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ÉconomieInternational

L'Iran dément être à l'origine d'un complot déjoué aux Etats-Unis

latribune.fr, avec Reuters

Publié le 12 octobre 2011 à 07:14 - Mis à jour le 12 octobre 2011 à 07:17

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Les Etats-Unis ont accusé mardi soir le gouvernement iranien d'être impliqué dans un projet d'assassinat de l'ambassadeur saoudien à Washington, accentuant les tensions avec Téhéran qui dément en bloc. L'Union Européenne évoque de possibles "conséquences très graves".

Les autorités américaines accusent deux Iraniens, dont l'un est naturalisé américain, d'avoir fomenté des attentats contre les ambassades israélienne et saoudienne à Washington ainsi que l'assassinat de l'ambassadeur saoudien. Une plainte a été déposée devant un tribunal fédéral de New York contre ces deux hommes, Mansour Arbabsiar, qui a été arrêté le 29 septembre en transit à l'aéroport John Fitzgerald Kennedy de New York, et Gholam Chakouri, qui se trouverait en Iran.

L'Union européenne a mis en garde mardi l'Iran contre des "conséquences très graves" si les accusations sur la préparation d'un attentat à la bombe contre l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington sont avérées. "Nous prenons l'affaires très au sérieux et si les accusations sont confirmées, cela aura des conséquences très graves", a averti la porte-parole de Catherine Ashton, la haute représentante de la diplomatie de l'UE.

Ce complot aurait bien été fomenté par le gouvernement iranien. Arbabsiar, qui a coopéré avec les autorités américaines et présenté mardi à un juge de Manhattan, a reconnu l'existence d'un complot et fourni des informations sur l'implication du gouvernement iranien, a précisé l'Attorney General (ministre de la Justice) Eric Holder. Le projet d'assassinat a été conçu, financé et dirigé depuis l'Iran, a ajouté Holder, impliquant des personnes hauts placées du régime iranien.

"Violation flagrante des règles internationales"

Pour Hillary Clinton, la secrétaire américaine d'Etat, le régime iranien est pris "en violation flagrante des règles internationales". "Ce que tout le monde apprend, c'est que nul n'est à l'abri des Iraniens. Ils ont leur propre logique, leur propre manière de penser le monde et la place qu'ils y occupent et ils se battent avec tout le monde pour de l'influence", a-t-elle déclaré dans une interview accordée à l'agence Reuters."Cette affaire va, je crois, renforcer les soupçons bien étayés que de nombreux pays nourrissent à leur égard", a-t-elle ajouté.

Pour Téhéran, des "allégations fausses et sans fondement"

La Maison blanche a fait savoir que Barack Obama s'était entretenu par téléphone avec l'ambassadeur saoudien, Adel al Djoubeïr, pour lui faire part de sa solidarité avec le royaume saoudien. Les autorités iraniennes ont "catégoriquement démenti ces allégations fausses et sans fondement", selon les termes du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, qui a dénoncé sur la chaîne publique anglophone Press TV "un scénario monté de toutes pièces". "Nos relations avec Ryad sont fondées sur un respect mutuel et de telles affirmations sans fondement n'auront aucun succès", a-t-il ajouté. Mais à Ryad, un responsable du gouvernement saoudien a prévenu qu'"à la suite de cet incident, de nombreuses personnes dans le royaume s'attendent à ce que le royaume prenne des mesures, au moins le rappel de l'ambassadeur saoudien en Iran".

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Les gardiens de la révolution mis en accusation

"De l'avis des décideurs saoudiens, la situation ne s'estompera pas facilement", a poursuivi Abdallah Alchammari. Selon ce responsable saoudien, il est possible que Ryad et Washington décident conjointement de la réaction à venir. Les tensions politiques, très vives entre l'Arabie saoudite, sunnite, et l'Iran chiite se sont encore accrues depuis que les forces saoudiennes sont intervenues en mars dernier à Bahreïn pour venir en aide à la monarchie sunnite contestée par la population, majoritairement chiite. D'après les autorités américaines, le complot aurait été piloté par les Pasdaran, les gardiens de la révolution, pilier du régime iranien, et leur branche opérationnelle, la force Al Qods.

"Des officiels haut placés dans ces agences, qui sont partie intégrante du gouvernement iranien, étaient responsables de ce complot", a précisé Eric Holder, l'Attorney General. Les autorités américaines soulignent que l'ambassadeur saoudien, proche du roi Abdallah en poste à Washington depuis 2007, n'a jamais été en danger et que Barack Obama a été informé dès le mois de juin de ce complot présumé.

Un informateur mexicain

D'après les éléments rendus publics, l'alerte a été lancée en mai dernier, lorsque Mansour Arbabsiar est entré en contact avec un Mexicain qu'il pensait associé à un cartel de narcotrafiquants pour lui demander une aide opérationnelle. Mais son interlocuteur était en fait un informateur clandestin de la DEA, l'agence fédérale des Etats-Unis de lutte contre la drogue. Cette source confidentielle a aussitôt prévenu ses officiers traitants, indiquant qu'Arbabsiar lui avait versé 100.000 dollars en acompte d'un paiement total de 1,5 million de dollars. En échange, le Mexicain devait organiser l'assassinat de l'ambassadeur saoudien.

"Le scénario d'un film hollywoodien"

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Arbabsiar a été arrêté en transit à l'aéroport JFK de New York le 29 septembre. Il aurait alors accepté de coopérer avec les autorités américaines et téléphoné sous leur contrôle à Gholam Chakouri, que Washington présente comme un membre de la force Al Qods. Ignorant tout de l'arrestation d'Arbabsiar, ce dernier lui aurait donné le feu vert pour mettre le projet à exécution. "Cette affaire souligne que nous vivons dans un monde où les frontières ont de moins en moins de signification, un monde où des ressortissants d'un pays donné peuvent tenter de comploter avec un cartel de trafiquants de drogue dans un pays tiers pour assassiner un dignitaire étranger sur le sol des Etats-Unis", a résumé Robert Mueller, le directeur du FBI. "Même si cela se lit comme le scénario d'un film hollywoodien, l'impact aurait été tout à fait réel et de nombreuses vies auraient été perdues", a-t-il ajouté.

latribune.fr, avec Reuters

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