Trichet refuse que la BCE finance un fonds de secours

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Président de la Banque centrale européenne pour encore un mois, l'ex-gouverneur de la Banque de France a défendu un "saut fédéral" pour faire face à la crise. Il estime que le système financier n'est pas "complètement assaini".

"Nous sommes l'épicentre de la crise globale." Lors de son dernier discours devant le parlement européen à Bruxelles ce mardi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, qui quittera ses fonctions le 31 octobre prochain, n'a pas voulu caché l'ampleur des turbulences que traversent actuellement le Vieux continent.

Mais, pour lui, la solution se trouve d'abord dans plus d'Europe. "Toutes les économies européennes ont connu une alerte", a relevé l'ancien gouverneur de la Banque de France, mais, a-t-il ajouté, il n'est pas surprenant qu'en Europe, cette alerte concerne les gouvernements, car « nous avons un gros problème de gouvernance ».

Dans ce qui ressemble clairement à un testament politique, Jean-Claude Trichet a donc appelé à un véritable saut fédéral. "L'Europe devra accomplir des progrès significatifs vers l'unité politique avec un exécutif et un parlement dotés tous deux de responsabilités étendues comme dans toutes les démocraties", a jugé le patron de la BCE. Il en a, du reste, profité pour relancer et affiner sa proposition de créer un ministère européen des Finances qui ne serait "pas forcément responsable des grands budgets fédéraux", mais "d'une économie forte et de la surveillance et de la gouvernance budgétaires pour le secteur financier, ainsi que de la représentation extérieure de l'Union économique et monétaire".

Pour son dernier rendez-vous avec les députés européens, Jean-Claude Trichet a également défendu son bilan à la tête de la BCE et répondre aux attaques dont il a fait l'objet dans certains pays, notamment en Allemagne.

Intervention temporaire

Rejetant l'idée que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) puisse se refinancer auprès de la BCE comme certains l'ont évoqué, il a rappelé que "ce qui a été décidé" concernant le rachat de titres souverains l'a été "en prenant en compte la décision des exécutifs européens d'autoriser le FESF à intervenir sur le marché secondaire". Autrement dit, l'intervention de la BCE se veut temporaire. Mais il n'est pas question que la BCE finance un "fonds de secours", a-t-il répété. Il a prévenu que "le système financier n'est pas complètement assaini. Nous en sommes à la moitié du chemin".

Enfin, le patron de l'institution de Francfort a, à nouveau, insisté sur son bon bilan en termes d'inflation, mais aussi sur la "prudence", la "circonspection" et la "mesure" avec laquelle il a géré la politique monétaire de la zone euro. Et de se défendre : "nier que nous avons la pire crise de l'après-guerre serait l'erreur la plus terrible que nous pourrions commettre". Au final, Jean-Claude Trichet a renvoyé les gouvernements européens à leur responsabilité, rappelant que "en aucun cas", la BCE ne peut "se substituer aux gouvernements".

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a écrit le 06/10/2011 à 15:54 :
Et dire que Mario Draghi qui a travaillé dans La Banque Goldman Sachs va prendre la tête de la BCE ! Cette banques ressemble plus dans son fonctionnement à une secte et ne défend que ses propres intérêts oubliant ceux de ses clients.

Lire de toute urgence le livre de Marc Roche "La Banque : comment Goldman Sachs dirige le monde"
Goldman Sachs ? C'est aujourd'hui LA Banque. C'est aussi un vrai pouvoir dans le monde entier. Sa force ? Un goût obsessionnel du secret. Et c'est aussi une certaine arrogance, puisqu'elle est sortie renforcée du krach de 2008 qui lui a permis de se débarrasser de son principal concurrent : Lehman Brothers.
Cette enquête très documentée et sans parti pris dévoile une puissance du capitalisme qui est l'un des rouages de la mondialisation actuelle et qui fait peur à la plupart des gouvernements.
On apprend que la Banque qui cultive autant les réseaux que le goût frénétique de la spéculation aides des états comme la Grèce à camoufler leurs dettes.

a écrit le 05/10/2011 à 13:52 :
Comme les banques devraient être tournées vers l'économie réelle, laBanque centrale a commis une faute grave : ignorer l'économie réelle pour servir uniquement un dogme: un euro fort "pour faire plaisir aux allemands".
a écrit le 05/10/2011 à 11:03 :
Achetez de l'or vite !!!!!!
a écrit le 05/10/2011 à 10:30 :
Un eco allemand vient de porter plainte contre pour avoir depasser le mandat de la BCE...Il devient prudent...
a écrit le 05/10/2011 à 9:37 :
Pourrait-on nous expliquer « un gros problème de gouvernance ». Ca veut dire quoi en termes concret compréhensible par qqun ayant le niveau bac. Par exemple peut-on nous dire par quoi cela se traduit concrètement pour la France ou la Grèce ou les deux? Merci d'avance à La Tribune de nous éclairer sur ce sujet!
a écrit le 05/10/2011 à 7:51 :
ok pour une meilleure démocratie au niveau européen mais en même temps,surtout en france il faut diminuer de 60% le nombre de sénateurs et 50% le nombre de députés pour ne pas refaire le double emploi communes et groupement de communes
Réponse de le 05/10/2011 à 11:02 :
Et de 65% le nombre de fonctionnaires et assimilés !!
a écrit le 05/10/2011 à 7:23 :
Au moins, Trichet va droit au but: créons un exécutif et un parlement européen (sous-entendu, permettez que je m'y installe) et ne comptez-pas sur moi pour relancer l'inflation car j'ai fais serment de ne pas lâcher sur ce point là (certes, mais comment faire avancer la voiture quand il n'y a plus d'essence ?).
a écrit le 05/10/2011 à 7:16 :
combien de sous avez vous prete (a fond perdu) dans ce pays qu'est la Grece depuis plus d'un an ? De facto le fond de secours existe puisque vous en etes le fondateur.
a écrit le 05/10/2011 à 6:50 :
L'Europe est composée d'économies hétéroclites et ressemble à une usine à gaz. C'est un véritable cauchemar avec toujours plus de taxes et son corollaire toujours plus de misère. Les Grecs sont dans une situation dramatique avec un chômage considérable et une pauvreté qui fait peine à voir. D'autres pays dont l'Espagne, l'Italie et sans doute aussi la France s'enfoncent dans le malheur.
Réponse de le 05/10/2011 à 7:53 :
Complètement d'accord. La France va très certainement être décotée par les Agences de notation. Quand on sait qu'une décote d'un cran va nous coûter 50 Milliards supplémentaires, y a de quoi avoir peur !

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