15.000 milliards de yens, soit 195 milliards de dollars, son trésor de guerre destiné aux interventions sur le marché des changes. Le ministère des Finances, qui veut se donner plus de marge de manoeuvre pour contrer la spéculation sur le yen, prendra les dispositions nécessaires à l'occasion du montage en octobre d'un troisième collectif budgétaire pour l'exercice fiscal. Le budget 2011-2012 fixait un plafond de 150.000 milliards de yens aux réserves d'intervention de change. Il sera ainsi porté à 165.000 milliards de yens, dont 119.000 milliards ont déjà été utilisés. Le ministère prolonge également de fin septembre à fin décembre l'obligation faite aux salles de marché de déclarer les volumes d'échanges qu'elles réalisent.

La Suisse, qui a fixé un plancher à l'évolution de son franc face à l'euro à 1,20 le 6 septembre dernier, s'est contentée d'une intervention verbale, à nouveau musclée. « Ce plancher sera défendu par tous les moyens, pour contrer la surévaluation absurde du franc », a affirmé le président de la banque centrale, Philipp Hildebrand. Pour l'instant, le marché obtempère.

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Commentaires
a écrit le 03/10/2011 à 15:15 :
C qui ce monsieur ???
et qu'est ce qu'il fait durant ces mandats ???
a écrit le 03/10/2011 à 10:16 :
Les grecques devraient edifier une statue/avenue pour ce Monsieur.
a écrit le 03/10/2011 à 7:53 :
M. Trichet qui, pendant tout son mandat, s'était fait un honneur de satisfaire au premier objectif de la BCE c'est à dire assurer la stabilité des prix, devra là aussi, avant son départ, (écorner pour ne pas dire plus) les principes et les règles intangibles de la banque centrale de L'UEM. Récapitulons, achat de dette souveraine "pourrie" (obligations) qui plus est sans garanties (collatéral) et sans décote ou quasiment, acceptation de collateral pas toujours nickel nickel semble t il de la part des banques irlandaises, et maintenant un taux d'inflation nettement supérieur à l'objectif intangible de 2 à 2,5%. Après Trichet c'est Draghi, j'ai donc un peu peur que "la créativité" si chère à M. Geithner et que ce dernier semble encourager et qu'il recommande avec insistance aux européens ne s'arrête pas là. Si je comprends bien nous aurons donc deux anciens de Goldman Sachs pour veiller (à côté d'un board un peu éteint ou neutralisé?) sur la BCE. Quelle chance!

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